IV. L'art décoratif à Pompéi
V. Le revers. — Les modernes ont, en fait d'art, plus de critique. 11 se peut que l'antiquité n'ait pas même eu l'idée de l'histoire de l'art. Les marchands ont écoulé à Rome toutes sortes de contrefaçons, nombre de copies substituées aux originaux, et bien des statues et de prétendus objets d'art fabriqués à l'avance et vendus à la grosse.
Rome est restée dans le monde moderne la patrie des arts; autour de ses musées sont aujourd'hui
1. Pour le sujet traité ici, je ne puis manquer de renvoyer le lecteur aux Mœurs romaines de M. Friedlânder, où le chapitre sur les beaux-arts est un des plus soignés : voir notamment trad., ni, p. 207 et suiv.; p. 278 et suiv.
groupés des instituts de toutes les nations, où des jeunes gens bien doués viennent puiser l'inspiration à sa source. Il faudrait reconnaître à l'ancienne Rome un avantage à peu près semblable; avec cette différence importante, il est vrai, que les objets d'art, quoique très nombreux dans la capitale, n'y étaient pas concentrés, et que le goût de l'art, répandu jusqu'aux frontières, perdait forcément en profondeur ce qu'il avait gagné en étendue.
Nous pouvons mesurer la distance qui, pour tout ce qui touche à l'art, nous sépare de l'antiquité. D'abord c'est d'elle que, comme nous l'indique le nom lui-même, nous avons reçu les « antiques », qui, depuis la Renaissance, ont servi de modèles à tout le monde civilisé.
Nous objectera-t-on que, pour une comparaison comme celle que nous proposons, il convient de mettre à part les chefs-d'œuvre? En un sujet comme celui-ci, n'est-ce pas cependant à la perfection seule qu'on vise, et n'est-ce pas le génie seul et ses œuvres qui comptent? N'importe. Admettons cette restriction ; restons dans les régions moyennes de l'art; là même et dans le commerce ordinaire de la vie, il faut bien reconnaître que les anciens avaient sur les modernes une supériqrité évidente.
l'art dans la vie des romains. 223