‹ RomeChapitre 260 sur 291 · A. Venti'ri. Farnesinn, Roma. La Societa Lazialo · texte numérisé non relu

A. Venti'ri. Farnesinn, Roma. La Societa Lazialo

l'historien italien, M. Geymuller n'admet pas que Peruzzi ait été l'architecte de la Farnésine et il suppose que c'est l'œuvre de Raphaël. C'est aussi l'opinion de Burck. (222). « Par ordre du banquier de Sienne, Agostino Chi^i, Raphaël commença à construire la Farnésine. Cette villa célèbre est, il est vrai, presque généralement attribuée à Peruzzi; le seul dessin authentique de ce dernier ayant trait à la Farnésine prouve presque avec certitude qu'il n'en est pas l'architecte. Il est impossible, étant donné un nombre limité de salles, de galeries et de chambres, de les disposer en deux étages avec plus d'agrément qu'on ne l'a fait ici. Par une habile discrétion des formes architectoniques, la loggia centrale garde avec les saillies des ailes latérales une harmonie qui n'aurait pu être que troublée par la moindre addition de portiques extérieurs avec frontons. Le même sentiment a dicté la simphcité des pilastres dans les deux étages; l'effet principal est réservé à la seule décoration plastique, la frise supérieure, au-dessous de la corniche saillante ornée de consoles. »

Ce palais est formé de deux avant-corps et d'un portique à cinq arcades auxquels l'habile architecte, par une heureuse licence, donna une longueur démesurée. L'étage supérieur, d'ordre ionique, orné jle modillons et d'une frise à bas-reliefs d'enfants, est couronné d'une belle corniche. « Chigi s'était proposé de réunir dans sa demeure tout ce que le génie des arts pouvait alors produire d'excellent en tout genre; il avait appelé de Venise Sébastien, surnommé del Piombo, qui, renommé pour son coloris, exécuta dans la villa diverses peintures. Il paraît que le désir de Chigi aurait été de ne devoir qu'à Raphaël et de confier à lui seul la décoration de tout l'intérieur et l'ensemble de ses embeUissements;... mais tant d'ouvrages divers occupaient les dernières années du maître, tant de travaux et de soins se disputaient son temps et ses loisirs, qu'il ne pouvait se livrer à une seule entreprise )) (Quatrf- MÈRE DE QuiNCY, 1(1., 254 et sq.).

Rez-de-Chaussée.

A. — Portique ou Salle de Psyché.

Du jardin, on pénètre dans une galerie, autrefois ouverte, maintenant fermée, qui s'étend entre les deux ailes du palais sur une longueur de 19 m. 50.

Giulio Romano, Francesco Penni, Giovanni da Udine décorèrent ce portique d'après d^s dessins exécutés par leur maître Raphaël, de 1518 à 1520.

Les peintures sont disposées sur trois sortes de surfaces :

Les voussures, au nombre de dix, deux sur chacun des petits côtés,

LA FARNÉSINE. .-'jr,

qualre sur chacun des grands côtés de la pièce, où sont représentées des épisodes de la légende de Psyché.

Les arceaux placés dans l'intervalle des pilastres où s'envolent des Amours avec les attributs des dieux.

Le plafond rectangulaire qui renferme deux grandes compositions.

T/ensemble de celte décoration est encadré par des guirlandes de fruits et de fleurs.

« Los Psychés de Raphaël font la décoration d'uno grande salle à manger, lambrissée de marbres, dont le plafond se courbe, encadré dans une guirlande de fleurs et do fruits. Au-dessus de la fenêtre, la guirlande s'évase, pour recevoir les vigoureux corps de Jupiter, de Vénus, de Psyché, de Mercure, et l'Assemblée des dieux couvre la voûte En levant les yeux au-dessus de la table cliargée de vaisselle d'or et de poissons monstrueux, les convives apercevaient ces grands corps nus dans le bleu foncé de l'Olympe, parmi des guirlandes voluptueuses où des courges femelles et des radis mâles font penser à la large joie d'Aristophane. La courtisane Imperia pouvait y venir; les hôtes, des parasites, comme Tamisius, des artistes licencieux comme Jules 15omain et l'Arétin, des seigneurs et des prélats, nourris dans les dangers et dans la franche sensualité du siècle, devaient contempler avec sympathie cette peinture gaie, grande et forte, ces figures rudement laites, indiquées plutôt qu'achevées, ces tons de brique.... Comme ici Raphaël est loin de ses premières timidités chrétiennes. Entre la i)éposi(ion de la croix et la Farnésine, le souflle de la Renaissance païenne a passé sur sa tète et développé son génie du côté de la joie et de la vigueur » (Tainl-, 242 et sq.).

