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I. Voir Le Louvre, par les mêmes auteurs, n* 1268, p

ROME

rappelle un épisode de la vie du saint. Un jour qu'il avait prêché contre les jeux de hasard, et qu'il avait fait brûler publiquement un grand nombre d'échiquiers et damiers, un tabletier se plaignit qu'il le ruinait. Le saint lui dessina sur une tablette le monogramme du Christ en l'engageant à en fabriquer et à en vendre des reproductions. Le tabletier fit promptement fortune. C'est à cause de ce monogramme qui figure d'ordinaire sur les portraits de saint Bernardin, que M. Cantalamessa, malgré l'inscription citée ci-dessus, a donné à cette peinture le titre que nous avons accepté. Dans un des plus récents numéros de la Rassegna delV arte italiàna, mars 1902, p. 81, M. Maiuotti, s'élève contre cette dénomination et dit que, pour plusieurs raisons qu'il développe, ce n'est pas Bernardin de Sienne, mais bien Jacques délia Marca que Crivelli a voulu représenter ; le même moine se retrouve aux côtés de la Vierge dans un tableau de Crivelli, au musée de Berlin.

* Déposition de croix.

Le Christ mort, assis au bord du sépulcre, sur une draperie de procart rouge à ramages d'or, tourné à gauche, est Soutenu par saint Jean- Baptiste, la Vierge, et la Madeleine qui porte a ses lèvres la main droite du Sauveur; à gauche, un vase de parfums; à droite, un chandelier. Au fond, des chérubins, dans un ciel nuageux.

Signé, sur le tombeau, à droite : OPVS CAROLI CRIVELLI VENETI.

L., 2 m. B. — Forme cintrée.— Fig. à mi-corps, gr. nat. — Provient de la Ma rein3 d' Ancône. Autrefois au musée du Capitole. Transporté au Vatican sous Grégoire XVI. — « Œuvre bien dessinée, d'une douce tonalité, avec quelque chose du goût d'Alunno, très dramatique, surtout dans le saint Jean criant » (Cr. et Cav., IV. It., i, 02).

Domenichino (Domenico Zampieri, dit II). — Le Dominiquin. — Bolonais. 1581; f 1641.

* Communion de saint Jérôme (n).

Dans l'église du couvent qu'il avait fondé à Bethléem, saint Jérôme, affaibli par l'âge, sentant sa fin prochaine, reçoit les derniers sacrements. Le corps et les jambes nues, il est affaissé, à gauche, sur une marche de l'autel, les genoux pliés, tourné de trois quarts vers la droite, soutenu, sous les bras, par un disciple qu'accompagnent trois fidèles; derrière eux, contre le cadre, un oriental, en turban bleu et manteau rose, s'appuie contre une colonne, près de laquelle brûle un cierge ; au second plan, dans l'ombre, de face, agenouillée, sainte Paola, romaine convertie à la foi chrétienne, embrasse les mains du saint. Au milieu, s'avance vers lui, en vêtements sacerdotaux, saint Efrem Scio, qui lui présente l'eucharistie; derrière lui, un jeune prêtre, en dalmatique rose à broderies d'or, portant le saint ciboire; et, entre les deux, au premier plan, agenouillé, un jeune clerc, en surplis blanc, portant un livre. A gauche, dans l'angle, au premier plan, est couché le lion ; dans, le

PINACOTHEQUE

DOMENICHINO (DOMENICO ZaMPIERI «lit II .). I i E DOMINIQUIN.

Communion dû Saint Jérôme.

PINACOTHÈQUE

haut, quatre ju-tits anges descendant du ciel. Au fond, par une arcade cintrée, on aperçoit un paysage.

Signé, au-dessous de saint Jérôme, sur une dalle : DOM. ZAMPERU S. BONON F. A.M.D.C.X.I.V.

