‹ Rome & l'empire aux deux premiers siècles de notre èreChapitre 12 sur 246 · On a trouvé dans la maison des sceaux de A» Veltlus Con · texte numérisé non relu

On a trouvé dans la maison des sceaux de A» Veltlus Con

E. Tho

HACHETTE &C¥.TtoM.

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Porte d< Capou.e

A POMPEI. 5

à découvert en 1895, est à Test de la maison du Labyrinthe *. Elle contient un beau laraire; des peintures de sujets analogues à ceux qu'on connaît déjà; surtout un très beau péristyle. Elle attirera Tadmiration des touristes, non pas seulement parce que tout voyageur désire voir les peintures et tout Fameublement dans leur vérité vraie, tels qu'ils sont quand ils arrivent au jour; mais surtout pour la raison suivante. Jusqu'ici tout ce qu'on trouvait, était porté au musée de Naples; d'où cet inconvénient double, qu'à Pompéi, les maisons dépouillées et vides n'avaient pas leur véritable aspect, et qu'à Naples, peintures, sculptures, objets, d'art étaient dispersés, sans qu'il restât rien de leur cadre naturel. Pour la maison récemment découverte, on laisse autant que possible tout en place. C'est donc ici et ici seulement qu'on verra ce qu'était au vrai une maison pompéienne.

Si l'on veut voir la ville du dehors, on se heurte à cet inconvénient que tout le littoral du golfe de Naples n'est que fort peu élevé au-dessus de la mer. Pour dominer Pompéi, il faudrait regarder la ville des collines qui entourent Naples ou du Vésuve ; mais à cette distance, si l'on découvre les

viva, et le même nom se retrouve dans les tablettes du banquier Jucundqs. Voir, sur les Vettiû Willems, Les Élections municipales à Pompéi, p. 100, n. H.

i. On trouvera une description très précise des résultais de ces fouilles, donnée par M.Mau,dans le premier fascicule des Mitlheilungen Roms, XI (1896).

murs blancs, comme les tombes d'un cimetière, il n'y a pas de vue d'ensemble vraiment nette. Si l'on se place en bas, près de la mer, pour voir la ville d'ensemble le regard peut en embrasser une partie, du chemin qui va de l'amphithéâtre à la station. De ce côté les murs de la ville dominaient le dehors, et les maisons s'élèvent audessus des murs, de sorte que les habitants pouvaient de cet endroit découvrir la campagne et aussi avoir la vue de la mer.

Je n'ajoute qu'un mot sur une question assez intéressante très discutée par les savants : du côté de la mer, la ligne du rivage n'a-t-elle pas changé? La mer est aujourd'hui à deux kilomètres environ de la ville : ne s'en approchait-elle pas autrefois beaucoup plus près?

Il s'était formé là-dessus une sorte de légende. Aujourd'hui encore le guide, qui montre l'amphithéâtre, assure au visiteur que la mer venait jusqu'à cette place, ce qui permettait de donner dans l'arène des naumachies. On raconte encore qu'en 1831, un ingénieur de marine ayant trouvé dans une ferme une plantation de cyprès, s'avisa que ces troncs étaient d'anciens mâts ; l'imagination aidant, il crut, ou l'on crut autour de lui avoir rencontré le navire même qui avait amené Pline au pied du Vésuve. On voulut le dégager : mais les prétendus mâts tenaient bon : ils avaient des racines!

L'un des derniers directeurs des fouilles, M. Rug-

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giero * a profité des travaux de rectification du cours du Sarno faits en 1879 pour élucider la question. Il a vérifié les restes antiques de construction situés entre le rivage et la ville, et exploré, par des puits, la région sur laquelle on avait des doutes, et voici sa conclusion : les plantations et les restes d'édifices prouvent qu'à Test du Sarno, le rivage était le même ou à peu près le même qu'aujourd'hui. A l'ouest de la rivière, la mer, formant une courbure, approchait des murs à peu près à mi-chemin de l'espace qui reste maintenant à sec. L'amphithéâtre a toujours étéé près de deux kilomètres du rivage.

