‹ Rome & l'empire aux deux premiers siècles de notre èreChapitre 224 sur 246 · Calembour sur legei^e : VllI, 15, 1, fin · texte numérisé non relu

Calembour sur legei^e : VllI, 15, 1, fin

son maître ; car si ses pruniers n'ont pas donné de fruits, Pline a su remplir à Laurente ses tablettes ^.

Très jaloux de son inspiration, Pline s'efforce de n'en pas perdre une parcelle : tantôt il va la chercher en haut d'une tour, comme le fera Buffon ; tantôt il se réfugie dans une chambre de travail où ne pénètrent ni les cris des esclaves, ni le bruit de la mer et même des tempêtes; où le jour n'entre que si l'on ouvre les fenêtres '. Là il passe son temps à taquiner la Muse ou plutôt toutes les Muses : car il écrit bien plus en prose qu'en vers. Toujours préoccupé de se corriger, il a de longues conversations et fort animées avec ses livres et ses tablettes ^ Quoiqu'il n'ignore pas qu'on gâte souvent ce qu'on corrige *, il s'efforce de démêler dans ses œuvres leurs défauts cachés. Il sait et répète que la postérité ne tient compte que des ouvrages achevés et parfaits^.

Mais revenons à ses maisons de campagne. Non seulement il saura y travailler beaucoup : mais elles lui fourniront des sujets. Pline a la prétention des écrivains de son temps de bien décrire. Le sujet le plus banal lui est bon : ainsi le débordement du Tibre et de ses affluents ^ ou une visite à la source

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