Id., VIII
En principe il y avait des établissements différents, pour les deux sexes*. Quand il n'y en avait pas, la règle était que rétablissement fût ouvert, pour les hommes et pour les femmes, à des heures distinctes, et dans le jour. Mais ces prescriptions étaient sans cesse éludées. On en a la preuve par les décrets d'Hadrien et de Marc-Aurèle interdisant, Tun après Tautre, les bains mixtes [lavacra mixta)^. C'était sans doute une habitude indéracinable puisqu'Alexandre Sévère consentit finalement à les autoriser*.
On devine ce qui devait se passer dans ces grandes salles où s'entassait la foule; tous entièrement nus*, femmes, hommes, esclaves, escrocs et débauchés (curiosi) ; bref toute la lie de l'ancienne Rome mêlée au reste. Une administration publique, le fisc, ne s'avisa-t-elle pas de tirer profit de la nudité des thermes publics pour empêcher qu'aucun Juif échappât à l'impôt auquel Domitien les avait soumis? La rapacité d'aucun gouvernement. n'a pu, ce semble, aller plus loin, ni employer de pires moyens.