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Justus de Ghent (Josse Snevoeth, dit). — Éc. flamande. Vers 1400; t après 1475.

Quinze panneaux représentant .

Smnt Grégoire. — Saint Ambroise . — Le pape Pie II. -^Albert le Grand. — Homère. — Scoto. — Moïse. — Salomon. — Bartolo Sentinati. — Pétrarque. — Cicéron. — Boezio. — ' Homère. — Hippocrate. — Euclide.

Ces peintures ornaient autrefois la bibliothèque du palais ducal à Urbin. Lorsque les collections de cette famille furent dispersées, au xvi" siècle, la série complète, se composant de 29 panneaux, fut partagée entre les familles Colonna Barberini et Sciarra Colonna. Les quatorze panneaux, qui échurent à la branche des Sciarra, furent acquis par Napoléon III avec la Collection Campana et sont actuellement au Musée du Louvre. n° 1626 et sq. (Voir Le Louvre, par les mêmes auteurs, aso.) Ces portraits avaient été attribués par Crowe et Cavalca5,elle à Girolanio Genga {N.It., u, ses); mais, comme l'a fait justement remarquer Morelli (asi. n.), ils ne présentent aucune trace de la manière de ce peintre qui d'ailleurs vint au monde en 1476, alors qu'il est certain que ces panneaux furent terminés au plus tard cette année-là. Ce critique a donné comme auteur à ces portraits Justus de Ghent qui travailla à Urbin de 1464 à 1476, et y peignit une Cène maintenant au Musée municipal de cette ville. M. Milanesi dans son commentaire de Vasari (m, 65. n.) les attribue à Melozzo da Forii qui peignit, on le sait, dans le palais d'Urbin plusieurs figures allégoriques dont deux, la Musique et la Rhétorique ont été acquises par la .National Gallery. Burck. (634) au contraire, se range à l'opinion de Morelli. « Le caractère flamand de Justus apparaît, ici, dans l'éclat du coloris et la technique; l'influence italienne, au contraire, et la manière de Melozzo se trahissent dans le goût de l'ordonnance et la beauté des expressions». « Si l'on compare ces portraits avec le tableau d'autel de Juste de Gand, à Urbin, d'une authenticité incontestable, on ne peut douter que toute la série ait été exécutée par la même main; on trouve, ici, un mélange de conception flamande et de style italien, deséléments hétéro-, gènes qui se remarquent dans l'exécution picturale de certains de ces portraits plus fondue que dans certains autres; la technique n'est pas homogène; par endroits, rappelle les habitudes de l'école de Piero délia Francesca, dans d'autres, le système de Juste de Gand ; le ton verdàtre des chairs et les couleurs ternes des vêtements feraient même penser à des traditions plus anciennes. Le Cicéron et le Boezio sont certainement dus à la main d'un peintre ayant d'étroits rapports avec Melozzo da Forli » (Schmarzow, Melozzo, 98).

Mainardi (Sebastiano). — Éc. florentine. (?) ; | 1515. * Portrait d^nn inconnu.

Vu de face, le visage imberbe touinié de trois quarts vers la droite Longue chevelure blonde. Tunique rose plissée, calotte noire. Fond de paysage.

H., 0,42; L., 0,53. B. — Fig. en buste gr. nat. — A rapprocher des deux portraits du Musée de Berlin n* 83 et 84. Catalogué autrefois sous le nom de Masaccio. La nouvelle attribution a été donnée par M. Venturi.

GALËRIE BARBERINI.

Melozzo da Forli. — Éc. romagnole. 1458 ; f 1494. Le duc Federigo d'Urbin et son fils Guidobaldo.

Dans un fauteuil en velours vert à clous dorés et dossier élevé, est assis le duc, de profil, tourné vers la gauche, nu-tête, armé de pied en cap, un manteau rouge à col d'hermine jeté sur son armure, portant les insignes d'ordres anglais et napolitains; au côté, son épée dans un fourreau rouge; en avant, sur une table, son casque, à la visière baissée. 11 lit dans un livre à reliure rouge posé sur un pupitre à côté de la couronne ducale. Au second plan, appuyé contre son genou, son fils, le jeune Guidobaldo, en robe jaune à fieurs parsemée de perles ; de la main droite, il tient un bâton de commandement.

II., 1,38; L., 0,80. B. — Fig. trois quarts nat. — Tableau transporte du palais d'Vvbin en 1630. C'est sans doute un des portraits qui ornaient la chapelle. Le duc est représenté avec sa femme dans un tableau des Uflizi peint par Piero délia Francesca (\oiv Florence, par les mêmes auteurs, n" 1300, is). Comparer le portrait dujeune Guidobaldo, par Giovanni Santi dans la Coll. Colonna V. p. 174. « C'est là une peinture d'un caractère très accusé et où, de plus, le procédé à l'huile a acquis, pour ces temps, une force et un éclat incomparable » (Burck., 575). « Tableau magistralement exécuté, dans un style admirable par l'éclat de la couleur et la transparence, très supérieur à tout ce ((ui a été peint à l'huile à cette époque ; l'attitude des personnages est cependant un peu gauche. Les chairs ont la teinte olivâtre propre à Melozzo » (Sciimauzow, Melozzo, lob).

