L., 2 m. T. — Fig. plus gr. que nat
Sebastiano del Piombo (Sebastiano Luciani, dit). — Ko, vénitienne. 1485; i 1547.
* Portrait de V amiral Andréa Doria.
Il est vu de trois quarts tourné vers la gauche, le visage presque de face, avec la barbe et les moustaches grises, le regard fixé vers le spec-
tateur. Il est drapé dans un large manteau noir à capuchon et coiffé d'une toque noire; la main droite est portée en avant, l'index tendu. Devant lui, sur une rampe, un bas-relief représentant la proue d'un navire ornée d'une tête de sanglier et d'un œil, entre une ancre, une rame et un gouvernail.
II., 2,50; L., 1,10. T. — Fig. à mi-corps gr. nat. — Peint en 1537. Provient -du palais Doria, à Gênes. — « On peut passer en revue tous les portraits qui sortirent de l'atelier de Sebastiano del Piombo, sans en trouver un plus grandiose, plus frappant, d'une facture plus admirable. Il unifie toutes les théories de Michel-Ange, dans la dignité du mouvement, la justesse du geste, la gravité du visage, l'exactitude du dessin et la merveilleuse gradation de l'ombre et de la lumière » (Cr. et Cav., ii, 346). « Le chef-d'œuvre des portraits de Sebastiano, d'une grande simplicité de manière, mais, dans la physionomie pâle et froide, d'une vérité et d'une puissance sans égale. Ce ne sont que quelques couleurs grisâtres; mais, dans ces quelques couleurs, quelle force, quelle finesse de nuances! » (Burck., 740). « La désagréable couleur grise de ce portrait a été, dit-on, choisie tout exprès par le peintre pour faire encore mieux ressortir l'expression glacée de ce visage aigre et coupant comme une bîse inattendue survenant après les premiers beaux jours.... Oui, c'est bien la véritable image d'Andréa Doria car l'attitude dit : c'est un homme puissant, et le visage dit : c'est un homme malheureux.... C'est cette âme malheureuse que Sebastiano del Piombo nous a fait apparaître dans le portrait de la Galerie Doria, page historique de la plus haute importance et véritable apologie de la nature de l'amiral : Ne voyez-vous pas ce que je souffre? nous dit ce visage blêmi par les soucis et le chagrin secret, cet œil atone, ces lèvres muettes qui retiennent les paroles étroitement captives. Je sers ceux que je hais, je méprise ceux que j'aime, je tiens mon âme au verrou de la dissimulation, mon cœur dans un donjon de glace; j'appelle le soupçon prudence, le mensonge sagesse, la trahison vertu, et tout cela pour des gens qui n'ont rien à me donner en paiement de telles douleurs, si ce n'est la domination sur leurs personnes.... Peu de choses, à Rome, m'ont ému autant que ce portrait, car je lui dois d'avoir eu réellement, pour la première fois, la perception claire de ce que fut ce grand homme qui nous fit tant de mal » (MoNTÉGUT, Rev. des Deux Mondes, 1870. T. 11, 986). « Une grandeur digne de Michel-Ange est associée à une profonde expression de l'individualité du modèle. Jamais le célèbre politique qui fut reproduit par Alfonso Lombardi en cire et en stuc, par Bronzino sur toile, et par Vasari sur une fresque, ne trouva un plus puissant interprète de son âme et de sa prestance; la parole semble sortir de ses lèvres, les yeux lancent des flammes » (M. Venturi, Cat. Braun., n). Le Musée de la Brera, à Milan, renferme, depuis quelques années, un portrait d'Andréa Doria par Bronzino, cité par Vasari, dont la comparaison avec le portrait de Sebastiano del Piombo est intéressante. Voir Arc/i. Sto., 1898, 182.
Tintoretto (Domenico Robusti, dit II). — Le Tintoret. — Éc, vénitienne. 1562; f 1657.
* Portrait d'homme.
De trois quarts tourné vers la droite. Vêtu d'une'simarre rouge à bordure de fourrure grise. La main gauche est posée sur une table recouverte d'un tapis persan, la main droite pend le long du corps.
