Portrait d'homme (ii
De trois quarts, tourné vers la droite, tête nue, regard sarcastique; longue barbe et cheveux châtains; dans la main droite, un gant; l'autre main, sur la ceinture.
H,, 0,76; L., 0,58. T. — Fig. à mi-corps, gr. nat. Ce portrait ne semble à Morelli (235) ni de Moroni, ni même vénitien. « 11 y a un caractère énergiquement sculpté dans cette tête en poire, à la longue barbe de bouc, aux yeux rusés et ironiques. II y a aussi une grande intensité de relief obtenu par des procédés très simples et défini au moyen de petites lueurs argentines » [€at., si).
Ortolano (Giovanni Batlista Benvenuti, dit L'). — Éc. ferraraise. 14...(?); f 1529..
*590. Déposition de croix {w).
Au premier plan, est étendu, sur un linceul blanc, le Christ, tourné vers la gauche, le haut du corps soutenu par la Vierge, en robe bleue, qui le regarde avec attendrissement et soulève son bras droit. A gauche du Christ, la Madeleine, en robe brune et manteau vert. A droite, un donateur, en manteau noir à col de fourrure, loque noire, agenouillé, de profil, tourné vers le Sauveur; au second plan, debout, saint Jean, en prière, les mains croisées, en robe verte et manteau rouge; au milieu, un disciple, en tunique grise, avec les manches retroussées, coiffé d'un turban bleu à rayui es jaimes, tenant, des deux mains, les pans du iinceul, se tourne vers Joseph d'Ariuialhi vêlu d'une robe brime et portant les clous et le marteau ; à gauche, une sainte femme assise, en robe viuletle, manteau rouge, voile blanc ; au fond, saint Christophe, l'Enfant Jésus
GALERIE BORGHÈSE
CALEUIE nOUGIIÈSE.
sur ses épaules, traverse le Jourdain; sur la rive opposée, des cavaliers dans un village. En avant, la couronne d'épines et un cartel.
H., 2,64; L., 2,02. B. — Fig. gr. nat. — Il y avait autrefois à Ferrare deux Dépositions de croix de la main de Benvenuti, l'une dans l'église S. Cristoforo degli Esposti (c'est vraisemblablement celle que possède le musée Borghèse), l'autre, dans l'église délia Madona délia Porta, qui est au musée de Naples. Attribué autrefois par Morelli au Garofalo. A rapprocher du Saint Sébastien par Benvenuti à la National Gallery. « L'Ortolano a souvent été confondu avec Garofalo, dans son œuvre principale, la Descente de croix du palais Borghèse, qui est le chef-d'œuvre de l'école contemporaine de Ferrare » (Burck., 711). « Dans ces deux tableaux, nous nous trouvons en face d'un maître qui a beaucoup d'affinités avec Dosso et qui sait tirer de sa palette des effets certains : le bleu saphir (les manteaux, les rouges de rubis et les verts d'émeraude des autres vêtements, et les blancs d'une fraîcheur que le temps n'a pas assombrie. 11 sait envelopper les couleurs émaillées d'un profond clair-obscur, laisser perdre, dans le vague, quelques contours, former de fortes masses d'ombre et donner un puissant relief aux ligures • (Cal., i89j. « Dans ce tableau, on admire l'œuvre d'un artiste dont Morelli a nié l'existence, et qui est très supérieur au Garofalo et que Dosso put à peine égaler » (W. Bode, Jahrbuch, 1887, 131).
Palma (Jacopo), dit Palma Vecchio. — Palma le Vi^ux. — Éc. vénitienne. 1480; \ 1528. à * 106. Lucrèce (m).
Un peu tournée à gauche, très blonde, les cheveux épars,elle s'apprête à se frapper d'un poignard. Une draperie verdàtre, jetée sur son épaule gauche, laisse voir sa chemise à petits plis. Fond sombre.
H., 0,78; L., 0,56. B. — Fig. en buste gr. nat. — Catalogué autrefois comme étant d'un élève du Titien. L'attribution à Palma Vecchio a été donnée par Morelli (241) qui croit ce tableau de l'époque où ce peintre avait une si grande similitude avec Lorenzo Lotto, de 1510 à 1514. C'est là le type des belles femmes blondes qu'il a si souvent répété. Une autre Lucrèce, exécutée plus tard par Palma, se retrouve aux Uffizi. « Ce tableau, dans sa facture, ne semble pas achevé; comme il y manque les frottis et les glacis, les cheveux blondissants, à peine préparés, n'ont pas la splendeur dorée des chevelures des femmes de Palma ; la chair rosée n'a pas ses bruns vigoureux et sains, et la main convulsée qui tient le poignard ne présente pas les dégradations de ses demi-teintes habituelles » {Cat., 87).