Tiziano (Tiziano Vecelli, dit II). — Le Titik.n. — Éc. vénitienne. 1477 ; t 1576.

Portrait du cardinal Bembo.

De trois quarts tourné vers la gauche. Barbe grise. Coiffé d'une calotte rouge, vêtu d'un surphs blanc et d'un camail rouge. La main droite levée.

11., 1; L., 0,75. T. — Fig. en buste gr. nat. — « Tableau d'une grande manière et d'un coloris éclatant. » (Buuck., 755). « Le visage maigre et osseux est énergiqueet plein de vie, la tonalité des chairs est chaude; le regard est animé. La main portée en avant, semble vouloir confirmer les mots qui sortent de ses lèvres. Malgré le fond noir, gâté par des restaurations, la figure se détache d'une façon heureuse » (Cr. et (av., Tiz,

École ferraraise.

La Vierge y l'EnfarU Jésus et saint Joseph.

Devant un autel de marbre, sur lequel sont posées deux colombes, saint Joseph, les mains croisées sur la poitrine, et la Vierge, soulevant le voile qui recouvre l'Enfant Jésus couché sur un coussin brodé, le

globe terrestre dans la main. Au tond, une niche aux montants surmontés de statues; sur les côtés, échappée de paysage.

H., 0,60; L., 0,45. B. — Fig. en buste gr. nat. — L'attribution à Pasqualino donnée par Cr. et Cav. (N. It. i, i89, n.) n'est pas acceptée par M. Venturi; ce critique attribue le tableau à Francesco de Maineris, peintre et enlumineur, qui travailla à Parme au commencement du xvi" siècle, de 1496 à 1510, et dont il a retrouvé à Parme dans la Coll. Testa un tableau signé : Johannes Fkanciscus de Maineris Parmensis, représentant la même Sainte Famille, avec quelques variantes, et dont il a déjà identifié des œuvres dans les galeries de Turin, de Gotha, à l'Albertine de Vienne et récemment dans la Coll. Richtenberger à Paris {Mariage de sainte Catherine). Voir Xrch. Sto., 1889, 93 et Jahrbuch, 1890, 191 et sq.

pLAFOlNb DE LA GrAM)E SALLE.

Pietro da Cortona (Pietro Berrettini, dit). — Éc. florentine. 1596; f 1669.

Allégorie en ihonneur de la famille Barberini.

Au milieu de la voûte, des génies ailés portant des palmes et des branches de laurier entourent la Rehgion, des clés à la main, et la ville de Rome élevant une tiare; çàet là, volent des abeilles qui figurent dans les armoiries de la famille. A l'une des extrémités, l'Immortalité, une couronne d'étoiles à la main ; à l'autre extrémité, le Temps et les Parques, filant la vie du pape Urbain VIII.

Sur la frise : l'Éghse fermant le temple de Janus, les Cyclopes forgeant des armes, les déesses de l'Olympe et les Vierges chrétiennes chassant les Euménides et les Vices.

Peinture exécutée en 1630. « Le chef-d'œuvre du peintre » (Kusler. Les Écoles Italiennes, 502). « Peinture de la première classe et qui, pour l'étendue, l'invention, l'ordonnance, la richesse et la grande exécution, peut le disputer à quelque autre grand ouvrage que ce soit. » (Président de Brosses, Lettres familières, ii. 63) « S'il fallait juger du mérite des œuvres d'art par le bruit qu'elles font dans le monde, ce plafond serait le chef-d'œuvre du xvii* siècle et Pierre de Cortone ne serait pas au-dessous des maîtres les plus glorieux de la Renaissance. Le succès de ce grand travail fut immense et la salle du palais Barberini, ainsi que le rapporte un contemporain, Sebastiani, fut bientôt decantata per tutto il mondo. Dans cette fresque colossale, Pierre de Cortone qui, malgré les premières éludes qu'on lui prête, était resté un dessinateur des plus insuffisants, s'était appliqué à dissimuler, sous le charme d'une palette éclatante, les imperfections de son œuvre. Les connaisseurs, ainsi que le dit Lalande, dans son voyage en Italie, trouvent que le dessin pourrait être plus correct et que les draperies ne sont pas tout à fait bien entendues, ni faites d'après la nature; mais le tout ensemble est si agréable et si séduisant que les yeux les plus indifférents pour les beautés de l'art ne peuvent se lasser de le contempler » (Ch. Blanc, Hist. des Peintres). « Intelligence merveilleuse du clair-obscur, vigueur et vaguesse d'une couleur qui enchante les yeux; dessin plein de faconde, et dont l'incoTrection n'a rien de choquant, telles sont les qua-

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