Martial,!, 66. Cf. 65 et
2. Sans doute on ne pouvait toujours le faire, et, même parmi les classiques, plus d'un conclut tel livre avec la même négligence que Lactance, qui termine ainsi son premier livre des Institutions : restant adhuc aliqua : sed jam finem facere libro decrevi ne modum excédât (il reste encore à traiter quelques points : mais j'ai résolu de terminer ici ce livre j)Our quHl ne soit pas trop long).
l'école. — LES LIVRES. 219
C'est dans la préparation de Tœuvre que le travail de l'auteur ancien était surtout plus pénible que celui des modernes. Songez à tous les services que nous rendent les répertoires chronologiques, index, tables, dictionnaires, atlas; rien de tout cela yi'existait pour Fauteur romain. Il lui fallait se débrouiller dans les rouleaux encombrants, difficiles à manier, sans divisibns intérieures, sans points de repère. Prendre des notes était déjà chose moins simple avec l'usage ancien des tablettes. Quant aux vérifications sur place des originaux qu'ont omises, à notre grand regret, Tacite et Tite- Live, n'oublions pas, qu'inusitées de leur temps, elles étaient aussi infiniment moins commodes que ne le sont celles qu'on fait de nos jours. Sans parler de la poste, de l'imprimerie, de la photographie, de la facilité des communications et des voyages, nos contemporains ont à leur disposition les grandes collections d'archives et les musées; pour le même travail, un Romain devait payer beaucoup plus de sa personne et souvent sans aboutir.
Par contre, nous avons des scrupules que ne connaissait ni l'antiquité, ni le moyen âge : avant tout le souci d'éviter jusqu'à l'apparence du plagiat.
Notre Froissart ne se bornait pas à faire des emprunts à la chronique de son prédécesseur Jean le Bel ; il se l'appropriait, et il l'a incorporées à son ceuvre avec un admirable sans-gêne. Tout historien ancien faisait de même. Il prenait d'ordinaire pour
base de son travail une œuvre précédente qui avait eu du succès. Il la ramenait au goût présent, en renouvelait la langue, lui empruntait avec la suite des faits les jugements et même les expressions. C'est tout au plus s'il croyait nécessaire d'ajouter à cette source principale un très petit nombre d'auteurs, par lesquels il contrôlait celui qu'il avait choisi comme base de son travail et que régulièrement il suivait. On comprend qu'il arrivât à l'historien de profiter, en cours de travail, de l'expérience acquise ; de changer sa méthode ; il lui arrivait même de substituer une source à l'autre, sans avertir le lecteur. D'où la principale difficulté dont s'efforce de triompher la critique moderne, quand, par la. lecture attentive des historiens anciens, elle essaye de reconstituer leurs sources et de retrouver leur méthode de travail.