LA ^AK^ÉSI^;E
liserons, armée de deux aubergines et pénétrant dans une grosse figue fendue. Cette idée bizarre est exprimée avec une grâce qui ne laisse rien à désirer. J'ose afiirraer que, de tous ceux qui ont le mieux réussi à contrefaire avec le pinceau les productions de la nature, aucun n'a surpassé Giovanni ; car il a rendu avec une vérité incroyable les moindres détails, jusqu'aux Heurs du sureau et du fenouil » (Vas., vi, 558).
Plafond :
Les deux grandes compositions qui ornent le plafond simulent des peintures sur toiles tendues et fixées à la voûte, comme dans la chambre d'iléliodore au Vatican. Sur la bordure, alternent les armes do Chigi, les montagnes et l'étoile. Au milieu, l'écusson de la famille des Rovère que Chigi fit placer, en souvenir de son protecteur le pape Jules II.
* I. Jupiter asseinble les Dieux pour entendre Cupidon.
A droite, est assis sur un trône, dans une attitude songeuse, le souverain des Dieux, une draperie violette sur le bas du corps, l'aigle à ses pieds. A ses côtés, assise également, Junon, en robe bleue, une d'^aperie jaune sur les épaules; devant elle, le paon; debout, Diane, couronnée d'un croissant, dont on ne voit que la tète, et Minerve, armée de pied en cap, appuyée sur une lance. Vénus, en manleau gris, amène devant Jupiter l'Amour qui vient plaider sa cause; au second plan, Neptune et Pluton appuyés, l'un sur un trident, l'autre sur une fourche, vus en buste. Au milieu, Mars, coillé d'un casque, tenant à la main une lance, Bacchus, couronné de pampres et Cérès, des fleurs dans la chevelure, montrent Vénus de la main droite levée. En avant, assis sur un rocher, Hercule, et, à ses pieds, assis, appuyés sur un lion, deux divinités fluviales. A gauche, Janus aux deux visages, Vulcain, Mercure auquel Ilébé, en robe verte, verse à boire et un pelit amour. En avant, un sphinx.
« Hercule, Bacchus, Apollon et Mars sont de la main de Jules Romain, dont on reconnaît les omijres épaisses et noires, le reste de la composition est ocrtainemont de la main de F. Peimi. Le dessin défectueux, les pupilles bleuâtres, la tonalité rouge des lumières ne permettent pas d'en douter » (Ve.nturi, Cal., 5c).
*Il. Le banquet des Dieux.
Les dieux de l'Olympe sont réunis autour d'une table soutenue par des nuages; dans les airs, volent tiois nymphes aux robes grise, jaune et lilas et aux ailes diaprées qui répandent des fleurs sur les convives. A droite, Jupiter tend sa coupe à Ganymède; Junon, en robe bleue, se tourne à gauche vers Neptune qui enlace Amphitrite, vêtue d'une robe rouge; Pluton et Proserpine, en robe grise, sont assis côte à côte, au mili(!U. En avant, vus de dos, Hercule et Ilébé, assis sur des coussins; à gauche, Vulcain, en forgeron, qu'accompagne un amour portant un
carquois ; Vénus, drapée dans une robe verdâtre, la tète couronnée de fleurs, s'avance en dansant aux sons de la lyre d'Apollon et du chalumeau de Pan que suivent les Muses. A droite, Psyché et l'Amour enlacés sur un lit; derrière eux, les trois Grâces, dont l'une répand des parfums. Au premier plan, Bacchus versant du nectar dans une coupe que lui présente un petit amour; un autre amour est appuyé sur un vase.
