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Il Pinturicchio ou Pietro Perugino

* Circoncision du fils de Moïse ou Moïse voyageant en Égypte avec Séphora.

« Or, l'Éternel dit à Moïse, au pays de Madian : Va et retourne en Égypte; car tous ceux qui voulaient ta vie sont morts. — Aussi Moïse prit sa femme et ses fils et les mit sur un âne et retourna au pays d'Égypte, et Moïse prit aussi la verge de Dieu en sa main.... Or, il arriva que, sur le chemin, dans une hôtellerie, l'Éternel le rencontra et chercha à le faire mourir. Et Séphora.... » (Exode, IV.)

Dans un paysage, au milieu, un ange, les ailes repliées, vêtu d'une robe blanche, un glaive dans la main droite, arrête, avec la gauche, Moïse qui se rendait en Égypte pour obéir aux ordres du Seigneur, et lui ordonne de circoncire son premier-né. Le prophète, en robe jaune et manteau brun, appuyé sur sa verge, est accompagné de sa femme Séphora , de ses deux enfants, Gersam et Éliézer et d'une suite nombreuse qui occupe la gauche de la fresque, et, dans laquelle on remarque deux jeunes seigneurs, en costumes florentins, un vieillard coiffé d'un turban, deux femmes portant sur leur tête, l'une un vase précieux, l'autre un sac, et des esclaves conduisant un chameau. A droite, Moïse, un de ses enfants à ses côtés, est tourné vers sa femme agenouillée qui circoncit, avec une pierre, son autre fils que tient une servante ; au second plan, de nombreux assistants; au fond, à gauche, des groupes de danseurs; au milieu, rencontre d'Aaron et de Moïse; à droite, une rivière serpentant dans une vallée.

« Cette peinture a été, dans les derniers temps, attribuée à Luca Signorelli. La composition et l'inspiration, aussi bien que le paysage sont péruginesques; mais les admirateurs du peintre ombrien peuvent faire remarquer que le fini, l'harmonie et l'équilibre sont ici moins frappants que dans les deux autres compositions. La vérité est que Pérugin ne donna pas beaucoup de son propre travail à ce morceau. Les enfants sont de Délia Gatta qui fut peut-être aidé lui-même par Pinturicchio » (Gr. et Cav., //., m, ng).

Il est intéressant de comparer ici la façon de comprendre le même personnage par

deux maîtres de la même école, mais de sentiments différents : Le Moïse du Pérugin

celui de droite — est tout idéal ; l'expression du visage du Moïse placé à gaucbe — œuvrede Pinturicchio — est plus réaliste. Voir Stkinmann (Rome.pen.dant la Renaissance).

« Cette fresque est probablement le premier grand ouvrage que Pinturicchio exécuta. Bien que l'ensemble soit plein de l'esprit du Pérugin, et de motifs copiés d'après lui, la composition ne montre cependant pas ses calmes paysages et ses groupes symétriques. Le fond rappelle Fiorenzo, avec ses rochers entassés, ses petits arbres touffus, ses petits personnages, à la mine réjouie, rassemblés sur le flanc des collines, ses palmiers et ses cyprès et le faucon dans l'air poursuivant des oiseaux. Les groupes sont du style de Pinturicchio. Le besoin de concentrer l'intérêt, l'esprit anecdotique répandu çà et là, étaient une des formules de son génie. Pérugin prèta-t-il son concours à son

élève? Je trouve peu de trace de la main de ce maitre, tandis que, en plusieurs endroits, l'exécution est tout à l'ait celle de Pinturicchio. L'ange, au milieu de la fresque, est bien dans son style; les enfants rappellent ceux de la chapelle BulFalini et des appartements Borgia; les deux servantes qui s'occupent, à droite, de l'enfant, Zipporah, la jeune fille, à gauche, tenant sa cruche, présentent des types parmi les plus beaux qu'ait donnés Pinturicchio. » (E. M. Philips, Pinturicchio, p. 42).

II. — *Botticelli(SandroFilipepi dit).— Florentin. I447;f15i0. Quatre épisodes de la vie de Moïse :

1° Le Meurtre de V Égyptien.

'2° La Fuite de Moïse.

5° Les Filles de Jéthro.

4° Le Buisson ardent

« Il arriva, en ce temps-là, lorsque Moïse fut devenu grand, qu'il sortit vers ses frères et qu'il vit leurs travaux; il vit aussi un Égyptien qui frappait un Hébreu d'entre ses frères et, ayant regardé çà et là, et voyant qu'il n'y avait personne, il tua l'Égyptien et le cacha dans le sable. Et il sortit le second jour et deux Hébreux se querellaient et il dit à celui qui avait tort : « Pourquoi frappes-tu ton prochain ? » Mais il lui répondit : « Qui t'a établi prince et juge sur nous? Veux-tu me tuer comme tu as tué l'Égyptien? » Et Moïse craignit... et s'enfuit de devant Pharaon, et s'arrêta au pays de Madian, et s'assit auprès d'Un puits. Or, le sacriticateur de Madian avait sept filles, qui vinrent puiser de l'eau et elles remplirent les auges pour abreuver les troupeaux de leur père, mais des bergers survinrent et les chassèrent. Alors Moïse se leva, et les défendit, et abreuva leur troupeau.... Et Moïse consentit à demeurer avec Jéthro qui lui donna Séphora, sa fille. » (Exode, II.)

