MARC-AURÈLE
Marc-Aurèle avait connu par Rusticus les livres d'Épictète '. Le césar philosophe continue donc la tradition qui, transmise par l'ancien esclave, s'est chez lui condensée et épurée. Nous sommes dispensés d'énumérer ses titres ; il suffit de le nommer. Ses Pensées sont comme un supplément indispensable des livres saints; c'est le premier des livres mystiques; les meilleurs d'entre nous vivent de sa substance ; il a été pour Taine, pour Paradol, le livre de chevet.
i. Joignons-y Gicéron ; il a connu les juifs, il parle d'eux dans le Pro Flacco; mais dans les traités philosophiques et notamment dans le De Nûiura deorum, il n*y a pas un mot de leurs idées et de leur religion; elle n'était sans doute pour Gicéron qu'une superstition grossière, toute semblable à celle de TÉgypte, de l'Assyrie et de tous les barbares.
2. I, 5 (p. 18) : « Pour la plupart nous avons grand peur de la mort du corps, et nous faisons tout pour ne pas y arriver; mais la mort de l'âme, nous nous en inquiétons peu.... Ceux en qui la conscience et le sens moral sont morts, nous appelons cela puissance d'esprit. «• I, 13 fin (p. 48) : « Vois- tu vers quoi tu tournes tes regards? Vers la terre, vers l'abime, vers les misérables lois des morts; tu ne le tournes pas vers les lois des dieux. »» Cf. saint Paul^arlant du liv^^ de vie, etc.