Voussures.

« L'espace et la forme des pendentifs étaient, en apparence, aussi peu adaptés que possible à la représentation de scènes contenant plusieurs ligures; mais, de même que pour la Messe de Bolsene, la Délivrance de saint l'ierre et tes Silfi/llcs, Raphaël a su tirer de cette dillicullé un «'lément original de beauté. Il ne pouvait être question d'un espace distinct, d'un costume dt-terminé ; le maître était placé entre sa propre liberté et la contra ntc extraordinaire que le cadre lui imposait. Seul» des corps nus ou d'une draperie idéale, de beaux et clairs motifs, un choix parmi les scènes les plus saisissantes pouvaient accomplir ce miracle. Le choix, en fait, n'a pas été également heureux pour toutes les scènes, qui, d'ailleurs, supposent la connaissance du mythe d'Apulée, familier alors à toutes les imaginations. Dans leur ensemble, cependanl. ces fresques atteignent en ce genre le sommet du possible » (RmcK., C9c).

Nous ne croyons pas iiuilile de rappeler brièvement à nos lecteurs cette légende de Psyché qu'ApuLÉK a racontée dans s(!s M clamor phases.

« Il y avait une fois un roi et une reine qui avaient trois filles toutes trois fort belles. Pour la beauté des deux ainées, on n'était pas en peine de tiouver des formules de louanges, tandis que la beauté de la cadette était si merveilleuse, (| .'il y avait, dans le langage humain, disette de termes pour l'exprimer. Déjà, dans les villes voisines, un bruit se répand que Vénus daignait déroger à sa divinité jusqu'au point de se nn ler à la vie des mortels. Celte croyance fait en un instant des progrès incroyables. Plus de cérémonies, plus de guiilandes aux statues de la déesse; c'est sous les traits mortels de la jeune fille que la divinité puissante est adorée.

«Cette imi)ertinente attribution des honneurs divins allume le plus violent d<'pit dans le cœur de Vénus qui jure de se venger. Elle appelle son fils. lui montre Psyché et après lui avoir raconté l'odieuse concurrence qu'on ose lui faire, le conjure de frapper

la coupable. Copendant Psyclu', alors que ses sœurs épousaient des rois, restait non pourvue. Son père, au désespoir, va consulter l'oracle, qui lui répond :

« Qu'en ses plus beaux atours la Vierge abandonnée « Attende sur un roc un funèbre hyménée; « Son époux d'un mortel n'a pas reçu le jour « Il a la cruauté, les ailes d'un vautour. »

« Pour obéir à cet ordre, Psyché est menée au sommet du rocher où elle s'abandonnait à sa douleur (juand tout à coup elle se sent caressée par le souffle amoureux du Zéphir. Elle est soulevée dans l'air, et transportée dans un vallon, devant un édifice splendide dont elle franchit le seuil. Déjà la nuit s'avançait; un bruit léger vient frapper son oreille ; l'époux mystérieux est entré, il a pris place auprès d'elle : Psyché devient sa femme. Aux premiers rayons du jour il disparait. Chaque jour il revient, chaque nuit il s'éloigne avant l'aube. Psyché l'adore, mais sans avoir vu son visage; car son époux lui prédit les maux les plus effroyables si jamais elle cède à cette curiosité. Cependant la jeune femme a la faiblesse de laisser venir ses sœurs auprès d'elle et de leur raconter tous les détails de son aventure. Celles-ci, désireuses, dans leur jalousie, de détruire le bonheur de Psyché, lui rappellent la prophétie, d'après laquelle elle devait devenir la proie d'un monstre; et, la nuit suivante, alors que l'infortunée Psyché écoutant leurs conseils, s'apprête à commettre son forfait et à tuer son époux, le mystère se révèle; à ses yeux apparaît le plus aimable des monstres, Cupidon, le dieu cliarmant. Elle reste atterrée; le poignard lui échappe des mains, mais, soudain delà lampe, une goutte d'huile bouillante tombe sur le dormeur. Le Dieu se réveille en sursaut; il comprend que son secret est trahi, et, sans dire un seul mot, il s'enfuit dans rOlympe, où Vénus irritée l'enferme dans sa chambre.

