‹ RomeChapitre 215 sur 291 · Sainte Famille et Sainte Catherine (Gai. Paroi D · texte numérisé non relu

Sainte Famille et Sainte Catherine (Gai. Paroi D

Au milieu, l'Enfant Jésus couché sur une draperie vert foncé posée sur un rocher; à gauche, assise, la Vierge, en robe rouge, manteau vert et fichu jaune à rayures noires, un livre à la main, de trois quarts tournée vers la droite; au second plan, un berger, à la chevelure et à la barbe ébouriffées, en tunique grise et chemisette blanche, contemple le groupe divin; à droite, au second plan, saint Joseph, en vêtement rouge, appuyé sur un bâton, incline son visage vers l'Enfant Jésus ; au premier plan, sainte Catherine, en robe jaune, sa chevelure nattée, une palme à

la main, vue de profil, se penche en avant. Fond de paysage accidenté et boisé. Ciel nuageux.

H., 1,20; L., 1,20. B. — Fig-. pet. liât. — Faussement catalogué sous le nom du Titien; d'un peintre de Trévise, élève de Palma Vecchio ou de Paris Bordone, d'après Cr. et Cvv. {Tiz. ii, 4i'+); de Bernardino Licinio, avec des réminiscences de Paris Bordone, d'après JioDE (ii, 775).

*401. Portrait dliomme (Gai. Paroi 1).).

De trois quarts tourné vers la droite, le visage à gauche; moustaches et barbe naissantes, chevelure noire, tunique grise, toque tailladée noire, chemisette blanche plissée.

H,, 0,5i; L., 0,ii. T. — Fig, en buste gr. nat. Ce portrait a été successivement attribué à un maître Ferrarais, puis à Ciorgione et enlin jiar Morei.li (292) à Bonifazio Veronese. « Bien que complctemont transformé par d'inhabiles restaurations, ce portrait a encore un grand charme par la grâce de la facture et la simplicité de la composition r).

*405. Portrait de Andréa Navagero et de Agostino Beazzano. (Gai. Paroi D.)

A gauche, Navagero, de trois quarts tourné vers la droite, le visage encadré par une longue barbe brune, coifïe d'une barrette noire, drapé dans un manteau vert foncé ; lui faisarrt vis-à-vis, Agostino Beazzano, de trois quarts tourné vers la gauche, au visage rasé, une barrette noire posée sur l'arrière de la tête et laissant le front dégagé; il est vêtu d'une chemisette blanche et d'une tunique noire et porte la main gauche en avant. Fond gris.

H,, 0,76; L., 1,07. T. — Fig. en buste gr. nat. — Ces portraits étaient autrefoib catalogués comme ceux de Bartolus et Boldus, célèbres jurisconsultes, par Raphaël. La comparaison du personnage de gauche avec un portrait que possède le Musée de Berlin, de l'École de Titien, portant l'inscription andreas Navgerivs mdxxvi ne laisse aucun doute sur la personnalité des modèles. Dans l'Anonyme de Morelli il est fait mention de ce tableau (p. 18). « Dans la maison de Pietro Bembo, à Padoue, se trouve un pajineau, avec les portraits de Navagero et Beazzano, de la main de Raphaël d'Urbin. » Ce tableau fut donné dans la suite à l'un des deux écrivains, ainsi que nous l'apprend une lettre de Bembo à Antonio Anselmi, en date du 29 juillet 1558. « Je consens à ce que l'on donne à Beazzano le tableau avec les deux têtes de Raphaël d'Urbin et que vous le lui fassiez porter et le lui remettiez avec la prière qu'il y prenne garde, afin qu'il ne leur arrive pas malheur ». On ne sait, d'ailleurs, ce qu'il est advenu de ce tableau. Celui que possède le prince Doria n'est qu'une copie, très habilement exécutée par un artiste vénitien, et qui laisse apercevoir la finesse de touche, caractéristique du peintre d'Urbin. En 1727, elle figurait dans la galerie de la villa Abdobrandini. « Navagero a une expression de physionomie remaniuablement mâle, même un peu rude ; Beazzano, au contraire, se recommande par la douceur et la placidité de son regard » (Pa5sava>t, h, 238). « Raphaël eu réunissant ces deux personnages dans un seul cadre a été tenté sans dout» par l'accord mystérieux des caractèies et par l'harmonie finale qui naît souv<;nt des oppositions les plus marquées. En face de la figure nerveuse et un peu sèche, pleine d'ardeur et de feu, de Navagero, voici celle de Beazzano, placide, calme.

