XXXVI
fournissait au magistrat, à son entrée en charge, ce qui lui était nécessaire : argenterie, chevaux, mulets, vêtements, argent de poche, cuisinier, muletier; si le magistrat n'était pas marié, on y joignait une concubine « parce qu'il ne pouvait pas s'en passer » ; c'était une sorte de mise en route; A la fin de son gouvernement, le magistrat rendait mules, chevaux, muletier, cuisinier, et gardait le reste en cas de bonne administration; autrement il rendait le tout au quadruple, sans préjudice des peines de péculat et des revendications civiles*. N'était-ce pas en vérité tout prévoir?
Mais ce que n'avaient pas prévu ceux qui avaient organisé cette grande machine, c'est qu'elle était ruineuse, même sous les meilleurs princes. Je ne parle pas de leur fortune personnelle, qui allait se perdre dans le reste •; je ne parle pas des démonstrations naïves comme celle de Marc-Aurèle, faisant vendre la riche vaisselle et les bijoux de son palais; mais les empereurs se perdaient par leurs largesses au peuple, devenues peu à peu obligatoires. L'argent dissipé à Rome, en jeux et distributions, était déjà une folie. Celui qu'il fallait accorder aux soldats en donativa ou congiaires