« Junon et Cérès, auxquelles la déesse raconte sa mésaventure, refusant de l'aider dans sa vengeance, elle demande à Jupiter de lui prêter le ministère de Mercure pour retrouver Psyché. Pendant ce temps, l'infortunée errait à l'aventure .• elle entre tour à tour dans les temples de Cérès et de Junon et implore la pitié des déesses, mais en vain ; découragée elle se résigne à aller se mettre entre les mains de Vénus. En voyant sa victime, là mère de Cupidon s'élance sur elle et la frappe violemment. Puis elle se fait apporter du froment, de l'orge, du millet et quantité d'autres graines, mêle le tout et ordonne à Psyché d'en faire d'ici le soir le triage, car une personne si disgraciée doit être habile pour avoir su se faire aimer. La fourmi prend en pitié l'épouse d'un dieu et aidée de ses sœurs mène à bien la terrible besogne. Vénus reste interdite devant la tâche terminée; mais son courroux n'est pas désarmé; elle soumet Psyché à d'autres épreuves que l'infortunée parvient à surmonter : C'est de la laine d'or qu'elle doit aller arracher à la toison de brebis enragées. Un roseau lui donne le conseil de secouer les branches des arbres de la forêt où la laine est restée attachée. C'est de l'eau qu'elle doit aller prendre à une source que gardent d'épouvantables dragons. L'aigle de Jupiter vient à son secours et remplit son flacon. Toujours plus irritée, la déesse remet une boite à Psyché et lui dit d'aller aux enfers chez Proserpine pour lui rapporter le secret de l'éternelle beauté. Cette fois Psyché reçoit le coup de grâce et, sans plus tarder, court vers une tour voisine d'où elle veut se précipiter, quand une voix lui apprend ce qu'elle doit faire, pour échapper aux pièges qui lui seront tendus. Psyché descend aux enfers et en rapporte la boîte précieuse; mais, tout empressée qu'elle est de la donner à Vénus, sa curiosité l'emporte : elle ouvre la boite d'où s'échappent des vapeurs léthargiques qui la terrassent. Cependant Cupidon, impatient de letrouver Psyché, s'était échappé de sa prison; ses ailes rafraîchies le transportent près de son amante. 11 la réveille, la gronde de sa curiosité si néfaste pour elle, l'envoie près de Vénus terminer sa mission, tandis qu'il vole implorer la protection de Jupiter. Le Maître des Dieux se laisse fléchir; il ordonne à Mercure de convoquer le Conseil des Dieux. Il leur fait part de son désir d'unir Cupidon. à Psyché, et oblige Vénus au pardon. Devant l'Olympe

LA FAR>ÉSINE.

réuni, les fiançailles sont célébrées; pendant un raag-nifiquc repas, Jupiter présente à Psyché la coupe d'ambroisie et lui donne l'irninortalité. »

On remarquera que toute la j)remière partie de l'histoire de Psyché a été omise par Raphaël. Le premier sujet de sa décoration est celui où Vénus intervient et chei'che à se veng^er de la jeune fille pour laquelle on déserte ses autels.

Nous commençons la description par la paroi Est, au-dessus de la porte qui comniiniique avec la galerie dite La Loggia, et nous nous dirigeons vers la droite :

« De ces dix sujets, huit oflVcnt des groupes de deux, trois et même jusqu'à quatre figures, si ingénieusement composées pour la place irrégUlière et resserrée qu'ils occupent, qu'aucune n'y |)arait à l'étroit et ne laisse à désirer un autre champ. Tous se détachent, ainsi que le reste des peintures sur un fond bleu, les sujets étant tous supposés en l'air ou reposant sur des nuages « (Qi atkeméke dk Qluncy, Raphaël, 26i).

Giulîo Romano et Penni (Francesco). — Histoire de Psyché. *l. Vénus et l'Amour.

Assise sur des nuages, la déesse, une draperie jaune llottant sur ses épaules, indique, de la main gauche, à Cupidon, Psyché, la victime qu'elle désigne à ses coups.

Jules Romain a faiblement rendu la composition de son maitrc.

*II. L'Amour montre Psyché aux trois Grâces.

