I. — * Le Serpent d'airain
A droite, les Hébreux, hommes, femmes, enfants, enlacés par des serpents, se tordant sous les morsures des reptiles; à gauche, des fidèles regardant avec piété le serpent d'airain enroulé autour d'un màt, au milieu du camp.
« Plus divine que toutes les autres compositions encore, est l'histoire des serpents de Moïse, dans laquelle on voit le carnage de morts que font la plaie, la piqûre et la morsure des serpents; on y voit le serpent en bronze que Moïse plaça sur un mât; dans cette histoire, on reconnaît la diversité de mort de ceux qui sont privés de tout espoir par les morsures: l'on voit le plus atroce des poisons l'aire mourir une quantité de gens par les spasmes et la peur; l'on voit ceux qui, paralysés, ne peuvent pas bouger et qui sont retenus et enlacés par les jambes et les bras, et aussi les très belles têtes qui crient et se débattent désespérées. Non moins beaux sont ceux qui regardent le serpent et s'aperçoivent que leur douleur diminue et (pie la vie leur est rendue, et leurs regards marquent une très grande affection; parmi lesquels, on voit une femme qui est soutenue
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par un homme, de telle manière que l'on sent à la fois l'effort invincible de celui qui la soutient, et le besoin qu'elle avait d'être soutenue dans un tel effroi, avec une telle blessure » (Vas., vu, 175). — « L'homme qui, serré à mi-corps par un serpent, l'arrache avec son bras reployé et se tord, en écartant les cuisses, fait penser aux luttes des premiers humains contre les monstres dont les croupes limoneuses ont labouré le sol antédiluvien. Les corps entassés, mêlés les uns dans les autres et renversés les talons en l'air, les bras arc-boutés, les échines couvulsives, frémissent sous l'enlacement des reptiles; les gueules hideuses font craquer les crânes, viennent se coller contre les lèvres hurlantes; les cheveux hérissés, la bouche ouverte, des misérables tressaillent à terre, pendant que leurs pieds buttent furieusement au hasard dans le fouillis humain » (Taise).