GALERIE DUiUÂ l'AMPHILJ.

largement épanouie. Ces deux hommes, de nature très différente, aimaient à se trouver ensemble, et le peintre de son côté découvrant, dans leur dissemblance même, certaines affinités pittoresques, s'est plu à les rapprocher l'un de l'autre. Ici, dans la copie, les visages affectent, comme de parti pris, un réalisme faussé jusqu'à l'exagération qui n a jamais été le fait de Raphaël. Quoi qu'il en soit, l'esprit du maître passe à travers les exagérations du copiste, la fermeté du dessin romain a raison des violences du coloris vénitien » (F. -A. Grcyer. Raphaël, peintre de portraits n, lOo).

*407. Portrait cl im poète. (Gai. Paroi D.)

Vu de face, chevelure, barbe et moustaches blanches, pourpoint noir; de la main droite, il tient une branche de laurier; il appuie sa main gauche sur une rampe où l'on lit les lettres : I. V. T. F. B. Au fond, à droite, un arbre fruitier.

H., 1,10; L., 0,95. T. — Fig. à mi-corps gr. nat. — Autrefois catalogué sous le nom du Titien. « En si mauvais état, qu'on ne peut formuler une opinion » (Cr. et Cav., h, ah). Morelli (290) attribue ce portrait à Paris Bordone dont les caractéristiques, malgré les restaurations, se retrouvent dans les glacis rosés et dans les doigts raides ».

Appartements particuliers.

bans les appartements particuliers, sont réunis des tableau.x, dont plusieurs très importants, provenant soit des palais de la fannilo Doria, à Gênes, soit d'acquisitions récentes. Le public n'est pas admis à visiter cette Collection qui ne fait pas partie de la galerie fidéicommissaire.

Beccafumi (Domenico), dit II Meccarino. — Éc. sicnnoise. 1486; f 1551.

* L'ange et le petit Tobie.

Tournés tous deux vers la gauche; le petit Tobie, en avant, vêtu d*une tunique retenue à la taille par une ceinture, un manteau noué sur la poitrine, porte, de la main gauche, un poisson, et donne l'autre main à l'ange. Celui-ci, les ailes déployées, lient un vase à la main. A leurs côtés, marche un petit chien.

IL, 1,50; L.. 0,65. B.— Fig. 1 m.

* Une sibylle.

Vue de face, le visage légèrement tourné vers la droite; de la main droite, elle retient les plis de son manteau et porle, de la gauche, une colonne tronquée; à droite, sur une tablette en marbre, une inscription. Fond de paysage, avec un lac et des ruines.

H., 1,50 ; L., 0,65. B.— Fig. 1 m.

ROME. 2« VOL. io

UOME.

Bronzino (Angelo di Cosimo, ,'dit II). — Éc. florentine. 1502; t 1572.

* Portrait de Giannetto Doria, neveu du grand amiral Andréa

Doria.

De trois quarts, légèrement tourné vers la droite, le visage imberbe vu de lace. Pourpoint rouge, chausses foncées, manteau noir ; la main droite sur la hanche; la main gauche sur la garde de son épée. Au fond, motif architectural, et, à droite, une draperie verte phssée.

H., 1,20; L., 0,80. D. — Fig^. à jiii-corps gr. nat. — « Un des meilleurs portraits du ])eintre». Mokelli (134) et Burck (059).

Gastiglione (Giovanni Bcnedetto), dit II Grechetto. — Éc. génoise. 1G16; t 1670.

Le sacrifice d'Abraham,

Au milieu, le patriarche, en robe bleue, manteau rouge, turban bleu, appuie la main gauche sur le visage d'Isaac enchaîné à ses pieds, et tient, de la main droite, un couteau; il tourne son visage vers l'ange qui vole dans les airs ; à droite, le bouc. Fond de paysage éclairé par le soleil couchant.

H., 3,50; L., 5 m. T.— Fig. plus gr. que nat.