H. 1,20; L., 0.75. T. — Fig. jusqu'aux genoux gr. nat.
COLLECTION DU PHINCE DOlilA
Cliché Andorson.
IMiotot'riwure Vig:neiot, Doiiiouliu et C*.
Setîastiano DEL PiOMBO (Sebastiaxo Luciani dit). Portrait de l'amiral Andréa Doria.
GALERIE DORIA PAMPHILJ. 233 Vasari (Giorgio). — Éc. florentine. Joli ; f 1574.
* Descente de croix.
Cinq disciples montés sur des échelles détachent de la croix le corps du Sauveur que saint Jean, à gauche, s'apprête à recevoir dans ses bras étendus. Au premier plan, la Vierge s'évanouit entre les bras de deux saintes femmes. A droite, la Madeleine agenouillée, et un disciple debout. Fojid de paysage.
Signé, à gauche, sur une pierre : GEORGl' ARETIN. FACIEBAT.
H., 3,50; L., 1,90. B, — Fig. gr. nat. — « Ce tableau, peint pour Bindo Altoviti, ne déplut pas à l'homme qu'on peut citer comme le peintre, le sculpteur et l'architecte, le plus grand de nos jours et peut-être aussi des temps passés, à Michel-Ange -> (Vas., vu, 67i).
Velasquez (Don Diego Rodriguez da Silva Y). — Éc. espagnole, 1599; t 1660.
* Portrait d'un jeune prince.
De trois quarts tourné vers la gauche, le visage encadré par les boucles d'une chevelure châtain. Col blanc, vêtement noir à peine indiqué.
H., 0,58; li., 0,40. T. — Fig. gr. nat. — Catalogué autrefois sous le nom de Van Dyck, ce portrait semble plus vraisemblablement de la main du maître espagnol. Quel a été le modèle du peintre? Suivant les uns, l'infant don Balthazar; suivant les autres, Filippo Prospère. Voir Arte, 1899, 295.
Vernet (Claude-Joseph). — Éc. française. 171 4; f 1789.
Marine par un gros temps.
A gauche, un brick secoué par la mer démontée; en avant, sur rochers, des personnages; à droite, au loin, un bateau.
H., 0,22; L., 0,27. T. - Fig. 0,03.
Un port au soleil levant.
A gauche, des barques amarrées près d'un bouquet d'arbres ; nu fond, à droite, un navire à l'ancre près d'une jetée. Ciel éclairé par le soleil levant.
H., 0,22; L., 0,27. T. — Pendant du précédent.
Vien (Joseph-Marie, comte). — Éc. française. 1716; f 1809.
* Portrait de Niccold de Bielke, sénateur romain.
Vu de face, la tête tournée vers la gauche, en habit rouge, coiffé d'ime perruque poudrée. Au cou, une croix suspendue à un ruban noir^ et une chaîne d'or ; de la main droite, il tient une pièce d'orfèvrerie
Sur une table, recouverte d'un tapis bleu, son épée. Signé à gauche, à la base d'une colonne : J. VIEN. 1757.
H., 1 m.; L., 0,75 — Pastel. — Fig. à mi-corps gr. nat. — Acquisition récente. Ce portrait est gravé entête de l'ouvrage : Memorie historiche délia vita del Conte Niecolô de Bielke, senaiore di Roma, par Gio. Costanzo Caracciolo. Roma, 3IDCCLXIX.
Maîtres inconnus.
Écoles flamandes.
La Vierge et V Enfant Jésus.
La Yierge, vue de face, la tête légèrement inclinée vers la droite, vêtue d'une robe brune à doublure de fourrure, manteau rouge ramené sur la tête par-dessus un voile blanc, allaite l'Enfant Jésus. Fond de paysage : à droite, des anges jouant avec des agneaux et un troupeau près d'une fontaine ; à gauche, des châteaux et une ville, dans une vallée encadrée de montagnes verdâtres.
H., 0,35; L., 0,23. B. — Fig. en buste pet. nat. — Acquisition récente. De l'école de Bernard Van Orley.
