V. — * Funérailles du saint
Cette dernière fresque est presque invisible.
« Dans les Funérailles, le peintre a rencontré le pathétique : le vieillard, assis sur son lit de mort, va expirer au milieu de quelques chrétiens venus pour l'assister dans ses derniers moments et tout émus par la sérénité de sa grande âme » (Ch. Blanc, Histoire des Peintres).
La fresque de la première lunette semble à M. Schmarzow (p. 71), tout à fait étrangère à Pinturicchio, « tandis que les autres rappellent ce peintre par leur coloris et le dessin, bien qu'elles ne remplissent pas l'espace donné d'une façon bien heureuse ».
2e chapelle, dite Chapelle Cibo.
Au maître autel :
Maratta (Carlo). — Romain. 1625 ; f 1715.
L Assomption de la Vierge.
Au ciel, la Vierge entourée de chérubins, dans une nuée lumineuse.
ROME
Sur terre, trois docteurs de l'Église : saint Augustin, à gauche est assis au premier plan et écrit; à ses pieds, une crosse; saint Ambroise, debout, au second plan, montre la Vierge à saint Grégoire assis, coiffe d'un bonnet et près duquel vole une colombe. Sur une table, est posée une tiare. Saint Jean, debout, un aigle à ses pieds, est en contemplation.
Décrit longuement par Bellori (m, 194) et cité par Bl'uckhardt, p. 787.
Cette chapelle avait été primitivement décorée par Pinturicchio, ainsi que l'indique Vasari dans le passage cité ci-dessus ; ces peintures ont disparu vers 1700, lors de la restauration de la chapelle par Carlo Fontana, sur l'ordre du cardinal Alderano Cibo.
3e chapelle, consacrée à la Vierge par Sixte IV, décorée par Pinturicchio et ses élèves.
Au maître autel :
*La Vierge et des Saints.
Dans un paysage, au milieu, sur un trône à dossier élevé et richement sculpté avec ornements dorés, est assise la Vierge, de trois quarts tournée vers la gauche, qui soutient l'Enfant Jésus debout sur son genou droit; autour du groupe divin, à gauche, saint Augustin, mitré, appuyé sur sa crosse, et au second plan, saint Antoine de Padoue; à droite, saint François, aux mains stigmatisées, portant un crucifix; derrière lui, saint Nicolas de Tolentino.
A la partie supérieure, dans une lunette, Dieu le Père, vu à mi-corps, entouré de chérubins, bénit d'une main et, de l'autre, porte le globe terrestre.
A gauche :
* U Assomption de la Vierge.
A la partie supérieure, dans une mandorla soutenue à la partie inférieure par deux anges et dont les bords renferment des têtes de chérubins, la Vierge, debout sur un nuage, drapée dans un manteau blanc à fleurs, incline son regard vers la terre et joint les mains. De chaque côté, volent deux anges musiciens. A la partie intérieure, les apôtres réunis autour du sépulcre vide; au premier plan, à gauche, saint Pierre, les clefs à la main. Fond de paysage, avec une ville construite sur le bord d'un lac et un château au milieu des arbres.
A droite, au-dessus du tombeau de J. de la Rovère :
SANTA MARIA DEL POPOLO
Dans une lunette :
Pieta.
Le Christ mort est soutenu par deux anges.
Au plafond, dans des lunettes circonscrites par les nervures de la voûte, sont représentés des épisodes de la vie de la Vierge :
* Naissance de la Vierge.
A gauche, une servante auprès du lit dans lequel est étendue sainte Anne. Au milieu, près d'une bassine, deux femmes donnant leurs soins à l'enfant nouveau-né.
* La Présentation de la Vierge an temple.
La jeune fille, les bras croisés sur la poitrine, s'éloigne de l'autel dressé, au milieu, et surélevé de deux marches, et derrière lequel se tient, debout, le grand prêtre. Au premier plan, à gauche, sainte Anne et saint Joachim; à droite, quatre assistants dont l'un au visage juvénile, encadré d'une chevelure bouclée, montre la Vierge à ses compagnons; au milieu, un petit chien.
