CHAPITRE VII
I. Ce que le droit et l'usage avaient à Rome de caractéristique en ce qui concerne les testaments. Les successions par intestat étaient à Rome Texception. Importance que les Romains attachaient à l'exercice de leur droit de tester.
— A cause de la fragilité de la matière sur laquelle étaient écrits les testaments, nous n'avons que des extraits assez peu nombreux et assez courts des testaments anciens. — Ce qu'il y a d'essentiel dans la forme des testaments et dans les règles qui les concernent. Testament per ses et lihi'am. Cohéritiers; manière d'indiquer les parts de succession. — Ouverture des testaments. — Restrictions apportées plus lard par la loi à la liberté du père de famille. — Testaments des soldats. — Avec quelle rapidité et quelle facilité on s'enrichissait à Rome par le moyen de legs et d'héritages.
ILLescaptations. — Combien ellesétaienl devenues fréquentes. Vanité et ineflicacité des remèdes par lesquels Auguste essaya de combattre le mal. La captalion était au \" siècle un art véritable qui avait ses règles. Habiletés par lesquelles le captateur et celui ou celle dont il guettait la succession tâchaient de se duper mutuellement.
l!L Les faux. — Est-il vrai qu'ils aient été fréquents, souvent impunis? Comment les faussaires essayaient de prévenir toute poursuite.
IV. Les testaments et les captations d'héritages dans l'art et dans la littérature. Les pugillares des bas-reliefs. Pièces de théâtre où étaient raillés les captateurs et leurs intrigues.
— La satire II, n, d'Horace. — La fin de notre Satyricon.
On ne mourait pas à Rome beaucoup plus qu'en d'autres villes, mais on y testait bien davantage, et
bien plus qu'ailleurs on s'y occupait de lestaments, les uns soucieux de bien indiquer ce qu'ils laissaient et à qui ; les autres plus soucieux encore d'atteindre, par un moyen quelconque, tout ou partie de l'héritage d'autrui, c'est-à-dire la fortune ou un lambeau de fortune subite, inespérée. Gibier et chasseurs, tout occupés d'échapper ou de saisir, dépensaient à cela l'effort de leur intelligence et ce qui leur restait de vie. Quand les moyens honnêtes n'avaient pas chance de réussir, on usait des autres, surtout de flatteries et de cajoleries, de ruses et d'intrigues. N'a-t-on pas le droit d'être ingénieux, quand il s'agit de forcer la fortune? Le but justifiait sans doute les moyens en cas de succès ; mais en cas d'échec, combien c'était prêter à rire!
La captation, qui est de tous les temps et de tous les pays, n'a jamais tant fleuri qu'à Rome au 1" siècle. Où elle ne suffisait pas, on recourait aux faux, qui ont dû souvent rester impunis.
La littérature du temps a reflété en maintes descriptions railleuses ce travers de la société de l'empire. Les portraits des capta teurs, de ceux qu'ils dupent ou de ceux qui les dupent, y abondent. Chez les satiriques, le sujet est traditionnel. Ce que nous fournissent la loi, les mœurs, l'histoire sur cette partie de la vie romaine est ainsi complété de la manière la plus heureuse par l'œuvre des romanciers et des poètes.