Histoire- Auguste, Avid., ix, i
iO ROME ET l'empire.
Les Pompéiens se consolèrent par Torgueil que leur avait donné leur victoire incontestée sur leurs voisins. Ils en avaient consacré le souvenir par des monuments, et Ton a trouvé en 1869, près de l'amphithéâtre, une fresque où Ton voit l'amphithéâtre avec des combats livrés sur les gradins, à l'entrée et dans les rues voisines * : le sujet ne fait pas doute; il s'agit là du fameux exploit, cher aux Pompéiens.
Après la petitesse des rues et des monuments, le voyageur s'étonne surtout de ne voir aux maisons ni toit, ni couverture. Il se croirait volontiers transporté dans ces constructions d'Afrique, où la température douce ou égale rendait inutile l'usage des toits '. Mais ceci est l'œuvre du Vésuve : quand la ville subsistait, les maisons avaient leurs toits et même leurs balcons. Il faut donc par un effort d'imagination les rétablir, ce qui n'offre de difficulté que pour les grands édifices, où la décoration reste très douteuse et n'est souvent restaurée, par nos architectes, qu'à grand renfort d'hypothèses.
Les maisons particulières se distinguent bien plus des nôtres par ce fait que les fenêtres donnent toutes ou presque toutes à l'intérieur. Sur la rue, les façades étaient occupées, dans les rues commerçantes, par des boutiques [labernœ) très peu profondes ; dans les autres rues, les maisons n'offraient
\. Le dessein est reproduit dans Overbeck-Mau, p. 14. 2. Tel était le Praetorium de Lambèse : M. Boissier, VAfnque Romaine, p. Hl.
A poMPÉi. a
qu'un mur uni, assez rarement décoré. On a voulu expliquer cette disposition par des raisons d'hygiène. Il suffisait peut-être de remarquer que les anciens, dont la vie se passait presque entièrement hors de chez eux, pouvaient très justement désirer, quand ils y rentraient, se trouver de tous côtés à Tabri des curieux *.
Les rues y perdaient sûrement en animation; et cela d'autant plus qu'on n'usait pas, pour ainsi dire, de voitures dans la ville même ; elles ne servaient que pour aller à la campagne. II n'y avait donc de très vivants que les édifices publics, les portiques et les quelques rues où les boutiques étaient fréquentées.
Toutes les constructions de Pompéi paraissent au premier coup d'œil dater de la môme époque. On sait pourquoi. La ville, fortement endommagée par le tremblement de terre de 63, venait en effet d'être reconstruite, et même ne l'était pas encore entièrement, quand elle a été enfouie sous les cendres du Vésuve. Telle est l'apparence, mais en y regardant de près, en observant surtout la nature des matériaux employés, on reconnaît plus d'un replâtrage; à travers et sous le Pompéi de 79, on découvre les restes d'une ou deux villes plus anciennes. La dernière restitution, celle qui suivit l'année 63, n'est nullement dissimulée. Sans parler de l'inscription du temple d'Isis, qui avait dû être