A l'intérieur de la ville, la première impression, très importante, qui répond à la vérité et qu'on oublie trop en citant Pompéi ', c'est que tout ici est petit : d'abord les rues ; il y en a qui n'ont que 3 mètres de largeur ; de même les places ; la plus grande, le forum civile, n'a pas 150 mètres de long, quand telle maison, par exemple celle de Pansa, en a 100. Nous sommes ici dans une petite ville,

1. Voir le mémoire sur la question dans Pompei, Memorie.., Naples, 1819, p. 5 et suiv. ; et p. 33, tab. 1, le plan dont je donne ci-contre une réduction. Cf. les articles de MM. von Duhn et Mau, Rhein. Mus. xxxvi (1881), p. 136 et suiv.

2. Renan avait tout à fait oublié que Pompéi n'était qu'une petite ville, quand il écrivait dans ses Études d^histoire religieuse, p. 413, au bas : •« La vie antique si sereine, si gracieuse dans ses étroites proportions, manquait d'ouverture du côté de l'infini. Voyez ces charmantes petites maisons de Pompéi; comme cela est gai, achevé; maïs étroit et sans horizon! Partout le repos et la joie; partout des images de bonheur et de plaisir. Or cela ne nous suffit plus. »

OÙ les Romains n'appréciaient que le site, sans se soucier de la ville elle-même ou des habitants. Un seul monument a quelque ampleur; il est vrai qu'il répondait à une passion des Italiens, et qu'aux grands jours, il recevait, comme nos champs de course, autant et plus d'étrangers que d'indigènes : je veux parler de l'amphithéâtre, qui pouvait contenir vingt mille spectateurs.

Il est certain que cette étroitesse des rues,, des maisons et de presque tous les monuments, est ce qui étonne le plus un moderne, habitué aux grandes constructions d'aujourd'hui. Mais outre que l'œil s'habitue à cette étendue médiocre et comme réduite, qui se sent moins dès qu'elle est générale; outre que dans un pays où le soleil est ardent, ce mode de construction a ses avantages, nous n'avons qu'à penser à nos petites villes du Midi, à celles d'Italie, aux rues transversales et anciennes de Rome : aussitôt Pompéi, sans prendre rang parmi les grandes villes, aura peut-être quelque chance de nous paraître moins petite.

D'accord avec les proportions restreintes de la ville, le rôle des Pompéiens dans l'histoire a toujours été modeste. D'abord osque, puis samnite, Pompéi, suivant la fortune de Capoue ei de Naples, s'est appuyé d'abord sur Annibal, ensuite sur la fédération italienne, pour tâcher de défendre son indépendance. Puis la cité a dû subir, comme toute la Campanie, le joug de Rome. Son dernier effort fut le siège heureux qu'elle soutint contre

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Sylla en 89. Mais, à son retour d'Asie, le dictateur envoya des colons dans la ville rebelle, qui dès lors s'appela Co/owia Veneria Cornelia Pompeianorwn, Après cette date les historiens ne parlent plus guère de Pompéi qu'à l'occasion du tremblement de terre qui détruisit une partie de la ville en 63, ou à propos de la fameuse éruption de 79 qui la fit entièrement disparaître.

Cependant un incident, survenu en 59, et que rapporte Tacite *, montre quelle population bruyante et tapageuse habitait la ville. Un certain Livineius Regulus, exclu de Rome par le sénat, donnait dans l'amphithéâtre de Pompéi des jeux de gladiateurs. Une querelle s'éleva entre les spectateurs venus d'une ville voisine, de Nucérie, et les Pompéiens. Des injures on en était venu aux coups de pierre, à un combat véritable, aboutissant à un massacre, où les gens de la ville, sans doute plus nombreux et mieux armés, avaient eu le dessus. Les Nucériens vinrent à Rome étaler leurs blessures; les enfants et les parents des morts réclamèrent vengeance. L'empereur renvoya la décision au sénat, celui-ci aux consuls. On décida que, de dix ans, il n'y aurait plus de représentation de ce genre à Pompéi. Marc-Aurèle imposa plus tard le même châtiment à Antioche, après la révolte d'Avidius*. Italiens ou Orientaux, dans toute ville de plaisir, la peine devait sembler dure.

f. Ann., XIV, 17.

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