GALERIE NATIONALE D'ART ANCIEN
au Palazzo Corsini.
Lungara, vis-à-vis La Farnésiiie.
Le Pahis Riario alla Lungara appartint primitivement à Christine de Suède, qui y installa sa magnifique collection d'œuvres d'art et y mourut en 1689. Il devint, dans la suite, la propriété du Cardinal Néri Corsini, neveu du Pape Clément XH, qui le lit transformer et reconstruire en ])artie vers 1757. a C'est une des plus magnifiques demeures de Rome. Ferdinand Fuga en fut l'architecte et sut masquer les vices de sa construction par un certain grandiose qui étonne. On y entre par trois grandes portes, celle du milieu conduisant à la Cour et aux jardins qui s'étendent- jusqu'au Janicule, les deux autres s'ouvrant sur un double et superbe escalier orné de marbres et de statues antiques et dont les deux bras vont se réunir au premier étage où se trouve la galerie de tableaux » (Armengaud, Rome, 342).
Cette collection est celle qui fut commencée par le cardinal Néri avec l'aide et le conseil de son secrétaire, Monsignor Boltari. a Avec une énergie supérieure à celle d'un homme ordinaire, cet amateur passionné des œuvres d'art parcourut l'Europe, et rapporta, de ses voyages, des livres, des estampes, des tableaux qu'il réunit dans son palais. Le 1" mai 1754 cette collection fut ouverte au public qui applaudit à la générosité du cardinal et aux graveurs qui reproduisaient les morceaux les plus importants de cette galerie. Parmi les planches les plus précieuses, il faut citer : Le Sacrifice de Noé au sortir de Varchc, d'après Poussin, par Frey, et le Portrait du Pape Paul III, d'après Raphaël (devenu, par une nouvelle attribution, le Portrait du Cardinal Corsiîii, par Titien), de la main de Rossi » (Venturi, Le Gall. Nazio., 1806).
Le Palais et ses importantes collections furent acquis par l'Etat, en 1885, après le vote d'une loi concernant l'aliénation des collections interdites dans la province romaine depuis 1871. A l'acte de vente, le prince Corsini fit ajouter cette déclaration qui mérite d'être reproduite : « Le prince Corsini entend que cette vente soit subordonnée à la condition expresse que ce palais historique sera exclusivement consacré aux Académies scientifiques et spécialement à l'Académie royale des Liîicet
et des Musées. T.'iudis qu'il poiu voiL à ce que l'œuvre glorieuse de ses ancêtres soit dignement conservée, il veut en faire profiter les grandes études et les beaux-arts et donner à Rome une preuve de son attachement, en offrant, à l'Etat et à l'Académie, la pinacothèque et la bibhothèque que renferme le palais. »
En 1895, la collection de la famille Torlonia vint s'ajouter à celle des Corsini ; un décret du 16 janvier 1894 avait approuvé une convention conclue entre le Ministre de l'instruction publique et cette famille. Bien que ces deux collections fussent placées dans des salles séparées, on tâcha de les réunir, en quelque sorte, par ordre chronologique et histnrique. La nouvelle galerie, ainsi composée, fut inaugurée le 9 juin 1895. Comme le dit le rapport adressé au Roi par le Ministre de l'instruction publique, « on fondait une institution servant de complément naturel aux musées des collections préhistoriques et classiques de Rome. Ainsi réunies, elles représentaient et permettaient de suivre le développement de la vie et de l'idéal de la Patrie. »
Avec les collections Corsini et Torlonia, on exposa d'autres tableaux offerts par l'Académie royale des Lincei et provenant du Mont-de-Piété. Un sait que, dans la vente aux enchères publiques des tableaux déposés en gage au Mont-de-Piété, quelques œuvres d'une rare importance furent dispersées, entre autres un Sotticelli acheté par le sénateur Morelli, aujourd'hui à Bergame, et deux tableaux de Paolo Uccello dont on a perdu la trace. Les tableaux sans acquéreurs, transportés dès 1895, au Palais Corsini, furent disposés dans les salles et inscrits dans les catalogues dressés à cette époque, suivant les attributions qui avaient été données par des critiques d'art et des artistes tels que Overbeck, Agricola, Bompiani, G.-B. Cavalcaselle, etc., attributions qui, dans la suite, ont été reconnues souvent inexactes et ont été modifiées. Depuis 1895, un grand nombre d'œuvres d'art très intéressantes sont venues enrichir le Musée National par dons, legs ou achats. En 1898, en vertu d'une convention intervenue entre le Ministre de l'instruction publique et le prince Barberini Colonna di Sciarra, plusieurs tableaux parmi lesquels le Portrait de Stefano Colonna, par Le Bronzino, devinrent la propriété de l'Etat.
Sous la direction du professeur Comm Ad. Venturi, membre associé de l'Institut de France, cette collection s'augmente de jour en jour et est devenue l'une des plus complètes et des mieux installées du royaume d'Italie
* Voir les articles de M. Veîituri dans la CoU. publiée par les soins du Ministère de l'instruction publique ; U Gallerie ISazionali Italiane, années 18%, 1897 et 1902.
GALERIE C0RS1>"I
Alamanni (Pietro) di Ascoli. — Éc.des Marches. Fin du xv^ siècle. *718. Saint Michel (viii).
Bardé de fer, l'archange, de trois quarts tourné vers la droite, foule au pied le démon, sur le visage duquel il appuie sa lance; de la main gauche, il tient une balance ; dans l'un des plateaux, est un enfant, en prière. Au second plan, une balustrade. Fond doré.
H., 1.38; l.y 0, 41. B. — Fig. 1 m. — Provient du Mont-de-Piété. — Attiibution donnée par M. Venturi. Le Galterie Nazionati, 1896. « C'est là l'œuvre d'un rude élève de Grivelli, de ce Pietro Alamanni d'Ascoli qui traçait les contours de ses figures avec un gros trait noir. »
Alunno (Niccolo di Liberatore ou Niccolo da Foligno, dit). — Éc. ombrienne. Vers 4 430; f 1492.