Heem (Jean Davidsz [de). — Ec. hollandaise. 1606; f 1685 ou

Nature morte*

Sur le coin d'une table en marbre, recouverte en partie d'un tapis bleu, sont posés deux verres, des fruits et des huîtres dans un plat d'argent. Signé, à droite, en haut : DE HEEM FECIT 1664. H., 0,72; L., 0,55. B.

Lippi (Fra Filippo). — Éc' florentine. 1406; f 1469.

* L'Annonciation.

Au milieu, assise de face sur un banc en bois^ la Vierge, retenant, de la main gauche, les phs de son manteau bleu^ la main droite levée, tourne son visage vers l'ange, agenouillé à droite,, en robe grise, manteau jaune, une couronne de fleurs sur sa chevelure blonde, un lis dans la main droite» ses ailes rouges déployées ; au milieu, des lis dans un vase posé sur le sol dallé, et un livre ouvert sur un prie-Dieu, près de la Vierge; à gauche, en avant, un coffret devant le lit recouvert d'une étoffe rouge et au-dessus duquel sont tendues des draperies en

COLLECTION DU PRINCE DORIA

Cliché Ainlorson.

l'iiotogravurc Vigriierot Denioiiliii et C'*

Bronzino (Angei.o di Cosimo dit 11).

Portrait de Giannetto Doria.

GALERIE DORIA PAMPHILJ.

brocart d'or; à droite, une porte ouverte; au fond, par une ouverture, on aperçoit un paysage boisé. A la partie supérieure, les mains de l'Éternel d'où s'échappe le Saint-Esprit qui vole vers la Vierge.

H., 1,65; L., 1,20. B. — Fig. pet. nat. — D'après Cr. et C.w. (It., u, ?^^g), tableau d'élève retouché par le maître. « La composition mystique est intéressante et rappelle Fra Angelico, mais l'exécution est lâchée et la tonalité lourde, ce qui laisse supposer que le maître s'est fait aider par un de ses élèves. Le caractère fait pen.ser à Fra Diamante. » Ventlri {Cat. Bvaun, 2V) ne partage pas cette opinion. « Comme les caractéristiques de Fra Diamante ne sont ni bien définies ni distinctes de celles de son maître dont il fut le constant collaborateur, nous ne pouvons attribuer cette œuvre délicate qu'à Filippo lui-même, d'autant plus que les traits doux et gracieux de ses madones et les tons vagues et transparents se retrouvent dans cette belle peinture. »

Lotto (Lorenzo). — Éc. vénitienne. Vers 1480; -f 1556.

* Portrait d'un inconnu,

tin homme, au visage pâle et maladif, encadré par une barbe noire, incliné sur l'épaule droite, se tient debout, le bras droit replié, la main gauche posée à plat sur sa poitrine. Il est vêtu d'une tunique noire et coiffé d'une toque de môme couleur. Au fond, une muraille sur laquelle grimpe du lierre, et où sont gravés : à gauche, un Amour debout sur les deux plateaux d'une balance; à droite, l'inscription : ann. aetatis sve xxxvH. Signé : L. LOTTO.

IL, 1 m.; L., 0,90. T. — Fig. à mi-corps gr. nat.— Miinui.eu avait considéré ce portrait comme celui de l'artiste par lui-même. Mais cette (jualification ne peut être acceptée ; car, comme le fait remarquer Morelli (299), Lotto étant né avant l iSO et le modèle étant âgé de 57 ans, cette peinture serait de Inl.-i environ; or, la facture, ici, n'est nullement celle qu'on remarque dans les œuvres du maître vénitien à cette époque. En outre, le tableau est signé : L. LOTTO; et, ce n'est qu'à partir de \'6tl que sa signature n'est plus : LAV. LOTVS. M. Berenso.n date ce portrait entre 1555 et 1550.

Mantegna (École d'Andréa).

* Tentation de saint Antoine.

