‹ Rome & l'empire aux deux premiers siècles de notre èreChapitre 180 sur 246 · Fray, xv, p · texte numérisé non relu

Fray, xv, p

tète vient de raconter comment un philosophe de son temps a voulu reprendre pour son compte, avec un personnage consulaire, les dialogues socratiques si vantés dans les écoles : la conclusion n'a pas été la même. Le riche qu'on voulait réfuter et confondre, s'est écrié : « De quoi te mêles-tu, mon cher? Est-ce que tu es mon juge? » Il lève le poing et frappe. Et Épictète d'ajouter : « Moi aussi, j'ai eu jadis le goût de ces interrogations ; mais c'est avant de rencontrer un tel accueil * ».

Nous avons donc ici affaire à un philosophe qui connaît le monde profane. Il ne dissimule pas davantage les misères de l'école. Ce maître de philosophie n'a pas le préjugé des « syllogismes », ni celui du livre. Il consacre tout un chapitre des Entretiens^ à tancer ceux qui réclament le temps de lire, d'écrire, comme si tel était le but de la vie! Détachement remarquable de tout ce qui tient à l'école, ce qui est « livresque », que nous retrouverons aussi dans Marc-Aurèle.

Nous aurions souhaité un pas de plus ; nous ne pouvons nous expliquer qu'une telle âme n'ait pas pressenti la grande révolution morale qui allait s'accomplir. Épictète a connu les juifs, leurs cérémonies, leur baptême ; il a remarqué la force de leur esprit de secte, qui les met au-dessus des rebuffades et même des souffrances. De ce côté, comme Marc-Aurèle, Tacite, Pline et les plus grands

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