IV. — Rosselli (Gosimo
* Moïse sur le mont Sinaï. — L'Adoration du Veau d'or.
Au second plan, «Moïse, sur le mont Sinaï, reçoit de l'Éternel, qui lui apparaît dans une gloire, les tables de la Loi; derrière lui, un personnage, en robe bleue à manches jaunes, les mains jointes ; au premier plan, en apercevant les Hébreux, adorant le veau d'or, qui s'élève sur un autel, Moïse brise les tables. Parmi les personnages réunis à droite, un groupe charmant formé d'un jeune homme, en tunique verte, chausses et toque rouges, et d'une jeune femme en corsage jaune, manteau bleu, se donnant la main. Au fond, le camp des Hébreux et une ville sur le bord de la mer; à gauche, Moïse, suivi de Josué, présente une seconde fois, au peuple qui les reçoit avec humilité, les tables de la Loi; au fond, le camp des Hébreux.
La première attribution de cette fresque à Cosimo a été donnée par Francesco Cancellieri dans sa description de la chapelle Sixtine; Vasari n'en avait fait aucune mention.
Y. — Botticelli (Sandro).
* Sédition et châtiment d'Abiron, de Korah et de Dalhan.
La scène, sur une place publique, entourée de ruines et monuments antiques, au fond de laquelle on aperçoit un golfe et la mer, est divisée en trois épisodes, dans chacun desquels reparaît Moïse. — 1. A droite, il engage l'assemblée des Juifs à se séparer des séditieux, et les entraîne loin de l'autel (groupe d'une dizaine de figures). Plusieurs portraits: contre le cadre, parmi les assistants, on reconnaît le cardinal Borgia, plus tard Alexandre VI, au visage sévère, et le cardinal Raphaël Sansoni Riario et le peintre lui-même, dans le coin, vu de profil, en béret noir, et tunique noire à reflets dorés; au fond, sur le bord de la mer, une ville fortifiée. Au milieu, l'arc de Constantin ; à droite, une colonnade de palais ruiné à deux étages. — II. Au milieu, près de l'autel, Moïse, drapé dans un manteau vert, de trois quarts tourné vers la gauche, les yeux au ciel, implore le Seigneur; de l'autre coté de l'autel, trois chefs des conjurés tombent à la renverse, un de leurs complices'giï déjà sur le sol; un autre, au fond, se cache la tête dans les mains, non loin
d'Aaron qui balance son encensoir. Près de Moïse, Éliézer s'éloigne, emportant l'un des encensoirs d'airain dont on fera des plaques, dans le temple, pour couvrir l'autel, et « pour servir d'avertissement, afin que nul étranger qui n'est pas de la race d'Aaron n'entreprenne de s'approcher de l'autel, pour offrir de l'encens, de peur qu'il ne souffre la même peine que Korah et sa troupe, selon que le Seigneur l'a prédit à Moïse » {Nombres, xvi). — III. A gauche, les conjurés sont engloutis dans la terre qui s'entr'ouvre, sous un geste de malédiction fait par Moïse. Sur un piédestal, au-dessus, un jeune homme et une jeune femme regardant la scène avec des gestes de terreur. Derrière Moïse, debout, deux assistants, en costumes du xve siècle.
« On eut pu craindre que, dans un tel sujet, l'imagination de Botticelli s'égarât; il eut donc d'autant plus de mérite d'avoir conservé l'unité de la scène qu'il représentait; l'exemple de Ghirlandajo et du Pérugin lui avait servi ; mais la comparaison avec les œuvres similaires de ces peintres montre combien Botticelli leur est supérieur » (Ullmann, Botticelli, 98). Cet auteur croit constater, dans cette fresque, la collaboration de Filippino Lippi qui exécuta probablement les monuments du second plan. On voit d'ailleurs, aux Offices, sous le nom apocryphe de Botticelli, une esquisse, à la plume, pour cette composition, de la main de Lippi, où figure même le Colisée à côté de l'arc de Constantin. — Il faut voir dans le choix de ce sujet le désir de rappeler l'avortement de la révolte de l'archevêque de Carniole, Andréa Zamonetic, qui, pour se venger du pape qui lui avait refusé le chapeau, avait tenté de réunir, à Bâle, un concile. Arrêté, il fut trouvé mort dans sa prison. Voir Steinmaîsn, Rome pendant la Renaissance.