Dans un paysage rocailleux, au milieu, b; saint, vu de face, en longue barbe blanche, vêtu d'une robe violette et coilTé d'un bonnet, s'appuie, de la main droite, sur une canne et lourne son visage à gauche vers deux hommes d'armes : l'un, en limique blanche à rayures noires, chausses violettes, turban blanc, sur lequel sont piquées des plumes, chaussé de bottes rouges, portant un bouclier et une pique, est \\\ de face; le second, posé de profil, en tunique verte, chausses et bonnet rouges, bottes jaunes, s'appuie sur une lance. A droite, un troisième personnage, nu-tête, en vêtement brun, porte, dans les plis de sa tunique, des pièces d'or qu'il tente de faire accepter au saint. Sur le sol, des vases d'or. Au fond, à gauche, près d'un cours d'eau, le saint et un démon, un château fort auquel on accède par un pont-levis et

une ville sur le flanc d'une montagne; à droite, le saint voit en songe les trois soldats endormis au milieu des rochers.

H., 0,46; L., 0,57. B. — Fig. 0,27.

Saint Louis faisant V aumône.

A gauche, saint Louis, vu de face, en tunique rouge serrée à la taille par une ceinture, manteau et chausses verts, bottines roses lacées, de la main gauche, prend des pièces de monnaie dans des plateaux que lui présentent deux officiers (l'un au premier plan, barbu, tourné de profil vers la droite, en pourpoint violet, bonnet et toque rouges à plume blanche, l'autre, au second plan, imberbe, en tunique rouge coiffé d'une calotte grise), et verse son aumône dans la main d'un vieillard, appuyé sur un bâton, couvert d'une tunique bleue et d'un manteau rouge. Au second plan, une femme, drapée dans un manteau violet, présente au roi son nourrisson. A droite, deux autres mendiants : l'un, jeune, en chausses violettes, la chemise ouverte, tenant, de la main gauche, un instrument de supplice, une escarcelle à la ceinture, la main droite en avant; l'autre, âgé, appuyé sur un bâton, en vêtement bleu. Entre eux, au second plan, un assistant, dont on ne voit que la tète coiffée d'un chapeau noir sur lequel sont entrelacées deux clefs. En avant, deux officiers, l'un, vu de dos, en manteau jaune à col et manches verts, toque rouge, l'autre, vu de face, le visage tourné ver le roi, en vêtement violet et turban bleu. Sur le sol, des pierres. Au fond, un édifice en briques, à deux corps de bâtiments dont l'un, celui de droite, est orné d'une frise et d'un revêtement avec bas-reliefs, réunis par une terrasse du haut de laquelle plusieurs personnages regardent la scène.

H., 0,-16; L., 0,57. B. — Fig. 0,17. — Ces deux tableaux sont les fragments d'une prédella que Morklli attribue à un artiste ayant de nombreux rapports avec Libérale da Vcrona. Cr. et Cav. [N. It., i, 359) rapprochent ces peintures des œuvres de Parentino à Modène représentant les saints Jérôme et Augustin, signées : BERNARDO PARANÇAN. (Voir Arch. S^o., 1890, 364). « L'influence de Mantegna s'y fait sentir; mais la facture est très inférieure à celle du maître. Les figures sont vulgaires, mal proportionnées et d'un dessin défectueux. L'action est cependant animée, les détails de paysage bien rendus, et les vases ainsi que les autres ornements sont d'un modèle classique ». « On retrouve dans ces scènes de légendes fantastiques la manière de Ansuino de Forli » (BiRCK., 596). M. Venti'ri {Caf. Bratin) partage l'opinion de Cr. et C.vv. et croit ces deux fragments de la même main que le tableau intitulé : La Teutalion de saint Antoine, n° 140 décrit ci-dessus, dans la Galerie p. 209, c'est-à-dire de Parentino.

Mazzola (Filippo). — Éc. de Parme. (?) ; f 1505.

* Portrait (T homme.

De trois quarts tourné vers la gauche, le regard fixé sur le spectateur; visage rasé encadré par deux longues boucles. Pourpoint grenat, sur le

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collet duquel on lit : me devs et sit fort, bonnet noir. Fond verdâtre.

Signé, sur la rampe : FILI. MAZOLA.

H., 0,54; L., 0,55, B. — Pig. en buste gr. nat. — Tableau gâté par de maladroites restaurations. « Ici, le peintre se montre élève de Melozzo » (Cr. etCw., N.It., i, 587, n.). « Portrait d'un réalisme vivant, d'un coloris puissant, d'un habile modelé » (Bcrck,, eooj.

Mazzolino (Lodovico Mazzoli, dit). — Éc. ferraraise. Vers 1481 ; tl528.