If., 4,19; L., 2,56. — Fig. pr. nat. — Gravé par César Testa et J. Frey (Musée Napoléon). — Payé au peintre, alors âpé de trente-trois ans, 60 scudi par les prêtres de l'église d'Aracadi. Transporté plus tard à Saint-Jérôme de la Charité, puis, à Paris en 1797. Le même sujet, traité par Apostino Carraci, se trouve dans la chartreuse de Bologne. - «Quelque opinion que l'on ait d'ailleurs du mérite relatif des deux ouvrapes au point de vue de l'exécution, cette comparaison ne laissera aucun doute sur les emprunts faits par le Dominiquin au travail de son devancier, emprunts un peu trop larpes, il faut l'avouer, et qui justifient asset l'empressement avec lequel Lanfrano distribuait aux amateurs romains l'estampe qu'il avait fait praver d'après le tableau de Carrache, à l'apparition du tableau peint par le Dominiquin • lb m i bu m n ». Vie des Peintres).— « L'œuvre n'est pas belle seulement au point de vue de l'art, pathétique au point de vue de la sympathie humaine générale; elle est encore scrupuleusement conçue selon le véritable esprit de l'histoire. Cette scène d'agonie est semblable à la vie du Saint qui s'écoula tout entière dans une solitude active. A sa mort, comme pendant M vie, quelques rares amis, serviteurs de son génie et messagers de ses volontés, l'.issisti-nt et le soutiennent : il expire, au sein de son étroite famille, loin du monde, et cependant encore au sein du monde, puisqu'il est entouré des vivants instruments par lesquels il ne cessa d'apir sur lui • (Mo"»Tici t, Hevue des Deux-Mondes, 1870, t. iv, wc). P.-P. Hubens n'avait pas oublié les deux tableaux d'Ap. Carraci et de Domenichino lorsqu'il peignit la célèbre Dernière communion de saint François d'Assise (au musée d'Anvers). Voir La Helgique, par les mêmes auteurs, p. *t9.

Garofalo (Benyenuto Tisi, dit II). — Ferrarais. 1484 ; \ 1559. 'Sainte Famille avec sainte Catherine (i)

IL, 0,71; L., 0,91. B. — Fip. pet. nat. — Provient de la galerie du Capitule. L'oiseau qu'on remarque près de la téte de saint Joseph et qui sert souvent d<- si-nnture à Cian-Battista Itcnvenulo, dit l'Ortolano, a fait attribuer 1 ce peintre cette Sainte Famille par plusieurs critiques.

Gentile da Fabriano (École de).

Le Triptyque Ruspigliori (m).

PllineaO central : Couronnement tic la Vierge. Devant une maudorln multicolore que soutiennent, sous un dais, deux petits anges, la Vierge, à gauche, drapée dans un manteau jaune à fleurs noires, est couronnée; à la partie Inférieure! des petits anges musiciens,

Panneau de gauche : la Nativité. Une servante verse de l'eau dans un baquet dans lequel une autre servante s'apprête à baigner le petit Jésus; au second plan, la Vierge, saint Joseph, le bœuf et l'âne ; à la partie supérieure : l'Annonciation aux benjers.

Panneau de droite : l'Adoration des Mages. Aux pinacles : l'Annonciation et le Monogramme du Christ.

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Panneau cent. : H., 1,60; L., 0,85. *- Panneaux lat. : H., 1,60; L., 0,62. B. — Fig. pet. nat. — Donné par le prince Rospigliosi au pape au moment du jubilé. Suivant M. Venturi (Gentile da Fabriano, n° 36, p. 27), c'est l'œuvre d'un peintre de Foligno.

Giovanni di Pietro. — Voir Spagna (Lo).

Guercino (Giovanni Francesco Barbieri, dit II). — Le Guerchin. — Bolonais. 1591 ; f 1666.

* U incrédulité de saint Thomas (i).

A droite, le saint, drapé dans un manteau grenat, touche, de la main droite, la blessure du Christ qui porte, de la main droite, le labarum ; à gauche, saint Pierre ; à droite, au second plan, deux autres disciples.

H., 1,21 ; L., 1,43. T. — Fig. en buste, gr. nat. — « De la période intermédiaire du peintre, alors qu'il abandonne la manière du Caravage » (Venturi, Cat., 18). — Transporté à Paris en 1797. Il existe une réplique de ce tableau par Guerchin lui-même.

Saint Jean-Baptiste (1).