VI. — Signorelli (Luxa). — Florentin. 1441 ;f après 1523. * la Mort de Moïse.
A droite, sur un trône, Moïse lit dans un livre qu'il tient ouvert ; la foule des Hébreux l'écoute avec recueillement; en avant, un vieillard, appuyé sur un bâton, en vêtement violet, manteau jaune, une jeune mère, assise par terre, en robe jaune et manteau bleu, donnant le sein à un nouveau-né, un seigneur, debout, vu de dos, le poing sur la hanche, en chausses rouges, pourpoint bleu, toque rouge à plume, et une femme, tenant un enfant dans ses bras, deux autres enfants devant elle ; au second plan, une autre femme, vue de face, soutenant, de la main droite, un petit enfant assis à califourchon sur ses épaules, se tourne, à gauche, vers un jeune homme assis sur un tronc d'arbre, regardant avec ferveur le prophète, et personnifiant la tribu de Lévi dont les membres faisaient vœu de rester pauvres, d'où sa nudité ; autour de lui, nombreux assistants, dont l'un, en avant, est vu de dos. L'épisode de gauche représente Moïse, remettant, en présence du peuple, sa verge à Josué agenouillé, en robe rouge et manteau bleu. Au fond, au milieu, Moïse descendant du mont Nebo, d'où un ange vient de lui montrer la Terre Promise qui s'étend sur la droite de la fresque, avec des villages, au
ROME
pied de hautes montagnes, sur le bord d'un fleuve. A gauche, de nombreux fidèles, en prière, devant le corps de Moïse étendu à terre, sur un linceul.
« Grâce à une application ingénieuse des lois de la perspective, les divers plans sont ménagés de manière à permettre l'introduction de plusieurs épisodes qui appartiennent à la dernière partie de la carrière de Moïse. Ici, le sujet comportait une certaine rudesse qui aurait été déplacée dans les compositions relatives au Nouveau Testament. Il s'agissait de rendre une série de scènes imposantes qui étaient universellement adaptées aux qualités distinctives de Luca Signorelli. Aus§i, a-t-il su tirer un admirable parti de tous les détails de poésie funèbre dont ce récit est rempli. Ce groupe si varié, auquel Moïse vient lire la loi pour la dernière fois avant de mourir; cette tristesse de Josué s'agenouillant devant l'homme de Dieu; ce beau paysage où l'on voit couler le Jourdain par delà les montagnes, et dont la perspective est embellie à dessein, comme pour faire comprendre les regrets de Moïse, quand l'Ange vient lui dire qu'il n'entrera pas dans la terre promise : tout cela forme une série de scènes mélancoliques parfaitement graduées, dont le seul défaut est d'être resserrées dans un espace trop étroit » (Rio, n, 274.).
« Dans cette belle fresque, on reconnaît l'influence des camarades florentins du peintre, surtout de Gbirlandajo, dans la noblesse calme et la beauté des figures. » (Burck., 379). Il est vraisemblable qu'il fut aidé par Bartolommeo. délia Gatta, comme Pérugin lui-même. On sait, en effet, par Vasart, que Bartolommeo vint à Rome de 1479 à 1486 et qu'il travailla à la Sixtine. On peut lui attribuer, dans cette fresque, le groupe des femmes et des enfants, au premier plan. « Le dessin anguleux, les visages vieillots des enfants, sans expression, se retrouvent souvent, en effet, dans l'œuvre de l'abbé. » (Cr. et Cav., //., m, 59). — « La jeune mère, assise à terre, sur le premier plan, allaitant son nouveau-né, tandis que jouent, derrière elle, deux enfants nus, est l'un des groupes les plus charmants qu'ait inventés la Renaissance » (G. Lafenestre, 256).
2° A gauche : Scènes du Nouveau Testament.