Cet épisode est de l'invention du peintre. Cupidon, plein d'amour pour la rivale de sa mère, demande aux déesses, réunies à droite, l'une en avant, vue de dos, les deux autres, au second plan, enlacées, leur protection pour Psyché, invisible, qu'il semble leur montrer, en souriant, de ses deux bras tendus. •

Une étude pour les t?'ois Grâces à Windsor, sans doute de la main de Jules Komain. M. Ventuiu fait remarquer la gradation délicate des ombres grises, et argentées avec les lumières d'un ton jaune très pâle, sur le dos de la Grâce, au premier plan, et s\ir le bas du corpsdes deux autres déesses. « On reconnaît, dans celte tonalité, la main de Raphaél, alors que les autres parties de la frescjuc, d'une coloration rouge, avec des ombres noires et des contours diirs, témoignent de la collaboration de Jules Romain qui termina cette voussure » (M. Vemuri, Cal., zi).

*in. Vénus apprend la trahison de son fils et demande à Junon et à Cérès de la venger.

Au milieu, Vénus, vue de- face, relevant, de ses deux mains, les pans d'une draperie jaune, tourne son visage, à droite, vers les deux déesses dont les gestes indiquent leur refus de lui prêter leur appui : Junon, au premier plan, posée de profil, un paon à ses pieds, est vêtue d'une robe bleuâtre ; Cérès, au second plan, vue de face, le visage tourné vers la gaucho, est couronnée d'épis et vêtue d'une robe jaune.

De la uiain de Jules Romain.

UOMË.

* IV. Vénus se dirige vers V Olympe.

^Debout, sur un bige traîné par deux couples de colombes, la déesse, de trois quarts tournée vers la droite, le visage de profil, ceint, d'une draperie blanche, dont elle tient un pan de la main droite, conduit, de la main gauche, son attelage ailé.

De la main de Jules Romain.

* V. Vénm implore Jupiter.

Assis, à droite, sur l'aigle, le souverain des Dietix, le bas du corps couvert par une draperie violette, portant les foudres de la main gauche, écoute la supplication de Vénus, près de laquelle vole une colombe.

« D'un coloris puissant, d'un clair-obscur intense » (M. Venturi. Cut., 35).

*VI. Mercure descend du ciel pour publier les ordres de Jupiter,

Coitré du pétase, le messager des Dieux porte sur les épaules une draperie jaune dont les pans sont noués autour de son cou; il tient, de la main droite, la trompette de la Renommée, et s'élance dans l'espace pour signifier aux mortels la défense de prêter asile à Psyché.

Une étude au Musée de Cologne a permis à Morelli (ii5) de jeter un peu de lumière sur la part prise par Raphaël dans ces fresques, aussi bien que dans celles de l'Incendie du Bourg au Vatican et de l'Égl se délia Pace. « Raphaël lit, lui-même, l'esquisse preuiière, d'après laquelle ses élèves exécutèrent les dessins, qui furent ensuite agrandis sur des cartons préparés pour être transportés sur les murailles. Ces cartons furent soumis au maître et corrigés par lui. Apiès quoi, les élèves se mirent au travail. » « Cette peinture est d'une exécution très faible. Le mouvement et le jeu des lumières et des ombres ne sont pas heureux, la figure est lourde. C'est une œuvre de Francesco Penni » (M. Venturi, Cat., 54). ,

* Yll. Psyché rapporte des enfers le vase de Vîmmortalité.

Portée par trois amours dont l'un lui soutient le bras, la jeune fille, vêtue d'une robe verte qui lui découvre la poitrine, élève, de la main gauche, le vase qu'elle rapporte de l'Enfer.

Également de la main de Francesco Penni. La Psyché tenant le vase, étude à l'Ambrosieiine.

*V11I. Psyché devant Vénus.

A gauche, Ja déesse debout, couronnée d'un diadème, une draperie violette sur la jambe gauche, lève les bras au ciel. Au second plan. Psyché, agenouillée, ramenant sur sa poitrine les plis de son manteau verdàtre, tend, de l'autre main, le vase de l'Immortalité.

Un dessin au crayon rouge de la main de Raphaël, dans les collections du Louvre, montre que Francesco Penni a suivi exactement les indications de son maître.

LA FARNÉSINE

*IX. Jupiter se laisse fléchir par V Amour.

Assis à droite, le souverain des Dieux embrasse l'Amour qui tient dans ses mains l'arc et les flèches et lui promet, pour Psyché, l'immortalité.

De la main de Francesco Penni.

* X. Mercure conduit Psyché dans lOlympe.