La Vierge et VEnfant Jésus,
La Vierge, en manteau bleu, une couronne en orfèvrerie sur sa chevelure, tenant, dans ses bras, l'Enfant Jésus, est debout dans la nef d'une église. Au fond, dans le chœur, deux anges aux ailes rouges, hsant dans un livre ouvert sur un autel, surmonté d'un retable.
H., 0,40; L. 0,22. B. — Fig. 0,24. — Volet de triptyque.
* Un donateur présenté par saint Antoine.
Dans une prairie émaillée de fleurs, au milieu, un donateur, un genou en terre, de trois quarts tourné vers la gauche, les mains jointes, vêtu d'une houppelande violette à bandes brunes, l'épée au côté; son patron, vieillard, en habit monacal, a posé la main gauche sur son épaule ; il tient, de la main droite, un hvre et un chapelet: à gauche, un lévrier blanc près du chapeau du donateur; à une souche d'arbre, est suspendu son écu. Au second plan, un écuyer tenant un cheval par la bride; au fond, un berger et ses moutons, des cavaUers et des piétons sur une route qui conduit à une ville, à droite; à gauche, des rochers; à l'horizon, une rivière dans la plaine.
H., 0,40; L., 0,22. B. — Fig. pet. nat, — Cintré. par le haut. — L'attribution à Van Eyck ne peut être maintenue; c'est une œuvre d'un peintre du commencement du XVI* siècle. A figuré à l'Exp. de Bruges, en 1902, sous le n° 160.
GALERIE DORIA PAMPIIILJ.
École italienne du xvi^ siècle.
^L'apothéose d'Andréa Doria.
Sur la poupe d'une galère, le grand amiral, une chaîne d'or au cou, un sceptre dans la main droite, est assis, de profil, tourné vers la droite, entre deux femmes, la Magnanimité et la Libéralité qui lui offrent chacune une couronne, tandis que, dans les airs, la Piété le couronne. A ses pieds, sont enchaînées l'Avarice et la Trahison; au milieu, l'Astronomie, deux autres Vertus, l'une portant un trident, l'autre lui présentant son fils, qui élève un étendard et aux pieds duquel, sur un cartouche on lit : PRINCEPS lo ANDREAS GENVAE SPES ALTERA MAGNAE. A droite, des hommes d'armes, et, à l'avant, la Renommée. Sur les Ilots, nagent des naïades et des tritons.
H., 2,10; L., 2,65. T. - Fig. pet. nat.
* Lefi trois âges de f homme.
Copie ancienne, faussement attribuée à Giorgione, du tableau du Titien, dans la Coll. Ellesmeere, à Londres.
COLLECTIONS ROSPIGLIOSI
GALERIE ET COLLECTIONS ROSPIGLIOSI-PALLAVICINI Palazzo Rospigliosi
via del Quirinal.
Le Palais Rospigliosi a été construit par le cardinal Scipione Borghese, sous la direction de l'architecte Flaminio Ponzio, sur l'emplacement des thermes de Constantin. Il devint, dans la suite, la propriété des familles Bentivoglio et Mazarin et fut agrandi par Carlo Maderna. 11 appartient actuellement à la famille Pallavicini-Rospigliosi i le prince Giulio Pallavicini occupe le premier étage et don Giuseppe Rospighosi l'étage supérieur. Dans les appartements privés sont conservés des tableaux nombreux et d'un grand intérêt.
La Galerie ouverte au pubhc occupe un bâtiment, au milieu du jardin, composé d'un portique et de deux pavillons en saillie, dit Casino (lu Café, en mémoire du pape Benoît XIV qui avait coutume d'y venir prendre son café.
Galerie.
Les tableaux sont répartis dans trois salles.
La salle du milieu est décorée de fresques célèbres :
Au plafond :
Reni (Guido). Le Guide. — Éc. bolonaise. 1575; f 1642. V Aurore.
