SANTA MARIA I) ELI/ ANIMA
« Dans l'église de'Tedeschi, Salviati commença une chapelle à fresque pour un marchand de cette nation, faisant, au-dessus, dans la voûte, des apôtres qui reçoivent le Saint-Esprit, et, dans un tableau qui est au milieu, Jésus-Christ qui ressuscite et les soidats, évanouis, entourant le sépulcre, dans différentes attitudes. Sur une paroi, il fit saint Etienne et, sur l'autre, saint Georges, dans deux niches ; dans le bas, il fit saint Jean l'Aumônier qui fait l'aumône à un petit pauvre nu, et, à côté, la Charité, et de l'autre côté, saint Albert, frère carmélitain, entre la Logique et la Prudence: et, dans le grand panneau, il fit, dernièrement, à fresque, le Christ mort avec les Maries » (Vas., vu, 20). — La partie inférieure des panneaux a été recouverte dans la suite et les peintures de Salviati qui les décoraient ont été remplacées par deux portraits dans un encadrement d'arabesques.
Troisième chapelle :
Coxie (Michel). — Flamand. 1499; f 1592.
Le cardinal Enckenvort dUtrecht et sainte Barbe.
Au ciel, dans une gloire, l'Éternel, le Saint-Esprit et le Christ, en manteau rouge, hénissant le cardinal, agenouillé sur la terre, les mains jointes, les yeux levés vers le Sauveur; à gauche, sainte Barbe, une palme à la main.
Les épisodes de la vie de sainte Barbe que Coxie avaient représentés sur les murailles sont invisibles,
Le cardinal hollandais Enckenvort, appelé Niconfort par Vasari, était venu à Rome à la suite de son compatriote qui avait pris le nom de Adrien VI en montant sur le trône pontifical. Voulant fonder une chapelle dans l'église dell' Anima, il s'était adressé pour la décoration à Sebasliano del Piombo. « Mais l'artiste le remettant de jour en jour, il la fit peindre, en 1552, par Michèle Fiammingo,son compatriote, lequel y peignit des épisodes de la vie de sainte Barbe, à fresque, en imitant très bien notre école italienne, et, sur un panneau, il représenta le cardinal » (Vas., v, 573; vu, S82). Karel van Mvnder (n, 53) parle de cette décoration, qu'il place, à tort, à Santa Maria délia Pace.
Au maître autel :
Giulio Romano (Giulio Pippi dit). — Jules Romain. * Sainte Famille et Saints.
Sur un trône recouvert d'une étoffe bleue, la Vierge, en robe rose, assise, soutient l'Enfant Jésus tourné à droite vers saint Marc, un encrier et une plume à la main, le lion à ses pieds; au second plan, écoutant, saint Joseph. A gauche, le petit saint Jean, sur les degrés du trône, présente au Sauveur saint Jacques en costume de pèlerin, la coquille sur son manteau, son chapeau et son bourdon contre l'épaule ; au ciel, deux anges soutenant une draperie et un troisième s'apprêtant à poser une home, > 17
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couronne de fleurs sur la tête delà Vierge. Au fond, une galerie couverte circulaire donnant sur un jardin, et sur laquelle s'ouvre une porte d'où sort sainte Anne, une quenouille à la main; une poule et ses petits picorent à ses pieds.
Tableau très sombre. D'après Bottari, détérioré par une inondation du Tibre. « Il fit pour Jacopo Fuccheri (Jacques Fugger), Allemand, dans une chapelle à Santa Maria dell' Anima, un superbe tableau à l'huile avec Notre-Dame, sainte Anne (qui ne figure pas sur la toile, à la place que lui donne Vasart), saint Joseph, saint Jacques et saint Jean, enfant et agenouillé et saint Marc, un lion à ses pieds, lequel lion, couché à terre, tenant un livre, avec tous les poils de sa robe tournant dans le sens de sa position; ce qui était très difficile à exécuter et digne d'éloges; sans compter que le même lion porte des ailes avec des plumes tellement souples et fines, qu'il est à peine croyable que la main d'un artiste puisse à un tel point imiter la nature. Il lit aussi une grande maison qui tourne en amphitéâtre avec des statues si belles et si bien arrangées, qu'on ne peut imaginer rien de mieux. Il y a aussi une femme qui est en train de filer et qui regarde une poule et ses poussins; et rien «ne peut être plus naturel ; au-dessus de Notre Dame, il y a quelques enfants qui soutiennent un baldaquin, très bien faits et gracieux ; et si ce panneau n'avait pas été fait si noir, et devenu encore plus noir maintenant, il aurait été certes bien meilleur» (Vas., v, 535). — D'après Lanzi (h, 107), Jules Domain aurait voulu, sous les traits de la Vierge, représenter l'âme à laquelle était consacrée l'église. « Je ne sais si telle a été l'intention de l'artiste, dit Ch. Blanc, mais il est certain que toute la composition est peu mystique. La femme qui regarde la poule et ses poussins, bien que cette vulgarité soit relevée par des draperies savantes, de grandes tournures et de contours choisis, n'est pas à sa place dans un tableau religieux qui aurait pour objet de figurer l'Ame; il n'est guère à propos, non plus, de faire admirer une peau de bête en une peinture de style où se voient des anges qui tiennent un pavillon au-dessus de la Vierge et dont la scène se passe dans un édifice classique, orné de statues. » — Burckhardt (698), est moins sévère pour ce tableau qu'il croit être le premier grand tableau d'autel qu'ait exécuté Jules Romain et dan-s le détail duquel se retrouve, dit-il, la beauté de Raphaël.