H., 0,65; L., 0,56. T. — Fig. en buste, gr. nat. — Apporté sous Grégoire XVI de la galerie du Gapitole. — Des dernières années du peintre.

"'Sainte Marguerite de Cortone (m), o

H., 2,65; L., 1,70. — Fig. gr. nat. — Ce tableau, auquel collabora peut-être Gennari, autrefois dans l'église des capucins de Cesena, fut acquis par Pie IX.

*La Madeleine (m).

H., 2,22; L., 2 m. T. — Fig. gr. nat. — Peint pour l'église, maintenant détruite, délie Convertite, sur le Corso. Apporté du Quirinal. Restauré par Pietro Camuccini. — « Le sentiment de piété qu'on remarque sur le visage de la sainte, l'éléganco^et la noblesse du dessin, la beauté des formes, la fraîcheur du coloris, qualités que le peintre ne réunissait pas toujours au même degré dans ses tableaux, font de celui-ci une œuvre des plus charmantes » (Ch. Blanc).

Lionardo da Vinci. — Léonard de Vinci. — Florentin. 4452; -J- 1519.

* Saint Jérôme (i). — Esquisse.

Tourné vers la droite, le visage contracté, le genou gauche à terre, il se frappe, de la main droite, la poitrine avec une pierre; au premier plan, à droite, un lion couché. Au fond, dans le paysage, à droite, des rochers, entre lesquels on aperçoit une église rappelant Santa Maria Novella; à gauche, des montagnes.

H., 1,03; L., 0,75. B. — Fig. petit, nat. — Coll. d'Angelica Kaufmann et du cardinal Fesch. Le cardinal aurait, dit-on, acheté séparément, en deux morceaux, ce tableau

PINACOTHÈQUE

PINACOTHEQUE

cliché Anderson. rypogravure Jean Ma

Melozzo da Forli.

Le pape Sixte IV donnant à Mutina la charge de Préfet de la Bibliothèque vaticane.

PINACOTHEQUE.

qui avait été découpé. Une première fois, il trouva chez un antiquaire la partie inférieure qui recouvrait un coffre; plusieurs années plus tard, il eut la chance d'apercevoir, chez un cordonnier, l'autre partie, qui s'adapta exactement au premier morceau (Massi, Cal., 196). — « Ce tahleauqui, pour le puhlic, n'est qu'une vraie horreur, doit être considéré par les critiques d'art comme une œuvre du plus grand intérêt. C'est en effet un des trois seuls ouvrages en Italie qui puissent sérieusement être attribués au grand Florentin. » Les deux autres sont V Adoration des Mages, à Florence, et la Cène, à Milan. On peut étudier ici la technique de Léonard « qui, après avoir dessiné rapidement le contour de la figure, cherchait ensuite des effets d'ombre et de lumière sur une préparation brune. La tête du saint est ici modelée avec une connaissance parfaite de la forme » (Ventum, Cat., p. 17; Mokklli, p. 177 et Birckhardt, p. 647).

Melozzo da Forli. — 1438; f I 194.

* Le pape Sixte IV donnant à Bartolomeo Sacchi, dit Platina, la charge de préfet de la bibliothèque vaticane (m). — Fresque.

Sur une galerie, au plafond orné de caissons et soutenue par des pilastres enrichis de sculptures, le pape est assis à droite, les mains sur les bras de son fauteuil. Vêtu d'une aumusse rouge doublée d'hermine, d'une soutane et d'un rochet blanc, coiffe* d'un bonnet rouge, il se tourne, à gauche, vers le nouveau dignitaire agenouillé; au second plan, à droite, contre la chaise du pape, le protouotaire apostolique, RaffaeUo Kiario portant le costume monacal, les mains tendues vers le cardinal Giulio délia Ilovere, plus tard pape sous le nom de Jules 11, i vu de profil. A gauche, le comte Girolamo Hiario, futur gouverneur des États pontificaux, en robe bleue, vu de face et Giovanni délia Rovere. préfet de Home, en 1475, en robe grenat, tourné de trois quarts vers la droite, tous deux portant au cou des chaînes d'or. Ces quatre assistants étaient neveux du pape. A la partie inférieure, une inscription, en vers latins, composée par Platina, fait connaître les diverses améliorations exécutées dans Home par le pape.

