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PLAN DU PALATIN

LE PALATIN. ù\

et Hortensius, sans compter Catilina, Clodius et Antoine, y avaient eu leurs maisons. Sur ce coin de Rome se réunissaient ainsi les souvenirs glorieux et néfastes des principales périodes de son histoire.

Distinguer aujourd'hui à quelle place précisément se rattachent ces divers souvenirs est chose des plus difficiles, quand elle n'est pas impossible. C'est affaire aux archéologues, qui eux-mt^mes ne dissimulent pas la difficulté du problème *.

Jusqu'à 1860 le Palatin était recouvert de grands arbres; c'était la place des beaux jardins Farnèse où l'on allait prendre le frais. Les fouilles en ont entièrement changé l'aspect. Sauf une propriété particulière assez étendue, la villa Mils, sauf les bosquets du côté de la ville et une légère bordure plus large au sud, ce n'est plus qu'un amas de ruines, souvent grandioses, mais dont la monotonie et l'enchevêtrement peuvent décevoir le visiteur. Il est des parties dont la beauté est sensible à tout le monde : ainsi ce qu'on appelle le stade du Palatin, construit par Domitien et dégagé par l'École française; la maison de Livie, avec ses peintures connues dans le monde entier et qui sont un de nos plus précieux points de repère pour juger de la

1. En dehors des grandes topographies de Rome et du chapitre très clair et très documenté de M. Boissier dans les f*^ Promenades archéologiques, qu'il nous suffise de renvoyer aux livres récents de M. Middleton, The Remains of ancient Rome^ et de M. Lanciani, Ancient Rome. Citons encore les articles de M. Deglane, sur le Palais des Césars au mont Palatin^ dans la Gazette archéologique, XIII" année, 1888, p. 124 et suiv.

peinture ancienne et des fresques de Pompéi. Il y a surtout Tadmirable horizon qu'on découvre de tous côtés : vers le nord, le forum, le Capitole et les collines de la rive droite; au sud, la place du grand cirque et Timmensité de la campagne. Aux souvenirs historiques se joignent ainsi les beautés de la nature, avec une gravité et une grandeur particulières. L'étranger comprend, à la vue de ce spectacle, la passion de ces Romains, qui, quelque temps qu'il fasse, viennent chaque jour s'en rassasier les yeux.

Il est naturel que les spécialistes et môme que les savants ne s'en tiennent pas là, et qu'ils cherchent à reconnaître les constructions successives des empereurs, leurs parties diverses, ou tout au moins leur forme générale; la place des temples, des bibliothèques, des édifices célèbres, antiques ou plus récents, que citent les historiens. Je renonce volontairement à ce détail. Qu'il nous suffise de présenter ici en un seul groupe ces monuments divers qui se trouvaient tous réunis dans cette « citadelle de Tempire » *. D'après M. Deglane *, l'aspect général de la colline se résumerait ainsi qu'il suit : au centre, la maison d'Auguste avec les sanctuaires qui en faisaient pour ainsi dire partie, temples d'Apollon et de Vesta; autour d'elle, le palais des Flavieus qui l'englobe en

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