*Le Mariage de la Vierge,
Le grand prêtre unit la Vierge et saint Joseph. Sur les côtés, les prétendants évincés, tenant à la main leurs rameaux qui n'ont pas fleuri ; à gauche, un enfant, certainement un portrait.
Cette fresque est presque la reproduction du tableau peint par le Pérugin, en 1497. pour l'église de Fano.
* L'Annonciation.
Dans une pièce soutenue par des colonnes dont les' piédestaux sont ornés d'écussons, au milieu, devant un pupitre richement sculpté, est assise la Vierge, de profil tournée vers la gauche, tournant les feuillets d'un livre. Cinq anges apparaissent à la jeune fille. Trois au milieu, au second plan, deux en avant, sur les côtés.
*La Visitation.
Au milieu, sainte Elisabeth accueille la Vierge qui accompagne saint Joseph, appuyé sur un bâton ; à droite, Zacharie retenant les plis de son manteau.
ROME
A la voûte, au milieu de motifs décoratifs, dans des médaillons, quatre Prophètes, vus en buste, et un Ange musicien.
Sur les murailles, entre les plinthes, des peintures en camaïeu imitant des bas-reliefs et représentant :
Saint Pierre conduit devant l'Empereur. — Saint Augustin prêchant. — Martyre de sainte Catherine. — Mort de saint Paul.
Entre ces compositions, des ligures de jeunes filles également en camaïeu.
« Ces peintures monochromes sont les meilleures de la chapelle, au point de vue de la composition, de l'arrangement et de la proportion des personnages. Elles révèlent la communauté de Pinturicchio avec Signorelli, et la transmission du sentiment énergique de cet artiste au tempérament plus faible de son contemporain, élève du Pérugin » (Cr. et Cav.,2/., t. m, 259). — Schmahzow (p. 24.) ne croit pas que la décoration de cette chapelle soit l'œuvre de Pinturicchio. « Un examen tant soit peu approfondi de l'Assomption nous montre bien vite que cet ouvrage est bien trop mauvais pour être de l'élève de Fiorenzo. La main d'un artiste inhabile se devine dans la petitesse des tètes, dans la maigreur de toutes les formes, dans les vêtements des anges ainsi que dans la Vierge sans vigueur et aux épaules tombantes. Le dessin de la Madone sur le trône, celui de Dieu le Père et des saints est tout aussi défectueux, mais le repos majestueux des visages en atténue un peu les faiblesses. En comparant ce tableau avec les peintures des lunettes et celles en camaïeu, on arrive à constater que ce sont deux élèves de Pinturicchio qui ont travaillé de concert ici. Tous les deux ont quelque chose du coup de pinceau du maître ; ils emploient ses couleurs et arrivent à produire cet effet clair et varié mais sans chaleur. Tous deux s'appliquent à imiter les formes ombriennes, mais ils retombent souvent dans leur provincialisme. Le premier des deux se fait reconnaître par son manque de connaissance du corps humain ; ses petites têtes avec leurs yeux enfoncés et obliques et les nez retombant sur des bouches sans lèvres ont une expression morose. Les mains et les pieds des anges sont dessinés sans aucune idée d'anatomie et ont l'air de pattes d'araignée. Les peintures du fond et les paysages sont assez poétiques, ce qui a fait penser à Malteo Balducci. Les types, les expressions et les détails des costumes et des ornements nous font croire plutôt à l'œuvre d'un Lombard. Il est donc impossible d'admettre que les fresques de l'église Santa Maria del Popolo aient été exécutées par Pinturicchio, c'est-à-dire vers 1485. Les assez bons élèves qu'il a formés plus tard, et auxquels on attribue ces travaux, n'ont donc pu les commencer qu'à une époque bien plus avancée. »
4e chapelle :
Pinturicchio (Bernardino di Betto dit II).
*Les quatre Docteurs de l'Église.
Dans les lunettes du plafond; au milieu, deux génies soutenant un écusson aux armes du cardinal de Lisbonne.
Peints vraisemblablement vers 1489.