IL, 3,88; L, 3,71. — Fig. gr. nat. — Cette fresque fut peinte, en 1477, sur le mur, en face la porte de la bibliothèque vaticane où se trouve actuellement la Floreria ou garde-robe du Palais. Léon XII la fit transporter sur toile par Domenico Succi et porter à la Pinacothèque. Gravé dans YApe italiana di belle arti, année 1835, par Melchiorri, etc. — « Il est certain que les personnages ont été peints, d'après nature, dans la bibliothèque même, dont les pilastres rectangulaires et les plafonds à caissons avec leurs ornements sont rendus avec une justesse de perspective que Melozzo ne put atteindre que sous la direction du grand peintre de Borgo San Sepolcro » (Cr. et Cav., , IL, u, 560). — «Cette belle fresque a toutes les qualités d'un Mantegna, avec autant de précision et un peu plus de souplesse dans le dessin. Chaque portrait y est particularisé au plus vif; chaque physionomie est exprimée avec beaucoup de volonté et d'énergie. On reconnaît dans les traits de Platina, surtout dans sa bouche aux lèvres minces et serrées, le caractère mordant et indomptable de cet écrivain qui avait été si durement traité et persécuté par le prédécesseur de Sixte IV, Paul II » (Ch. Blanc, llistoiredes Peintres). — « Cette fresque est également importante par l'excellence des portraits, la richesse des architectures en perspective et la clarté magistrale des coloris » (Burck.,

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S75). — « Cette composition nous offre une de ces réunions de personnages plus ou moins impassibles, plus ou moins étrangers à l'action principale, si chères au xv6 siècle. Le pape, assis dans son fauteuil, regarde devant lui, d'un œil indifférent, et sans faire un geste qui indique qu'il s'agit d'un acte d'investiture officielle. Platina, à genoux, aux pieds du souverain pontife, est plus pénétré de l'importance de la scène ; quant aux quatre neveux, debout au second plan, dans les attitudes les plus naturelles, les plus aisées, leur indifférence enlève à la scène toute animation, tout intérêt dramatique, pour ne laisser que le caractère d'un admirable portrait de famille, avec des physionomies merveilleusement individualisées et des attitudes prises sur le vif. Le coloris de cette fresque admirable est aussi nourri qu'harmonieux ; l'architecture — un plafond à caissons reposant sur des arcades supportées par des piliers — est un prodige de perspective. L'encadrement enfin montre avec quel soin Melozzo, en artiste amoureux de la forme, s'occupait de pondérer et de compléter ses compositions ; il comprend deux pilastres avec un fond bleu sur lequel se détache un vase dont deux dauphins forment l'anse ; de ce vase, s'échappent les branches de chêne de la famille délia Rovere, qui s'étendent, en s'entrelaçant jusqu'au chapiteau » (E. Muntz, Histoire de l'art pendant, la Renaissance, n, 697). — Une copie à l'École des beaux-arts, à Paris, par M. Paul Milliet.

Michelangelo da Caravaggio (Michelangelo Amerighi, dit) — Michel-Ange de Caravage. — Romain. 1569; j 1609.

* Déposition de croix (m).

Monté sur la pierre du tombeau, à droite, de profil, Nicodème, en tunique brune, se penche, tenant ses bras passés sous les genoux du cadavre du Sauveur dont saint Jean, à gauche, de face, en se baissant aussi, soutient le haut du corps; derrière eux, debout, au second plan, la Vierge, coiffée de bleu, la Madeleine, en cheveux tressés, s'essuyant les yeux, et Marie-Salomé, levant les bras au ciel.

