Les Funérailles de Sainte Fétmiille
GALERIE DU CAPITOLE. M7
d'une vérité saisissante; les deux portefaix qui soulèvent le corps ont la vulgarité et l'énergie masculine de leur métier. II est dramatique : l'attitude humble de la sainte dans le ciel est charmante et fait contraste, par sa tête couronnée de roses, avec la lourdeur tragique du cadavre enveloppé dans son suaire blafard.... La peinture ainsi comprise sort de ses limites naturelles et se rapproche de la littérature » (Taine, 250). « Pour nous faire comprendre qu'une âme s'envole aux cieux, le Guerchin ne s'embarrasse point dans les subtilités poétiques. Il nous montre deux fois la même figure, ici morte, là vivante. En bas, c'est le corps; en haut, c'est l'âme; mais l'âme, aussi bien que le corps, a des formes humaines, s'enveloppe de draperies terrestres, est visible à l'œil, sensible au toucher, de façon que le peintre jaloux de faire passer la peinture avant la poésie, laisse triompher sa palette plutôt que sa pensée. De loin, tout le tableau n'est qu'une masse brune semée confusément de taches blanches; de près, chaque ligure se prononce, chaque objet se modèle et s'accentue, chaque détail se caractérise, et une exécution chaleureuse, magique, enchante à ce point les regards, que le spectateur n'a pas le loisir de se demander si une telle lumière est possible, si une scène en plein air peut offrir des ombres aussi tranchées et des clartés semblables à celles d'une lampe dans un tombeau. » (Ch. Blanc. Hist. des Peintres).
* 34. La Sibylle persique,
H., 1,16; L., 0,94. T. — Fig. à mi-corps gr. nat. — « Faible composition qui rappelle la facture des frères Gennari, élèves du Guerchin » (A. Venturi. (Ja/.,3s). « Sans s'inquiéter de la convenance historique ou mythologique, ni de ce que l'on entend par Costume, l'artiste s'est donné le plaisir de peindre une jolie lemme et de l'ajuster richement et avec élégance, de manière à rehausser d'autant la beauté de ses traits. Sa sibylle est si charmante qu'on pardonne aisément à l'artiste d'avoir peint la figure d'une courtisane inspirée par l'amour, plutôt que la mine assombrie d'une pythonisse inspirée par la ^fureur » (Ch. Blanc Hist. des Peintres).