* Jésus au milieu des docteurs.

Dans le temple, Jésus, en robe rouge et manteau vert, debout, appuyé sur un pupitre, discute avec les docteurs réunis, les uns, assis, lisant, les autres, debout; à gauche, un assistant, assis, vu de dos; au fond, saint Joseph et la Vierge près de l'autel soutenu par des coloimes torses et surmonté d'une architrave avec un bas-relief et une inscription hébraïque et du haut de laquelle deux personnages se penchent et regardent la scène.

H., 0,44; L.,0,29. B. •— Cintré par le liant. — Attribution donnée par M. Ventibi {Arch. Sto., 1890, 464).

Memling (Hans). — Éc. flamande. Vers 1450; | 1494.

* Descente de croix.

Au premier plan, le Christ est étendu sin* un linceul blanc, le haut du corps posé sur les genoux de la Vierge qui soutient, (h^ la main droite, le visage du Sauveur, et pose sa main gauche sur la blessine qu'il porte au flanc. Au second plan, à gauche, saint Jean, vu de profil en robe rouge ; au milieu, la Madeleine, vue de lace, en surcot violet à manches rouges, essuyant, avec son voile, son visage inondé de larmes ; à droite, agenouillé, de profil tourné vers la gauche, le donateiu', on longue robe noire, les mains jointes,, les yeux baissés ; au fond, le tombeau creusé dans le roc sur le bord d'une route, le Calvaire avec les trois croix dont deux portent encore le corps des larrons, et Jérusalem sur les bords d'un cours d'eau. En avant, la couronne d'épines, les clous et une tenaille.

•II., 0,70 : L., 0,5-2. B. — Fig. 0,41. — Peint vers 1480. A figuré à l'FAposition des Primitifs Flamands à Bruges en 1902 sous le n° 91. — Acheté en 1852, avec trois autres tableaux de maitres secondaires, à M. Luigi Coclietti pour 21000 l'rancs. « Tableau célèbre, d'une expression charmante et d'un beau coloris » (Blck., 634). « Dans la Pictà appartenant au prince Doria, le plus émouvant des sujets du genre issu de son pinceau, Memling introduit un donateur très proche du personnage représenté dans le panneau appartenant au Gymnase d'Herrmannstadt (n''74 : Un donateur et son fils). La nature tendre et recueillie de l'artiste répugne à le déformation des traits sous l'empire de la douleur. C'est d'ailleurs une scène profondément touchante que le baiser déposé par Marie sur le front meurtri du Sauveur. Madeleine, on le remarquera, s'essuie

les yeux d'un bout de son voile. Lo geste ne manque pas de gr^cc » (HY>fANs. Expos, des Primitifs Flamands à Bruges., 59).

Pesellino (Francesco Pesello di Stefano, dit II). — Éc. florentine. 1422; t 1457.

* Épisodes de la vie du pape saint Sylvestre.

I. — « Le gouverneur Tarquinien commanda à Sylvestre de sacrifier aux idoles, le menaçant de lui faire souffrir, le lendemain, de cruels tourments; et Sylvestre répondit : Insensé que tu es, tu mourras cette nuit, et, que tu le veuilles ou non, tu seras forcé de reconnaître que le Dieu que nous adorons est le véritable; et comme Tarquinien dînait, une arête de poisson s'arrêta dans sa gorge, et il ne put l'avaler ni la rejeter, de sorte qu'il mourut à minuit, et qu'il fut enlevé, au grand regret des païens. Et Sylvestre fut délivré » [Légende dorée, 64).

A gauche, le pape, en dalmatique verte, coiffe de la tiare, est amené par deux soldats, dont l'un, vu de dos, en costume jaune, s'appuie sur une pique, devant le gouverneur, en manteau et tunique rouges, assis sur un trône, sous un portique soutenu par deux colonnes. Au second plan, au milieu, le gouverneur à une table servie sur laquelle se remarquent des poissons sur des assiettes; autour de lui, s'empressent trois serviteurs ; ayant avalé une arête, il s'évanouit. Le saint, dans sa prison, à droite, assiste, par une fenêtre grillée, à cet événement qu'il avait prédit. Au premier plan, le saint, les mains jointes, sort de sa prison; deux personnes, l'une, jeune, nu-tête, en vêtement bleu, l'autre, plus âgée, en manteau rose, coiffée d'une toque rose, le reçoivent. H., 0,30; L., 0.67. B. — Fig. 0,18.

