VILLA LUDOVISI
Via Lombardia, non loin de la porte du Pincio.
Cette célèbre villa, construite par le cardinal Ludovico Ludovisi, neveu de Grégoire XV, se compose de trois bâtiments, dont l'un, dit le Casino de l''Aurore, maintenant occupé par Técole d'archéologie américaine, est décoré de fresques importantes :
Rez-de-Chaussée.
Plafond :
Guercino (Giovanni Francesco Barbieri, dit II). — Éc. bolonaise. 1591 ; f 1666.
Au milieu : L'Aurore.
Dans un char qui se dirige vers la droite, attelé de deux chevaux fougueux, l'Aurore, en robe grise et manteau rouge, couronnée par un amour, jette dans l'espace des fleurs que lui tend un autre amour assis derrière elle, une corbeille à la main. Devant le char, volent trois nymphes dont l'une porte une urne, qui se dirigent vers trois jeunes filles. Celles-ci, du haut d'une muraille, accueillent avec allégresse la venue de l'Aurore. A gauche, protégé par une draperie que soulève un amour, un vieillard, assis sur les nuages, le torse nu, un manteau jaune sur les jambes. A la partie inférieure, le casino Ludovisi apparaît, au miheu des arbres.
Gravé par Hadamard dans l'Histoire des l*eintres. — « Je ne connais guère de plus belle fresque, ni de meilleur ouvrage du Guerchin. J'estime cette Aurore autant que la fameuse Aurore du Guide. Elle plafonne à merveille, la composition en est également grande et belle : elle a plus de feu et le ton de couleur est infiniment plus vif, peut-être même est-il un peu dur » (Président de Brosses. Lettres familières, n, 66). « Le Guide a des intentions plus poétiques, le Guerchin est plus peintre. L'un et l'autre sont au-dessous d'une création qui demandait tant de délicatesse et tant de grâce. On s'attend bien que les grands clairs et les fortes ombres marqueront ici le passage de la lumière aux ténèbres; mais le pinceau du Guerchin est bien brutal, il faut en convenir, pour peindre une divinité aux doigts de rose. Comment s'élever de l'épaisse atmosphère du naturalisme à ces palais de vermeil qu'habite l'enfance du jour, à ces régions éthérées d'où descend le dieu de la lumière, qui est aussi le dieu de la poésie» (Ch. Blanc. Histoire des Peintres).
Sur les côtés : Le Jour.
Sur un nuage est assis un génie, nu, un manteau jaune sur les