XIII. Pégase
Un homme portant un bouclier sur lequel est représenté Pégase.
line femme, la chevelure au vent, tient, de la main droite, un gouvernail.
« En dépit du texte de Vasari, et, sans tenir compte du style, qui est sans conteste celui de Peruzzi, ces peintures ont été attribuées à Daniel de Volterre, peut-être à la suite d'une confusion produite par la similitude de deux noms : le Palais Farnèse où. en effet, Daniel travailla (voir p. 519) et le Palais de la Farnésine où il ne fut pas employé. D'ailleurs, la facture de Peruzzi est si caractéristique, qu'il ne peut y avoir d'erreur. Pour bien le comprendre, il est nécessaire de le considérer, non pas comme un peintre, ou un architecte, ou un sculpteur, mais comme un homme combinant en lui ces trois branches de l'art. La Loggia ne doit pas être examinée, morceau par morceau, mais dans son ensemble, en tenant compte de l'arrangement architectural, de l'équilibre géométrique, et de la place de chaque composition. Le résultat de cette étude montre une unité harmonique sans aucune discordance. Peruzzi était un homme
LA FARNÉSIiNE.
se servant de la règle et du compas, un maître de la perspective, un mathématicien. L'étude de l'antiquité l'avait familiarisé avec la forme de l'art grec classique » (Cn. et Cav., iii, 390 et sq.}.
Dans les liinettes.
Sebastiano del Piombo (Sebastiano Luciani, dit). — Éc. vénitienne. 1485; t 4547.
' Neuf sujets empruntés aux Métamorphoses d'Ovide.
« Parmi les artistes qu'Agostino Chigi choisit pour aider Peruzzi dans sa décoration, il faut citer tout d'abord Sebastiano Luciani. La pièce dans laquelle notre artiste vénitien fui placé est la loggia du jardin dans le plafond de laquelle Peruzzi avait déjà exécuté d'admirables compositions Sous ce plafond s'étendait une rangée de neuf lunettes dans lesquelles Sebastiano entreprit d'introduire un nombre égal de scènes empruntées aux Métamorphoses d'Ovide. L'espace qu'il avait à couvrir était restreint; il le remplit, soit avec une seule figure, soit avec des groupes de deux ou trois personnages. Rien n'est plus frappant dans ces fresques que leur manque de convenance pour i'air et la latitude de Rome. Tout y est sacrifié au charme passionné et à la gaîté du coloris. On n'y retrouve aucune trace du classicisme de Peruzzi, de la puissance qu'un artiste désireux de marquer comme peintre de fresques doit déployer. Les compositions manquent d'arrangement, de précision dans le dessin, de type idéal. Elles présentent des signes évidents d'une inexpérience technique pardonnable peut-être à Venise, mais inadmissible à Rome » (Gr. et Cav., ii, sis).
En commençant par la composition, au-dessus de la porte d'entrée :
I. Les filles du roi Cécrops ouvrant la corbeille confiée à leurs soins.
(( Jadis Pallas avait renfermé, dans une corbeille d'osier, Erichton, venu au monde sans mère, et l'avait confié aux trois filles de Cécrops en leur prescrivant de ne jamais pénétrer son secret. Deux d'entre elles, Hersé et Pandrose, se conformèrent à cette recommandation; mais Aglaure, se moquant de la timidité de ses sœurs, détacha les nœuds de la corbeille oti elles virent un monstre moitié enfant, moitié serpent. Une corneille qui, cachée sous le léger feuillage d'un ormeau, épiait les trois sœurs, rapporta à Minerve leur curiosité; mais, pour la punir de sa délation, la déesse relira sa protection à la corneille » (Ovide. Métamorphoses. Livre II, vers 550 à odO).
Les deux sœurs, l'une à droite, en robe jaune et manteau vert, l'autre, à gauche, en robe grenat près de la corbeille; au ciel, la corneille.