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ÉDIFICES RELIGIEUX SUR LA RIVE GAUCHE DU TIBRE

SANTA MARIA DEL POPOLO

( Sainte-Marie-du-Peuple ) .

Au nord de la place du même nom, contre la porte de la ville.

Cette église fut construite, d'après la tradition, en 1099, par le pape Pascal II, sur remplacement du tombeau de Néron, pour chasser les démons qui venaient la nuit inquiéter les habitants du Pincio. Réédifïée en' 1227, elle fut embellie de 1477 à 1480, sous Sixte IV. Église à trois nefs.

« La façade est simple et d'un bon style ; l'intérieur, construction à piliers avec colonnes engagées, de proportions un peu écrasées, a, par suite de badigeons modernes, perdu tout charme d'architecture; la coupole octogone ne peut plus lutter contre la masse trop large de l'ensemble » (Burck., 105).

Nef de droite :

lre chapelle, dite chapelle de' Venuti, autrefois de la famille de la Rovère, consacrée par le cardinal Dominique de la Rovère, neveu de Sixte IV, à la Vierge et à saint Jérôme.

Les peintures du maitre autel et des lunettes sont de Pinturicchio.

« Dans l'église de Santa Maria del Popolo, il peignit deux chapelles, une pour Domenico délia Rovère, cardinal de San Clément, dans laquelle il fut enseveli, et l'autre pour le cardinal Innocent Cibo, dans laquelle lui aussi fut enterré; et dans chacune des deux chapelles, il représenta lesdits cardinaux; sur l'autel est représentée l'Adoration des bergers avec vin Saint Jérôme ; sur les parois, six lunettes enrichies de très jolis motifs représentant des épisodes de la vie du saint » (Vas., m, 498 et n. 4).

Au maître autel :

* V Adoration de V Enfant Jésus.

L'Enfant Jésus, couché, au milieu, sur le sol, tourne la tète, appuyée une gerbe, à droite vers la Vierge, en robe violette et manteau vert agenouillée devant l'étable, monument en ruine, recouvert d'un toit en chaume, où le bœuf et l'âne sont enfermés. A gauche, saint Joseph, en robe grise et manteau jaune, est assis, endormi au pied d'un arbre, qui soutient le toit de l'étable et à une branche duquel il a suspendu

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sa gourde. Devant lui, saint Jérôme, agenouillé, en robe violette et écharpe multicolore, un lion à ses côtés. Au second plan, deux bergers, l'un jeune, en prière, les bras croisés sur la poitrine, vu de face, l'autre plus âgé, dont on ne voit que le visage, tourné vers la droite. Au fond, des cavaliers traversant un pont jeté sur une rivière sur les bords de laquelle s'élève un édifice à clocher et coupole; à gauche, la cavalcade des Rois Mages passant sous un tunnel creusé dans un rocher, au-dessus duquel paissent des troupeaux. Au ciel, un ange venant annoncer la naissance du Sauveur.

Tableau cintré par le haut. — « Une maladroite restauration a un peu altéré le caractère primitif de l'œuvre; les têtes surtout ont quelque chose d'éteint, de doux, de léger, absolument étranger au style de Pinturicchio. A part cela, les types montrent une analogie frappante avec les Vierges de la chambre du milieu de l'appartement des Borgia, et avec les personnages du tableau de Santa Maria fia Fosse, à Pérouse, qui avait été commandé en 1496, mais qui n'avait pu être terminé qu'après le retour du peintre de Rome, en 1498. La ressemblance est surtout frappante dans la tête de la Madone avec le mince ovale, les sourcils fins et arqués, le nez droit et pointu, la petite bouche et la mèche de cheveux près de l'oreille. L'exécution des parties nues a été faite avec beaucoup de soin et d'une façon extraordinairement réaliste pour Pinturicchio. Cela se voit surtout dans les mains de saint Jérôme et de la Vierge, le pied de Joseph, et l'Enfant Jésus, si peu idéalisé, et répondant si peu aux enfants du Pérugin » (Schmarzow, Pinturicchio, 72). — « L'influence certaine de Melozzo da Forli se fait ici sentir. Le type rond des tètes, la construction du corps entier, les mains petites et potelées aux doigts relativement courts dérivent de l'Ascension du Christ et des Anges musiciens (Voir Saint-Pierre, p. 322) dans la tribune des Saints Apôtres [id., 25).

Dans les lunettes, au-dessous de la coupole, Pinturicchio a représenté des épisodes de la vie de saint Jérôme.

« Dans les lunettes de la voûte, on aperçoit des merveilles dont on voudrait pouvoir étudier les moindres détails. C'est la légende de saint Jérôme, traitée avec une grandeur et une simplicité de style qui contraste singulièrement avec la manière molle et diffuse de plusieurs autres compositions du même artiste. Ici tout est sobre et imposant ; mais il y a une scène qui fait phjg d'impression que toutes les autres, c'est celle où l'on voit le saint, dressé sur son séant, disant le dernier adieu à ceux que la douleur a réunis autour de sa couche » (Rio, Art chrétien, n, 289).

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