A gauche, Mercure, coiffé du pétase, une draperie jaune flottant sur ses épaules, s'élève dans les airs, emportant Psyché qu'il soutient de son bras gauche. Celle-ci, vue de face, les mains chastement croisées sur sa poitrine, vêtue d'une jupe verdàtre et d'un manteau jaune, lève les yeux au ciel. Dans les airs, vole un oiseau.

Rapprocher la coiffure de Psyché de celle de la Sainte Cécile, à Dresde, et de celle de la Sainte Catherine, à Londres. De la main de Francesco Penni.

Tympans au-dessus des lunettes :

Dans les quatorze arceaux, est figuré l'Amour, portant, dans les mains, les attributs des dieux qu'il a vaincus.

o Les Amours planant, avec les attributs et les animaux favoris des Dieux, représentent bien l'allégorie de la toute puissance de l'amour; mais ce sont aussi des figures d'enfants très vivants et d'un mouvement excellent » (BuncK., 696). « Ces idées légères étaient souvent entrées dans les badinages de l'arabesque antique, et très probablement Raphaël y aura puisé le motif général de ces sortes d'inventions; mais nulle part elles n'ont occupé, avec autant de variété, ni dans de telles dimensions, ni d'une manière aussi ingénieuse, l'esprit du décorateur; et jamais, depuis Raphaël, ces allégories tant répétées, n'ont retrouvé, sous un autre pinceau, l'esprit poétique et le charme idéal qu'il sut leur donner » (Quatremère de Qiincy, Raphaël, S59).

En commençant par la paroi Est et, en se dirigeant vers la droite :

V Amour avec son arc et son carquois tient, de la main gauche,

des flèches.

A gauche, un petit amour; dans les airs, volent des oiseaux.

Gravé par Âlberlini. Ce tympan et le suivant sont les plus raphaéliques de la série par leur tonalité délicate.

U Amour porte les foudres; à sa droite, un aigle.

V Amour, volant vers la droite, brandit le trident de Neptune; à droite une colombe.

Les ombres noires et lourdes indiquent la main de Jules Romain dans cette fresque et dans les suivantes.

L'Amour portant la fourche de Pluton,

Autour de lui, volent des chauves-souris. A gauche, Cerbère que retient un amour.

Ô2S ROMË.

L'Amour s envole avec Vépée et le bouclier de Mar's.

Autour de lui, volent des hiboux.

Gravé par Ag. Veneziano et un élève de Marc-Antoine.

U Amour vainqueur d'Apollon élève, au-dessus de sa tête, son arc et son carquois.

A ses côtés, volent un grifTon et une hirondelle.

L'Amour souriant présente le caducée et le casque ailé de Mer^ cure.

Au Musée Teyler, à Haarlem, une sanguine d'une authenticité contestable.

V Amour élève le thijrse de Bacchus et se retourne vers une panthère qui le suit.

L'Amour s'éloigne tenant le chalumeau de Pan.

A gauche, des oiseaux entourant un hibou.

L'Amour avec le bouclier et le casque d' Alexandre le Grand.

Dans ce tympan et dans les quatre suivants, on retrouve la main de Francesco Penni. Le coloris est différent; il n'y a pas d'ombres épaisses, mais on constate une demi-teinte rougeâtre.

L'Amour avec le bouclier et le casque de Thésée.

Gravé par Ag. Veneziano.

Deux amours portant la massue d'Hercule. A droite, une harpie, un oiseau et un papillon. VAînour, le marteau et la fourche de Vulcain dans les mains.

A gauche, un crocodile.

Une sanguine au Musée Teyler à Haarlem.

U Amour domptant un lion et un cheval marin.

Gravé par Albertini et un anonyme au xvn" siècle.

Giovanni da Udine exécuta les Guirlandes de fleurs et de fruits qui servent d'encadrement à ces petites compositions et recouvrent la crête de la voûte.

« De retour à Rome, Giovanni fit le long des arêtes des pendentifs dans la loge d'Agostino Cliigi, peinte par Raphaël, des festons, assemblages de fleurs, de plantes et de fruits de toutes les saisons, et de tant d'espèces différentes, que, faute de pouvoir les énumérer un à un, je suis obligé de me borner à dire qu'on y voit tous ceux que la nature produits dans nos contrées. Au-dessus d'un Mercure s'élevant dans les airs, notre artiste, pour désigner Priape, imagina de représenter une courge, entortillée de

Page 1