SAN ONOFRIO
« Le Dominiquin affecte ici un ton uniformément pâle, et peint toute sa fresque d'une seule couleur jaunâtre qui tient le milieu entre la nuance paille et le blanc, nuance de chair; cette couleur se prête merveilleusement à exprimer des scènes d'une nature purement morale, telles que les Épisodes de la vie de saint Jérôme. Le coloris le plus éclatant serait impuissant à rendre avec autant de vérité l'esprit de ces épisodes dont le drame fut tout psychologique. Il semble que l'on voit ces figures par les yeux et l'esprit, tant elles font l'effet d'ombres, estompées, enveloppées comme elles le sont, d'un nuage, par le ton blafard de la peinture » (Montégut, Revue des Deux Mondes,
1870, t. IV, p. 481).
3° Ravissement du saint.
Le saint est assis à gauche, au pied d'un tertre verdoyant. Il est vu de face, le visage tourné vers la gauche, les yeux levés vers le ciel. Près de lui, un homme étendu sur le sol. Au second plan, à droite, dans une clairière, lui apparaissent trois femmes qui dansent.
« Au début de ses austérités, le bouillant docteur voit, dans la chaleur de ses rêves, les voluptés de Rome qui l'appellent, sous la forme d'un groupe de jeunes filles qui jouent et dansent à l'ombre d'un arbre, dans un élégant paysage digne du Décaméron » (Montégut, id.).
H., 2,40; L., 1,80. — Fig. trois quarts nat. — « Ces trois lunettes du Dominiquin restent l'œuvre la plus parfaite en ce genre » (Burck., 782).
Deuxième chapelle, à droite, sur l'autel:
Carracci (Annibale).
La Vierge et l 'Enfant Jésus.
Sur la maison de la Vierge que transportent à Lorelte trois anges, est assise la Vierge, vue de face, tenant, sur ses genoux, l'Enfant Jésus qui prend de l'eau dans une urne. Deux anges couronnent le groupe divin; en bas, sur la terre, groupe de damnés, au milieu des flammes.
H., 1,50; L., 2,50. T. — Fig. gr. nat.
Près de la porte de la sacristie, au-dessus du tombeau de l'archevêque Giovanni Sacchi :
Pinturicchio (Bernardino di Betto dit II).
Sainte Anne apprenant à lire à la Vierge.
Dans un paysage, au milieu, sainte Anne, drapée dans un manteau bleu, ouvre un livre dans lequel lit la Vierge, debout, à gauche.
Cintré par le haut. — Fig. jusqu'aux genoux, gr. nat. —« Cette composition rappelle, avec quelques variantes nécessitées par l'endroit où elle est placée, le superbe tableau conservé à Valence. Il faut voir, ici, une œuvre d'élève dont le maitre ombrien aurait exécuté l'esquisse » (Steinjiann, Pinturicchio, 89).
326 ROME
Chœur.
La coupole du chœur est décorée de fresques disposées sur trois rangées, œuvres de
Peruzzi (Baldassare).
Au milieu, au-dessus de l'autel :
La Vierge, l'Enfant Jésus et quatre saints.
A gauche :
L'Adoration des Mages.
Devant l'étable, à gauche, saint Joseph et deux bergers adorant l'Enfant Jésus que la Vierge présente au roi nègre agenouillé; à droite, les deux autres rois debout. Au fond, sur les bords d'un fleuve, l'escorte; une ville, à l'horizon.
A droite :
La Fuite en Égypte.
Entre les nervures de la coupole, sur deux rangées superposées. A la partie inférieure :
Le Couronnement de la Vierge. — Les Apôtres et les Sibylles,
A la partie supérieure :
Des Anges musiciens.
Sur l'arc de la voûte :
Six Épisodes de la vie de saint Jérôme.
« Toutes les peintures que Peruzzi exécuta à San Onofric furent menées à bonne fin et avec beaucoup de grâce » (Vas., iv, 591). Consulter Hermanin (Arch. Stor., 1896, p. 521 et sq.)
Cloître.
Au premier étage du cloître attenant à l'église, au fond d'un corridor, dans une lunette, avec un cadre en porcelaine, est conservée, sous verre, une fresque remarquable.