II. — «... Quelque temps après, les prêtres des idoles vinrent trouver l'empereur Constantin et ils dirent : Saint empereur, depuis que vous avez embrassé la foi du Christ, le dragon qui est dans la fosse, a, chaque jour, fait périr plus de trois cents hommes de son souffle empoisonné, et l'empereur consulta là-dessus Sylvestre qui lui répondit : Par la vertu de Jésus-Christ, je ferai cesser le mal que fait cette bête.... Et alors Sylvestre descendit dans la fosse avec deux prêtres et il dit au dragon les paroles que lui avait révélées, en songe, l'apôtre Pierre, et suivant son ordre, lia et scella la gueule du monstre avec un sceau qui portait le signe de croix ; et, quand il retourna près de l'empereur, il trouva deux enchanteurs qui l'avaient suivi pour voir le résultat de l'entreprise, et ils étaient comme étouffés de l'haleine empestée du dragon. Et Sylvestre les guérit et ils se convertirent... » [Légende dorée, 75).

Snr une terrasse crénelée, à droite, au second plan, le saint, en robe blanche et dalmatique rouge à bordure dorée, coifTé de la tiare,

COLLECTION DU PKTNCE DOKL\

Clichô Andorson. l'iiotogniviirr Vi(.niiTot. Dinionliii et C ".

RlBEEA (JO8E J)K) dit ]jO SpAUNOLETTO. — L'ESPAGNOLET.

Affar ahandonnant Ismaël.

GALERIE DORIA PAMPHÏLJ.

agenouillé devant le dragon, lui .scelle la gueule ; derrière lui, deux moines debout imposent une croix sur le monstre. Au milieu, le saint en dalmatique verte, agenouillé, vu de dos, accompagné des mêmes moines, implore le Seigneur en faveur des deux enchanteurs couchés sans vie sur le sol ; deux assistants sont également agenouillés, l'un, en blanc, tête nue, l'autre, en manteau bleu et toque rouge. A gauche, l'empereur, un sceptre à la main, entouré de trois officiers. Au fond, à gauche, des clochers et des tours; au milieu et à droite, des rochers et deux arbres.

H., 0,30; L., 0,67. B. — Fig. 0,18. — « Ces deux panneaux sont de la dernière période de Pesellino » (Morelli, 255). « On y retrouve à la fois l'inlluence de Masaccio et celle de Lippi. » (Blrck., 555). C'estlà un fragment de prédella assez semblable ù celle qui .se trouvait autrefois à Florence, dans l'église Santa Croce. sous le tableau de Filippo Lippi et qui a été divisée (fragments à l'Académie des Beaux-Arts de Florence, n' 7ïJ et au Louvre, n° lol4). « Ce morceau est composé avec vivacité, peint avec des teintes claires et douces, propres à F. Lippi » (Vbnti ri, Cat. Braim. 24). D'après certains critiques, la scène représenterait un épisode de la vie du pape Léon IV.

Ribera (José de), dit Lo Spagnoletto. — L'Espagnolet. — Éc. espagnole. 1588; f 1656.

* Âgar abandonnant Ismaël.

Au premier plan, à droite, Ismaël, à bout de forces, est étendu, la tête sur une pierre, la bouche entrouverte ; à ses pieds a roulé la cruche d'eau; vers la gauche, s'éloigne Agar, vêtue d'une robe rouge, d'un corsage noir avec des crevés aux manches, d'une chemisette blanche, une draperie blanche sur la tête; elle porte un paquet de vêtements sous le bras, et se tourne vers un ange qui vole et cherche à la retenir,

H., 2 m.; L.,3,50. T. — Fig. gr. nat.

Rosa (Salvator). — Éc. napolitaine. 1615; | 1675.

* Ca'in tuant Abel.

Gain brandit, de la main droite, une mâchoire d'animal avec laquelle il s'apprête h frapper Abel qu'il a renversé devant lui et qu*il maintient par la chevelure; à gauche, au fond, brille le feu du sacritice; à droite, paysage éclaii^é par le soleil couchant.

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