*165. La Vierge f V Enfant Jésns, de)i Saints et une donatrice (iv).
Au miUeu, l'Enfant Jésus, assis sur les genoux de la Vierge dont il tient la ceinture de la main gauche, bénit, de la droite, la donatrice. Celle-ci, agenouillée à gauche, les mains jointes, en corsage grenat bordé de perles, porte au cou une chaîne d'or retenant un bijou. Au second plan, saint Antoine, vu de face ; à droite, saint Jérôme lisant. Derrière le groupe divin, une draperie verte tendue ; au fond, à gauche, dans un paysage, saint Jérôme devant une grotte, et, à droite, un moine, au pied d'un arbre, devant une église.
H., 0,71; L., 1,08. B. — Fig. à mi-corps, pet. nat. — Peint entre 1514 et 1518 d'après
MoREMi (242). L'éclairage est tout à fait celui de Lotto. « La tête de la Vierge, de type bergainesque, n'a point le grandiose des femmes blondes de Palma.... Le coloris est intense et harmonieux, le modelé est un peu rond et mou, le dessin n'est pas excellent, spécialement dans les plis des vêtements et le corps de l'Enfant, dont une jambe est défectueuse, dont les bras sont mal attachés et plus mal modelés encore. Le fond est soigné, c'est le report d'une étude d'après nature » {Cat. 107).
Paolo Veronese (Paolo Caliari dit). — Paul Véronèse. — Éc. vénitienne. 1528; tl588.
*i01. La Prédication de saint Antoine de Padove aux poissons (in).
Au milieu, du haut d'un rocher, au pied duquel se tiennent trois assistants, le saint, un lis à la main, se tourne, à droite, vers la foule, tandis que les poissons, à sa voix, montent à la surface du lac, qui s'étend vers la gauche. Fond de rochers et de montagnes.
H., 1,12; L., 1,57. T. — Fig. 0,i5. Agrandi dans la partie supérieure. — Ce tableau, que RinoLFi signale dans la collection Borghèse, est considéré par Morelli (240) comme une œuvre d' îlève, de Zelotti, par exemple ; « cet artiste n'a cependant pas, de l'avis de M. Venturi, la vivacité et la fraîcheur de son maître Véronèse, qualités que l'on retrouve ici » {Cat., 85). Burckhardt, au contraire (765), attribue ce tableau à Paul Véronèse et lui trouve, avec raison, un grand intérêt par l'exquis effet de soir sur le rivage.
*137. Prédication de saint Jean-Baptiste (m).
Au milieu, devant un bouquet d'arbres, saint Jean, vêtu d'une peau de bête et d'un manteau rouge, s'appuie de la main gauche sur un long bâton portant la banderole avec inscription : Ecce agnus Dei, et se tourne, à droite, vers une femme agenouillée, vue de dos, avec un enfant, et trois hommes, en turbans, vêtus, l'un, au premier plan, d'un pourpoint jaune et d'un manteau bleu, et le second d'une tunique verte à manches rouges. On ne voit que le visage du troisième. Au fond, à gauche, trois femmes regardent le Christ qui s'avance.
H., 2,08; L., 1,4.0. T. — Fig. gr. nat. — Appartenait déjà à la famille Borghèse en 1613. Peut- être est-ce là le tableau donné en 1607 par le patriarche d'Aquilée au cardinal Scipione? Attribué par Morelli (248) Battista Zelotti. Intitulé par Burckhardt (765) le Baptême du Christ, par Paul Véronèse. « Tableau offrant un grand intérêt par la révélation qu'il nous donne du procédé technique de l'artiste ». « C'est une peinture claire, fraîche, moderne. Les hgures qui se trouvent à côté de saint Jean-Baptiste sont ensoleillées. Le soleil ravive le satin et le velours rosé, rouge et jaune des vêtements; il tombe par taches sur un manteau oriental à ramages pointillés, il rejaillit parmi les branches des arbres à droite.... Les figures du fond sont à peine ébauchées par touches rapides, de premier jet » {Cat., 98).