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nettoie son mousquet, et l'autre, un genou en terre, arrange sou soulier; sur le sol, un chapeau; au second plan, au milieu, un soldat, son mousquet sur l'épaule. A droite, des cuves contre lesquelles est posée une gibecière; en avant, une cuirasse;
à gauche, et, au milieu, un amas de poutres {P, ^}/>)/? < >^ enflammées; sur Tune d'elles, on lit la signa- I / O C>'</« j ture :
II., 0,31; L., 0,45. B. — Fig. 0,27. — Répliques aux musées de Cai'lsruhe et de Stockholm.
Correggio (Antonio Allegri dit II). — Le Gorrège. — Éc. de Parme. 1494 {?);| 1554.
*125. Danaé (m).
Sur un ht à baldaquin gris doublé de jaune, la fille du roi d'Argos, nue, de trois quarts tournée vers la gauche, se soulève, en s'appuyant sur la main gauche, tandis que, de la droite, elle écarte la draperie qui lui couvre en partie le bas du corps pour recevoir la pluie d'or. A gauche, au pied du lit, est assis, nu, la jambe droite pendante, l'Amour, adolescent, les yeux levés vers la nuée; à droite, deux Amours, enfants, l'un tenant une pierre, sur laquelle l'autre aiguise une flèche; devant eux, un carquois. Au fond, à gauche, par une large baie rectangulaire, échappée de vue sur la campagne où s'élève un château, avec des montagnes à l'horizon.
IL, 1,61 ; L., 1,93. T. — Fig. trois quarts nature. — Ce tableau, peint vers 153!2, est faussement intitulé Vénus par Vasari (iv, us). — « 11 flt, pour le duc Frédéric II de Mantoue, deux tableaux destinés à être offerts à l'empereur et dignes, certes, d'un si grand prince. En les voyant, Jules Romain déclara n'avoir jamais admiré un plus beau coloris ; l'un représentait une Léda (aujourd'hui au Musée de Rerlin), l'autre une Vé?ius, si moelleux de coloris et les ombres de la chair si bien faites qu'on ne dirait pas de la peinture, mais une vraie chair ». Ces deux tableaux furent transportés par Charles-Quint en Espagne, d'où ils revinrent en Italie. Lomazzo les décrit vers 1390 dans la collection de Leone Leoni. Ils firent partie, dans la suite, des galeries de l'empereur Rodolphe II, à Piague, de Christine de Suède, à Stockholm, du prince Odescalchi et du cardinal Azzolini, à Rome, et du duc d'Orléans, à Paris. A la vente de cette dernière collection, la Danaé fut achetée 650 g. par le duc d'Ellesmeere, puis 183 L., en 1816, par M. Hope, et acquise, en 1823, à Paris, pour 283 L. par la famille Borghèse. « Bien que les glacis aient disparu pendant toutes ces pérégrinations, Danaé reste la plus corrégienne de toutes les peintures du Corrège; c'est le triomphe de la perspective aérienne et du clair-obscur, comme le fait justement remarquer M. Mundier. L'attitude enfantine avec laquelle les petits amours aiguisent leurs flèches, l'expression à la fois timide et irrésistible de la Danaé et, en même temps, la sensualité qui fait tressaillir chaque fibre de son corps, n'ont jamais été mieux rendues en peinture » (Morelli, 227). a La Danaé n'est pas une Vénus trionipliant de sa beauté, mais une jeune fille, au corps virginal, qui n'ignore pas la pudeur. Le jeune amour, aux ailes multicolores, n'a pas la beauté hardie d'euros, mais la divinité des anges qui, dans la couitole du Corrège, assistent au triomphe de la Vierge. Les lumières et les ombres se fondent pour donner du relief
GALERIE BORGHÈSE
il)
aux corps ivoirins, brillantes sur les draps blancs, sombres sur le baldaquin gris du lit; à droite, deux putti aiguisent leurs flèches sur une pieiie de touche, par un mouvement de curiosité enfantine, et nous ramènent de la mythologie à la vie réelle. » (Vemuri, Cat. Crespi, le). « Il n'est pas d'amateur qui ne connaisse la Danaé du Corrège par les estampes qui en ont été gravées; mais aucun burin ne peut rendre le charme indéfinissable de cette peinture, l'intraduisible mystère de ses empâtements, et la décente volupté que respire tout le tableau. On trouverait peut-être dans Giorgione une manière de peindre aussi savoureuse, et dans Titien un aussi puissant coloris; mais nulle part on ne verrait ni autant de grâce, ni des carnations aussi fraiches, âussi tendres, ni ce clair-obscur où se mêlent si bien le naturel et l'idéal, et dont les insensibles dégradations donnent aux couleurs tant de suavité, aux formes tant de moelleux, tant de rondeur. Le clair-obscur de ce tableau est surprenant, et aucun dessin, aucune estampe n'en peuvent donner une idée, même éloignée. Bien que le corps de l'Hymen Jie soit éclairé qu'en partie, les reflets qui égayent et rehaussent ces ombres sont si bien entendus que le corps entier parait lumineux; et cependant, les ombres sont assez vigoureuses pour prêter un relief extraordinaire à la jambe gauche, qui ne tient pas à la toile. La tête de la Danaé est imitée de celle de la Vénus de Médicis, et l'on y reconnaît jusqu'au même genre de coiffure; mais le Corrège lui a donné un caractère plus jeune, il y a mis une expression de plaisir ingéim, de lavissement intérieur qui ne sont imités d'aucun maître et qu'aucun maître ne peut imiter » (.^rsiengaud. Home,
Cosimo (Piero di Lorenzo, dit Piero di). — Éc. florentine. 1462; t 1521.