‹ Rome: Le Vatican, les eglisesChapitre 114 sur 140 · II. — Chapelle Saint-André · texte numérisé non relu

II. — Chapelle Saint-André

Domenichino (Domenico Zampieri dit II). — Le Dominiquin. Flagellation de saint André. — Fresque.

Au premier plan, à droite, un bourreau, vu de dos, frappe, avec des verges, le saint à demi couché sur un banc. Un bourreau serre avec des cordes les pieds du martyr auquel un soldat, tenant, de la main gauche, la corde qui lie les mains, lui montre, de la droite, le ciel; au second plan, un enfant apporte à un autre bourreau un paquet de cordes. A

SAN GREGORIO MAGNO. Wl

gauche, un soldat écarte la foule qui cherche à voir le supplice; on y remarque deux enfants s'attachant à la robe de leur mère, et un vieillard coiffé d'un turban. Au fond, sur un trône élevé, devant lequel se tient un licteur, le magistrat, le bras droit levé vers le martyr, et de nombreux assistants sous le portique d'un temple; au loin, la ville de Patras avec un autre temple au pied d'un château fort.

Peinte en 1698. — « Le Dominiquin, si doux, animé de si beaux sentiments, sait être bourreau à l'occasion. Tandis que soa condisciple peint, sur la paroi d'en face, la Marche au supplice, lui, au contraire, peint le chevalet même, et pour la contemplation d'une telle scène, il évoque tout un public, surtout de femmes et d'enfants qui dissimulent à peine leur origine, VHéliodore de Raphaël, la Messe de Bolsène, la Donation de Rome, etc. » (Borck., 805). — « Comme nous sommes loin ici des tortionnaires de l'art flamand, à l'aspect ignoble et brutâl, démons sous forme d'hommes. Ces bourreaux du Dominiquin, comme ceux de l'art italien en général, sont de braves gens, sans autre vulgarité que celle de leur condition, d'acceptables gredins qui exercent leurs talents de par l'autorité de la loi, et non des tricoteurs de la croix et du chevalet. Le vieil agent de la police païenne qui, le gourdin à la main, repousse le groupe des amis chrétiens qui voudraient se presser autour du martyr, est un chef-d'œuvre de vérité et de pénétrante observation. Sa physionomie est un mélange de bonhomie italienne et de dureté professionnelle » (Mohtégut, Revue des Deux Mondes, 1870, t. iv, p. 483). — Lanzi (iv, 299), raconte que le Dominiquin, en figurant ce bourreau, cherchait un jour à exciter *n lui-même un sentiment de colère, qu'il parlait seul en faisant des gestes menaçants et qu'Annibal Carraclie l'ayant surpris en ce moment, l'embrassa en lui disant : « Dominiquin. j'apprends aujourd'hui quelque chose de toi », tant il lui parut frappant et vrai, à la fois, que le peintre, ainsi que l'orateur, doive éprouver en luimême ce qu'il veut faire ressentir aux autres. »

Reni (Guido). — Le Guide.

Saint André conduit au supplice. — Fresque.

Au milieu, sur un chemin montagneux, le saint, n'ayant pour vêtement qu'une draperie violette autour des reins, tombe à genoux et joint les mains en apercevant l'instrument de son supplice dressé; à droite, sur une éminence, trois bourreaux à demi nus entourent le martyr que précèdent deux soldats et un cavalier ; à gauche, d'autres cavaliers bardés de fer et des fantassins. Au premier plan, à droite, debout, un homme portant un panier, une mère avec son enfant et une vieille femme 9 assise contemplant le saint ; à droite, un groupe composé d'une femme coiffée d'un turban et parlant à son enfant, d'un jeune homme en tunique verte et manteau rouge et d'un vieillard en costume oriental, le peintre lui-même.

« On dit qu'une vieille femme s'arrêta longtemps devant le tableau du Dominiquin. dont elle montrait et expliquait les détails à un enfant qu'elle avait avec elle, et que se trouvant ensuite devant le tableau du Guide, elle ne fit qu'y jeter un coup d'œil et passa outre. On ajoute qu'Annibal Carrache, étant informé de ce fait, en prit occasion

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pour donner au premier de ces deux ouvrages la prééminence sur le second. » L'anecdote est empruntée à Hellori qui ajoute : « Par cet exemple, Annibal enseigna en quoi consiste la perfection des œuvres de peinture et combien l'emportait sur les autres, Dominiquin pour les mouvements et poui les expressions qui sont le but principal de cet art.... Néanmoins, les yeux de tous se tournaient toujours vers Guido, à cause de la noblesse et de l'agrément de sa touche, bien faites pour plaire de suite, et qui satisfaisait beaucoup plus que tant de merveilleuses parties de Dominiquin » (Bellori, Vite di Pittori. n, 36. Lanzi, iv, 298).

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