1. A droite, Moïse, en Égyple, tue un Égyptien qui venait de frapper un Hébreu; ce dernier se réfugie auprès d'un temple. — H. Au second plan, le prophète s'enfuit, pour échapper à la colère du Pharaon, au pays de Madian. — III. Au milieu, Moïse rencontre, auprès d'un puits, les deux filles de Jéthro qui donnent à boire à leurs troupeaux; au second plan, il chasse les pasteurs qui voulaient violenter les jeunes filles. — IV. A gauche, Moïse, accompagné de sa famille et de ses serviteurs, retourne en Egypte; au second plan, sur le mont Horeb, il enlève ses souliers et s'agenouille devant le Seigneur qui lui apparaît dans un buisson ardent.

« Le compartiment où Botticelli a réuni les principaux traits de la vie de Moïse, au début de sa mission, surpasse, pour la vivacité de l'exécution, tous les ouvrages qui l'entourent; il y a surtout, dans l'épisode des filles de Jéthro, entourées de huit brebis et chevaleresquement défendues par Moïse contre les brigands du désert, un mélange

de poésie héroïque et de poésie pastorale qui ne laisserait rien à désirer, si la figure du libérateur avait été aussi heureusement conçue que ce groupe de jeunes vierges dont l'attitude simple et animée, les longues robes blanches et les tresses pendantes de beaux cheveux blonds, enchaînent si fortement l'attention du spectateur, qu'il lui en reste à peine pour les autres parties de la composition » (Rio, n, 82). — « Dans cette fresque, Botticelli donne tout l'essor à son talent de composition, sans s'inquiéter de l'unité du sujet; il y a, en effet, représenté des scènes qui ne se sont passées ni au même moment, ni dans le même lieu; tel Filippino dans les fresques de Prato. La technique un peu sèche rappelle celle du saint Augustin, en 1480, et les couleurs sont trop vives; les jeunes filles font souvenir des femmes qui accompagnent le Printemps dans le célèbre tableau de Florence ; quant au Moïse, il lui a donné les traits qu'il donne à ses sauveurs, et au fils du prophète ceux d'un Enfant Jésus. Le paysage, traité en ébauche est bien caractéristique du peintre qui a voulu concentrer tout l'intérêt sur les figures. Ici Botticelli ne fut aidé par aucun de sesélèves» (Ulma.nn, Botticelli, 95). — « Cette singulière agglomération de sujets difficiles à décrire en détail, est cependant harmonieuse et rationnelle pour l'œil. Dans les scènes, dans lesquelles l'action est violente, Botticelli montre sa vigueur accoutumée; et, dans la tendresse idyllique, il n'a jamais produit rien qui ait surpassé le groupe des bergères. Dans la procession des Israélites, Botticelli nous donne des groupes empreints de grâce et de vérité ; le grave Moïse, Aaron, au regard sévère, le soldat pensif, qui, d'après Steinmann, représenterait Pier di Cosimo, la tendre mère calmant son enfant qui pleure, le serviteur qui porte un petit chien blotti dans ses bras. Le plein air circule partout, le seul point défectueux est dans la disproportion des figures du fond. La gamme des couleurs dans cette fresque forme un contraste singulier avec les peintures voisines à cause de la prédominance du blanc et du gris clair. Le coloris est presque partout harmonieux » (Pi.unkett, Botticelli, 70). — La maîtrise avec laquelle est peint le petit chien, dans cette fresque, a fait dire à Biskin que Botticelli était l'artiste de son temps qui savait le mieux peindre les animaux.

III. — Rosselli (Cosimo). — Florentin. 1458 1507 ou Piero di Cosimo. — Florentin. 1462; j 1521 (?).

A gauche, sur le rivage, Moïse, en robe jaune et manteau vert, sa verge à la main, entouré de Myriam qui joue du luth à ses pieds, d'Aaron et de la foule des Hébreux, rend grâces au Seigneur; le milieu du tableau est occupé par la mer Rouge, dans laquelle se débattent les Égyptiens. Au second plan, à droite, une ville fortifiée, devant laquelle le Pharaon est assis sur un trône, entouré de ses officiers.

« La submersion de Pbaraon et de son armée est traitée avec toute la lourdeur imaginable, quant au fait principal qu'il a voulu représenter; Cosimo a mieux réussi dans quelques parties accessoires, comme le gros nuage noir qu'on aperçoit au-dessus des dômes et des tours, dans le lointain, et la charmante figure de femme qui entonne le cantique d'actions de grAces, les yeux levés vers le ciel, un genou en terre, et sa lyre appuyée sur l'autre » (Bio, n, ss). — « Dans les fresques de la Sixtine, Rosselli montre tant des traits caractéristiques de Gozzoli que le spectateur peut presque penser que ces deux peintres ont travaillé ensemble » (Cr. et Cav., It., n, 522). — Sciimahzow, au contraire, semble croire que cette fresque est due, pour la plus grande partie, à des élèves de Gliirlandajo, tandis que M. Steinjianx attribue la partie gauche, le groupe des Hébreux rangés autour de Moïse, au pinceau de Piero di Cosimo (Voir Archivio slorien, is<r,, p. 475); D'après cet auteur, le peintre se serait représenté en chapeau noir,

mer Rouge.

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derrière Moïse. Cette fresque a été exécutée pour consacrer la victoire des troupes du pape et des Vénitiens sur Alphonse de Calabre à Campo Morto le 15 août 1481. « Les principaux héros du combat ont été représentés-parmi les assistants : le général Robert Malatesta. en cuirasse dorée ; Virginio Orsini, son principal lieutenant, accompagné de son fils; on remarque également un chevalier et un cardinal portant, l'un une hostie, l'autre un ciboire, le peintre ayant voulu, par un bizarre anachronisme, introduire, dans un épisode de l'Ancien Testament, les symboles sacrés de l'église chrétienne » (Steinmann, Rome, 70).

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