‹ Rome & l'empire aux deux premiers siècles de notre èreChapitre 159 sur 246 · XXIII · texte numérisé non relu

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l'école. — LES LIVRES. 217

En laissant de côté les palimpsestes et les papyrus d'Herculanum^ nous ne pouvons pas remonter au delà des manuscrits en capitales (iv-V siècle), dont on peut citer comme types le Térence du cardinal Bembo, ou le Virgile du Vatican, illustré de très nombreuses miniatures *.

Nous passons à la librairie proprement dite et à ses usages. Leur influence sur la composition des livres est plu.s grande qu'on ne le croit. Tout idéale qu'elle soit en elle-mêipe, dès qu'elle revêt une enveloppe matérielle, la composition littéraire se détermine, comme disent les philosophes; quand les formes matérielles changent, elle change aussi. Citons par exemple ce qu'ont vu nos pères : la substitution de rin-12 de 3 fr. 50, au grand in-8 de 7 fr. 50; les publications nouvelles, que cette révolution de librairie a provoquées, et tous les changements qui en ont été la conséquence. Il y avait de même, à Rome, des formes imposées par la matière, la disposition, le prix des rouleaux; imposées aussi par l'habitude ou par la mode. Si indépendant de caractère qu'il fût, tout auteur s'y pliait de gré ou de force.

Le format et la publication variaient suivant la nature de l'ouvrage. S'agissait-il de petits vers : on les publiait par livre ou livret [Hhellus] de 200, 300 ou 400 vers : le prix était de quelques sous. I

1. On îi récemment tenté la restitution idéale de ce manuscrit. Voir la lecture de M. de Nolhac à l^Académie des Inscriptions : 20 juillet 1894.

était prudent à Tauteur de faire, avant l'édition, une lecture publique de tout ou partie de ses vers ; sans quoi un acheteur quelconque ou même plusieurs acheteurs y mettaient impudemment leur nom, en prétendant que Tœuvre était de leur cru, et il ne manquait pas de gens, paraît-il, pour les croire *. Il est vrai qu'à la lecture publique, on ne courait pas de moindres risques; tel auditeur, ayant bonne mémoire, retenait les vers et les donnait ensuite comme siens. Depuis un temps qui n'est pas bien long, des congrès, des lois ont reconnu et défendu, chez les modernes, la propriété artistique et littéraire; dans l'antiquité, il n'y a jamais eu de droit aussi méconnu que celui des auteurs : ils n'étaient payés par personne et se trouvaient volés impunément par tous.

S'agissait-il d'une œuvre de longue haleine : on la fractionnait en publications successives, livre par livre, ou groupes de livres, cinq, dix livres (formant la décade), quinze livres ou autres fractions. L'auteur lançait ces publications séparément avec préface et conclusion particulières. S'il était habile, il faisait concorder les sections avec les crises de l'histoire qu'il racontait *.

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