« Les trois Grâces, les groupes du premier plan, à droite, Jupiter, Hébé, Ganymède, » Hercule et Vulcain sont de la main de Jules Romain. Les autres personnages ont été peints par Francesco Penni. Il existe plusieurs études pc^ur cette composition : à l'Albertine, l'Apollon; dans la Collection royale d'Angleterre, les trois Grâces; anciennement dans la Collection Reiset, à Paris, les Heures. Parmi les nombreuses gravures, dont la liste a été donnée par Pass. (ii, 285), citons celles du Maitre au Dé, d'un élève de Marc- Antoine, de Pavillon, de J. Caraglio, etc. « Les deux grandes compositions, qui divisent entre elles toute l'étendue du plafond, nous montrent le plus haut point auquel soit arrivée la poésie de la peinture ou, si l'on l'aime mieux, la peinture de la poésie des Grecs. Certes Homère n'a point eu de plus claire, de plus intime révélation de l'Olympe et de ses habitants. Dans ce Conseil et ce Banquet des dieux, Raphaël a su donner à chacun des personnages sa physionomie propre, la nature de ses formes et le degré d'idéal analogue au rang de chacun, et, si l'on peut dire, à la mesure de sa divinité » (Qqatremère de Quincy, Raph., 263). « Avant Raphaël, ou après lui, personne n'aurait peint ce Banquet des dieux avec autant de dignité, de convenance et de poésie. Il faudrait remonter jusqu'à la peinture des Grecs, telle que nous pouvons la deviner d'après la statuaire antique, pour imaginer une plus belle réunion de figures que ce banquet servi par les Grâces, retentissant des accords de la lyre d'Apollon et charmé par les Muses qui célèbrent les noces de Psyché, c'est-à-dire le symbole de l'àme s'ouvrant aux délices de l'amour « (Armengaud, Rome, 298).
« Selon V.iSARi, qui raconte (vi, 366 et sq.) que ces fresques furent exécutées vers la fin de la vie de Raphaël, le banquier Agostino Ctiigi les lui avait commandées longtemps auparavant; mais leur exécution aurait été de jour en jour retardée parce que Raphaël ne pouvait se résoudre à quitter son atelier et sa maîtresse. Enfin Chigi eut l'idée de faire venir dans sa maison cette femme dont le peintre ne voulait pas se séparer et de lui permettre l'entrée de la salle où Raphaël travaillait. Il faut considérer cette historiette, dont Vasari sest fait l'écho, comme une misérable et absurde invention; mais, en revanche, on peut admettre tout ce qu'il rapporte au sujet de ces fresques pour lesquelles Raphaël n'aurait fait que les cartons, abandonnant l'exécution à Jules Romain, Francesco Penni et Giovanni da Udine pour la partie ornementale. On ne sait d'après quelle autorité Titi a pu dire que Gaudenzio da Ferrara et Raffaellino del Colle ont travaillé à ces ouvrages : nous lui laissons la responsabilité du fait qu'il avance sans y ajouter foi : aujourd'hui, il est difficile de juger de l'aspect primitif de ces peintures, d'autant plus qu'elles ont beaucoup souffert et qu'elles furent très retravaillées par Carlo Maratta. On sait même que ce peintre fût forcé de les faire fixer à la voûte par un certain Ginn. Francesco Rossi, au moyen de 850 épingles de cuivre et qu'il dût aussi repeindre tout le fond du ciel, auquel il donna un bleu trop vif qui a détruit l'harmonie des couleurs. Néanmoins, c'est à Maratta que nous devons la conservation de ces peintures qui ne subsisteraient pas sans lui; il serait donc injuste de ne pas lui pardonner les défauts de ses restaurations » (Pass., ii, 28I).
B» — Loggia.
Le portique, à gauche de la salle de Psyché, qui fait face au Tibre, était autrefois ouvert; il est partagé par des pilastres en cinq sections
LA FARNÉSINE
La Lo<j(jia (Fragment)
LA FARNÉSINE
clans la longueur et en deux sections dans la largeur. La décoration en fut confiée à Raphaël, qui exécuta sur une des. parois la célèbre Galatée, puis à Baldassare Peruzzi et à Sebastiano del Piombo. Le premier représenta sur les murailles VHistoire de Persée et de Calisto, et, dans les voussures hexagonales, les Signes du Zodiaque; le second figura sur les tympans et les lunettes Les Constellations et des Sujets mythologiques.