Conduit par Apollon, le torse nu, un manteau violet flottant sur ses épaules, le char du Jour, traîné par trois coursiers, dont le dieu modère l'ardeur, s'avance vers la droite. En avant, vole l'Aurore, en robe jaune et manteau bleu, des fleurs dans les mains. A la partie supérieure, Cupidon portant un flambeau allumé. Autour du char, marchent sur des nuées, en se tenant par la main, les Heures : quatre, au premier plan, l'une, vue de dos, les épaules nues, vêtue d'une robe bleue et d'une écharpe violette; la seconde, posée de face, le visage baissé, le sein droit découvert, drapée dans une étoffe rose que recouvre un manteau jaune; la troisième, de trois quarts tournée vers la droite, en robe verdâtre, incline son visage vers sa quatrième compagne, tournée de profd, en robe blanche, et dont les traits rappellent ceux du portrait présumé de Béatrice Cenci; derrière le char, marche une quatrième jeune fille dont on ne voit que le buste. Au second plan, en
GALERIE nOSPIGLIOSI.
avant, s'aperçoit le visage de deux autres nymphes. Au loin, à droite, la Terre qu'éclairent les premiers rayons du jour.
« On peut voir, dans cette fresque, quel idéal Guido Reni s'était fait, sous le rapport de la composition et du style. Au point de vue de l'arrangement général, le groupe a peu d'unité; les masses ne s'équilibrent pas; le plafond est vide, dans la partie du ciel où vole l'Aurore; il est trop chargé dans celle qu'occupe le char d'Apollon entouré des Heures. Quant aux types, ils sont d'une élégance un peu lourde : l'Aurore pourrait être plus légère; et les autres figures de femmes ont, pour des habitantes des régions célestes, des formes trop pleines et trop solides. Mais il y a, dans cette peinture, une grâce facile; les têtes sont jolies ])lutôt que belles, le ton général n'est pas désagréable dans sa douceur tranquille. L'ensemble est correct, sage et froid. » (P. Mamz, Les chefs-d'œuvre de la peinture italienne, 247). — « Rien de mieux inventé, de plus gracieux, de plus légèrement peint que cette fresque, où l'observation de la nature est ennoblie par le sentiment de l'antique et relevée par une aimable intention de poésie.... Faut-il reprocher au Guide d'avoir emprunté à un bas-relief antique bien connu, celui des Danseuses, le mouvement de certaines figures et les motifs de leurs draperies? Il faut, suivant nous, l'en féliciter. Ainsi, parmi les Heures, celle que l'on voit de face et qui est drapée de vert, est copiée de l'antique avec cet unique changement que la jambe droite est à découvert. Il en est de même de la figure qui est vêtue de bleu et qui tourne le dos au spectateur. Malheureusement, les modifications imaginées par l'artiste moderne ne font que montrer l'immense supériorité de l'art antique » (Armen- GAUD, Rome, 331). — « h' Aurore est en somme l'œuvre italienne la plus accomplie de ces deux derniers siècles » (Burck., 786).
Le long de la frise :
Tempesta ou Tempesti (Antonio). — Éc. florentine. 1555; t 1650.
Triomphe de V Amour.
Sur un char qui s'avance vers la droite, et dont les chevaux foulent aux pieds un homme renversé, l'Amour, les yeux bandés, accompagné d'im génie qui tient une branche d'arbre. Aux côtés du char, marchent deux lions ; en avant, les dieux de l'Olympe, Jupiter, Junon, Mars, Vénus, 3Iercure ; à gauche, des groupes enlacés, et un centaure.
Cortège d'un Triomphateur.
Sur un char traîné par deux éléphants, sont debout la Victoire élevant une couronne et la Renommée tenant à la main sa trompetle; à droite, des cavaliers; à gauche, le char du Triomphateur. Au premier plan, un législateur, un rouleau de papier à la main, et un savant, portant une sphère.
Ces deux fresques, considérées comme les meilleures productions de l'artiste, ont été gravées par lui-même à l'eau-forte et au burin.
Au-dessus des fenêtres :
Bril (Paulus). — Éc. flamande. 1550 ; f 1026. Les quatre saisons.
ËOMË.
Galerie Rospigliosi.
Albani (Francesco). — L'Albane. — Éc. bolonaise. 1578 ; f 1660.