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LE MUSÉE CHRÉTIEN

Ce musée se compose d'une très curieuse collection de tableaux des écoles primitives italiennes (xiV et xv" siècles), principalement par des

maîtres siennois, ombriens el florentins. Ces tableaux sont malheureusement renfermés dans des armoires vitrées, au nombre de dix-neuf, qui ne sont point ouvertes aux visiteurs. Il ne nous est permis, à notre grand regret, (pie d'en donner une description très sommaire et sans pouvoir constater ou discuter la justesse des attributions. Il serait à souhaiter que ce musée devint plus accessible, et que les artistes et les amateurs pussent admirer, de plus près et pendant plus longtemps, ces peintures, dont plusieurs, déjà signalées par Cao> et Cavalgacelle, Buhckhardt, etc., semblent mériter l'attention el l'étude; tout au moins, doit-on désirer que les directeurs de la Bibliothèque vatieane nous en donnent, le plus promptemcnt possible, un catalogue complet, descriptif el documenté1 :

Ghissi (Francescuecio). — Fabriano, xiv siècle. Ecole Ombrienne. Vierge et Enfant (xm).

Sur fond d'or, la Vierge, assise sur un coussin, allaite l'Knfaiil, en répandant, à l'entour, des rayons de lumière.

« Cette peinture est attribuée à Allegretto da Fabriano: nous la croyons de dliissi. dont nous avons déjà parlé, à propos de quelques peintures qui se trouvent a Naples. Il est

1. Le chiffre entre parenthèse indique l'armoire où est renfermé le tableau.

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clair pour nous que les Siennois, beaucoup plus que les Florentins, eurent de l'influence sur l'art de Gubbio et de Fabriano » (Cit. et Cav., St. délia Pit. IL, 1887, iv, 52). Comparer avec le tableau (Vierge et Ange) signé et daté (1375) de Fr. Gbissi, à l'église San Salvatore, de Monte-Giorgio (province d'Ascoli).

Giovanni di Paolo. — Siennois, xve siècle. Annonciation (ix).

Attribution donnée par Cr. et Cav. (It., m, si.)

Lorenzetti (Pietro). — Siennois, xve siècle. Huit panneaux (ix).

1° La lapidation de saint Etienne. — 2° Martyre de quatre saints attachés à des bûchers. — 5° Leurs funérailles. — 4° Un saint, unebaguette à la main, apparaît à un homme endormi. — 5° Un saint agenouillé devant un autre saint. — 6° Mise au tombeau de deux saints. — 7° Une femme délivrée du démon. — 8° Plusieurs figures autour de la châsse d'un saint.

« Malgré leur mauvais état, ces petits tableaux, bien composés, exécutés avec toute la vigueur du maître, sont d'un grand intérêt. Leur ressemblance avec un morceau de l'Académie de Sienne permet de supposer qu'ils proviennent du tableau du maître-autel dei Carminé » (Ch. et Cav., It. u, 121). Dans la dernière édition italienne, les mêmes auteurs ont modifié ainsi leur jugement : « Huit tableautins qui, à l'origine, faisaient partie d'une ou plusieurs prèdclles et qui ont les caractères des travaux de Pietro Lorenzetti. Bien que ces tablettes soient en partie endommagées, si on les compare avec celles exécutées par Simone di Martini à ÏNaples (Eglise San Lorenzo Maggiorc. Saint-Louis, roi de France et cinq épisodes de sa légende), elles se distinguent par une certaine expression de force et d'énergie qui révèle mieux que toute autre chose l'art de Giotto dont Pietro Lorenzetti se rapprocha plus que tout autre Florentin » (Cr. et Cav., Storia délia pittùra in lialia, 1885, m, m).

Le Christ devant Pilate (ni) .

Mainardi (Sebastiano). — Florentin. (?); f 1515. Sainte Famille (vu).

Au milieu, l'Enfant Jésus qu'adorent : à droite, la Vierge; à gauche, saint Joseph; au fond, cinq anges chantant.

Attribution donnée par Cr. et Cav. (It., m, 496).

Nuzzi (Allegretto). — Ombrien, xive siècle. Vierge, saints et donateurs.

Sur un trône, est assise la Vierge, entre saint Michel et sainte Ursule;

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