« Et ce qui y est étonnamment merveilleux dans ce superbe palais, c'est de voir une loggia dans le jardin, peinte par Baldassare, avec l'histoire de la Méduse lorsqu'elle métamorphose les hommes en pierres : on ne peut rien voir de plus beau; et, ensuite, Persée qui lui coupe la tête, avec beaucoup d'autres sujets mythologiques dans les voussures; et l'ornementation peinte en perpective et imitant le stuc coloré est si naturelle que. même aux artistes, elle semble en relief. Et cela me rappelle que, y conduisant le cavalière Tiziano, grand et honoré peintre, pour y voir la décoration, il ne voulut pas croire que ce fut de la peinture et lorsqu'il en fut convenu, il en resta tout étonné. 11 y a là aussi des œuvres exécutées par Fra Sebastiano, artiste vénitien, et, par le divin Raffaello, il y a une Galatée ravie par les dieux marins » (Vas., vi, 593).
Au plafond :
Peruzzi (Baldassare). — Éc. siennoise. 1481; -j- 1550.
La constellation de Persée on Persée vainqueur de la Gorgone.
A gauche, Persée, couvert d'une armure, de la main droite, brandit un glaive et s'apprête à trancher la tète de la Gorgone qu'il a saisie par sa chevelure formée de serpents. Le monstre, en robe verte et manteau jaune, assis de face, cherche à se protéger avec le bras droit relevé. A droite, vus en buste, deux jeunes gens et un vieillard et une tête de cheval que le regard de la Gor}^one a pétriiiés: à gauche, un buste de jeune homme également pétritié et une tête de faune. Au ciel, vole une Renommée, aux ailes multicolores, drapée dans une robe blanche, sonnant de la trompette. Fond bleu étoilé.
« Dans aucune composition de la Farnésine, Peruzzi n'est mieux caractérisé que dans cette fresque. Une ligne diagonale, partageant le rectangle en deux, laisserait deux compositions séparées, comme destinées à un fronton de temple ; l'un des chevaux rappelle ceux du Panthéon. La Victoire est là pour faire l'équilibre. La facture est personnelle à Peruzzi; elle est pleine de fougue, bien que d'une expression sculpturale, les draperies étant disposées pour modeler les formes qu'elles recouvrent » (Cu. et
CaV., m, 392).
La constellation de Calisto ou Calisto emmenée au ciel.
Le sujet de cette fresque a été inspiré à Peruzzi par un passage des Métamorphoses d'Ovide (Livre II, vers lOi et sq.). a Junon. pour se venger de Calisto, que Jupiter, sous les traits de Diane, avait séduite, avait métamorphosé en ourse la nymphe de Nonacris. Un jour, dans une foret, CaUsto se trouva en présence de son fils Arca-s; elle veut s'ap-
procher de lui; mais il tremble à la vue de cette bête féroce et s'apprête à plonger dans son sein un dard meurtrier. Le maître des Dieux écarte le trait, et les enlève l'un et l'autre pour prévenir le coup parricide. Un tourbillon rapide les emporte et les place dans le ciel où ils forment deux constellations voisines, à l'endroit où un cercle, placé à l'extrémité de l'axe du monde, l'entoure de son étroit circuit. »
La fille du roi d'Arcadie, assise dans un bige traîné par deux taureaux, l'un blanc, l'autre jaune marron, s'élance \ers la gauche; sous les roues du char, des nuages parsemés de têtes d'amours. Le fond bleu est constellé d'étoiles.
« Cette fresque a beaucoup du mouvement compliqué des peintres sierinois : les figures sont trop longues et trop grêles. Le caractère de l'art étrusque se retrouve d'une laçon curieuse, aussi bien dans les membres grêles que dans le mouvement des taureaux » (/d.).
Voussures.
Peruzzi représenta, sur dix surfaces hexagonales à fond bleu, des allégories relatives aux douze signes du Zodiaque.
En partant de la fresque au-dessus de la porte et en se dirigeant vers la droite :