PALAZZO DORIA
Via del Corso. — Entrée de la Galerie, place du Collège Romain.
Le palais Doria Pamphilj, un des plus splendides de Rome, fut érigé, en 1435, par le cardinal Acciapacci, sous Eugène IV. II devint successivement la propriété du cardinal hongrois Zech, du duc d'Urbin, neveu de Jules II, de la famille Aldobrandini, et passa, par héritage, aux Pamphilj, puis aux Doria. Depuis sa construction primitive, cette demeure a subi de nombreuses restaurations. La façade sur le Corso date de 1G90, et fut élevée sous le prince Camille Pamphilj par l'architecte Valvassori. Elle est très ornementée et produit un elïet grandiose, malgré les éléments bizarres qui la composent. « On y voit des ressauts inattendus, par exemple, une corniche qui, d'espace en espace, s'arrondit et se disloque, comme si elle eût été faussée par un tremblement de terre. Les chapiteaux des colonnes placées aux portes sont composés de fleurs de lis qui remplacent lourdement l'acanthe corinthienne, mais qui rappellent le dévouement à la France de tous les princes Pamphili » (Armengaud, Rome, 281 et sq). La façade qui donne sur la place du collège romain fut construite d'après les dessins de Pietro da Cortona, suivant les uns, de Borromini, suivant les autres. La partie qui regarde la via del Plebiscito eut pour architecte Paolo Amati, et celle qui donne sur la via délia Gatta, la plus récente, est de Andréa Buseri. La grande cour intérieure rappelle l'élégance du Bramante.
La Galerie de tableaux, ouverte au public, se trouve au premier étage. On y accède par une porte, place du Collège Romain.
Après avoir traversé les salles I et II, assez obscures (la salle n" II est actuellement fermée), on pénètre dans le Gorridojo, grande galerie carrée autour de la cour, dont trois côtés sont ornés de tableaux; le quatrième renferme des statues. Nous avons intitulé : Paroi A, celle à droite de l'entrée sur laquelle s'ouvre le Cabinet contenant le portrait du pape Innocent X; Paroi B, celle qui donne sur le Corso; Paroi C, celle qui fait vis-à-vis à la paroi A, et Paroi D, celle, au fond, vis-à-vis la Paroi B, Sur le Corso, à la suite de la Paroi B, s'étend la suite dos salles III et IV
(maîtres florentins, vénitiens et ferrarais), et des salles V et VI (maîtres flamands et hollandais).
L'ancienne Salle Aldobfandini, dans laquelle étaient autrefois exposées et la copie de la fameuse fresque du Vatican, par Poussin, et la série des peintures du Guaspre, est intitulée maintenant le Salon et renferme des tableaux des Écoles italiennes et flamandes.
Récemment le prince Doria Pamphilj a fait procéder à une nouvelle installation plus méthodique de ses tableaux et à un nouveau numérotage. Nous prions nos lecteurs de se reporter au Catalogue sommaire, paru en 1905, dans lequel tous les tableaux sont inscrits suivant l'ordre numérique. P* Salle : de 1 à 32 ; — IP Salle : de 33 à G8 ; — Grande Galerie : Paroi A : de 69 à 117; — Paroi B : 119; — Paroi G : de 274 à 335; — Paroi D : de 370 à 443; — IIP Salle : de 120 à 140; — IV^ Salle : de 141 à 171 ; — V^ Salle : de 172 à 213; — VP Salle : de 214 à 261 ; — Salon : de 336 à 369.
« Cette collection est, après la galerie Borghèse, la première de Rome. Elle date du pontificat d'Innocent X (16-14). La belle-sœur du pape, Donna Olympia, de la famille Maldachini, femme ambitieuse et amoureuse du faste, voulut éblouir les Romains par la splendeur de sa demeure. Elle réunit donc cette collection, non par amour des arts, mais par ostentation, et pour se conformer au goût du jour. Cependant, les pièces les plus importantes datent du temps du grand amiral Andréa Doria, et furent apportées des palais de Gênes à celui de Rome » (Morelli, 250).
Allori (Alessandro), dit Alessandro Bronzino. — Éc. florentine. 1535; 1 1607.