‹ Rome & l'empire aux deux premiers siècles de notre èreChapitre 48 sur 246 · Aurélien n'est pas divus dans les inscriptions · texte numérisé non relu

Aurélien n'est pas divus dans les inscriptions

peut être pour nous la valeur de ce litre, une fois que nous avons remarqué qu*il n'est pas, dans les historiens du moins, joint aux noms d'Alexandre Sévère * et de Marc-Aurèle *, ce qui eût été cependant le meilleur moyen de lui donner quelque prix aux yeux des modernes? C'est donc qu'au fond le titre de divus était, et qu'on le savait parfaitement vide; il disait encore moins que ce surnom de Pius^ donné à Antonin et que les empereurs ont pris après lui.

Le nouvel élu pardonne ou prétend pardonner à ses adversaires^. Par prudence et conformément à une sorte de tradition, il émancipe ses enfants, et leur remet son patrimoine *.

Le jour de la proclamation, l'empereur accepte toute une série de titres honorifiques : d'Augusta pour sa femme, pour sa fille ; de Césars pour ses fils, et pour lui le titre de père de la patrie^ Yimperium proconsularCy le jus quartœ relationis *. Il

i. Une seule inscription dans Wilmanns,Ej7. Insc.,\e îaUdivus.

2. Il est vrai que Marc-Aurèle a ce surnom dans les inscriptions,

3. Spartien, Hadr., xvii, 4. Quos inimicos habuit... ila neglexit ut uni, quem capitalem habuerat, factus imperator diceret : « Evasisti •• (envers ceux qu'il avait eus comme ennemis, il montra tant d'indifférence qu'à l'un d'eux, son ennemi capital, il dit, quand il fut empereur : <« cette fois, tu échappes »).

' 4. Ainsi fait Julianus, vni, 9. Opposer le mot d'Antonin à sa femme (Anton., iv, 8) que je citerai plus loin, p. 78.

5. Pe-rtinax, y, 6; Julianus, iv, 5. Ce droit consistait à pou- .voir soumettre, jusqu'à quatre fois de suite, une proposition au sénat; mais aucun empereur avait-il besoin de tant insister pour être obéi ?

convient qu'il refuse les honneurs inutiles et qui sentent trop Tadulation : ainsi Julianus refuse des statues d'argent ^ Si le nom de Tempereur exprime quelque qualité [perlinaXy severus, probus)^ on déclare qu'il porte bien son nom *. On reconnaît en lui les vertus caractéristiques des anciens empereurs : valeur de Trajan, piété d'Antonin, modération d'Auguste '. Il est curieux qu'on ne loue pas la qualité la plus nécessaire et celle qui sera la marque des sauveurs de l'empire au moment de l'anarchie, ainsi de Claude d'Illyrie et d'Aurélien : à savoir la vigueur corporelle. Si Auguste ne Tavait pas, on l'avait remarquée en d'autres empereurs. Hadrien avait tué de sa main plusieurs lions. A la fin de sa vie et parmi les empereurs qui suivirent, on ne manque pas de citer les preuves de force qu'ils donnèrent *.

1. IV, 6. Voir VI, 2 et s., le curieux débat entre le Sénat et Alexandre Sévère qui refuse les titres d'Antonin et de Magnus.

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