H., 3,05; L., 2,10. T. — Fig. plus gr. que nat. — Gravé par Audouin (Musée français). — Décrit par Bellori (i, 213). Église nouvelle des Pères de l'Oratoire, dite délia Navicella. Transporté à Paris en 1797 et estimé alors 150000 francs. Une copie en mosaïque dans la chapelle du Saint-Sacrement à Saint-Pierre. — « Tableau plein de figures et de gesles copiés sur le vif, vigoureux portefaix avec jambes sillonnées de varices, jeunes femmes penchées qui s'essuient les yeux et pleurent avec la sincérité de la vive jeunesse » (Taine, i, 247). — « Si on met ce tableau en parallèle avec les peintures de la secte opposée au Caravage, il est facile de reconnaître combien l'erreur, dont ce grand maitre n'avait su se préserver, était préférable au système trop longtemps en faveur qu'il avait entrepris de détruire » (Cat. du Musée français). — Montégut, au contraire, reproche à l'artiste le réalisme de sa composition. « 11 n'y a rien dans cette scène qui avertisse de l'importance qu'elle a pour le genre humain, rien qui dise : c'est le deuil du ciel et de la terre.... Avec la meilleure volonté du monde, il est impossible de voir, dans ce tableau, autre chose qu'un groupe de Transteverins ou de paysans de la campagne italienne qui ensevelissent un des leurs. Cela dit, il faut reconnaître que l'énergie d'exécution de cette toile arrache l'admiration. Quelle solidité de touche! quelle pâte vigoureuse! comme ces personnages font saillie et que ce coloris sombre a de force ! » (Revue des Deux-Mondes, 1870, t. îv, p. 41).

PINACOTHÈQUE

PIN A COTHÈQUE.

Moretto da Brescia (Alessandro Bonvicino dit). — Vénitien 1 198 : ; 1555.

La Vierge, VEnfant Jésus et les saints Jérôme et Barthélémy. Tableau appelé : la Vierge à la Poire (iv).

La Vierge, en robe rouge et manteau vert, assise sur un trône élevé, de trois quarts tournée vers la gauche, porte, sur ses genoux, l'Enfant Jésus, nu, qui tend une poire à saint Jérôme, debout, à droite, en vêtements rouges, se frappant la poitrine* de la main droite. A gauche, saint Barthélémy, en robe bleue, manteau blanc, un pied sur la marche du trône, portant un livre et un couteau. Sur la base du trône, deux bouquets de poires.

H., 1,85; L., 1,60. — Fig. 1 m. — Autrefois dans la coll. du comte Costa de Plaisance. Acheté par Pie IX. — ■ Cette peinture est en si mauvais état qu'on ne peut y retrouver la main du maitre dont les tons arpentés sont si caractéristiques » (Momu.li, p. isit. Cr. et Cav., A'. //., il, 4ia). — Molmenti (p. S7), |i n Ulule ce tableau : Vierge avec les saints Faust in et Barthélémy.

Murillo (Bartolomé-Esteban). Espagnol. I048; ; I682. Mariage de sainte Catherine (i).

La Vierge, assise, de profil, tournée vers la gauche, tient, sur ses genoux, l'Knfant Jésus qui passe un anneau au doigt de sainte Catherine. Celle-ci, en robe rose foncé, un nœud rouge dans sa chevelure brurie, s'incline.

II., 0,78; L., 0,02. B. — Fig. à mi-corps, gr. nat. — Offert, en 1855, au pape par la reine d'Espagne. — « Taldeau d'un attrait troublant et étrange. La beauté de la sainte est dangereuse ; dans son regard oblique, dans ses yeux noirs baissés, luit une ardeur secrète. Quel contraste entre ee teint de lleur méridionale et cette (lamine ! Quelle amoureuse, et quelle béate! » (Taink, l. ï47).

Niccolo da Foligno. - Voir Alunno.

Paolo Veronese (Paolo Caliari dit). — Paul Véroîjèse. Vénitien. 1528; ; 1588.

* Vision de sainte Hélène.

Assise, de face, dans un fauteuil, la sainte dort, la tète appuyée sur la main gauche. Robe de brocart blanc, manteau rouge, couronne d'orfèvrerie. A droite, un ange portant la croix. Au fond, draperie verte brodée d'or. A gauche, entre deux colonnes, une statue dorée.

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H., 1,32; L., 1,50. T. — Fig. gr. nat. —Acquis par Benoit XIV de la famille Saccheti pour le musée du Capitole. — A Paris de 1797 à 1815. — Considéré par M. Venturi {Cat., p. 64) comme un tableau d'élève. « Le modelé de la figure est faible et commun ; on ne reconnaît pas là la vigueur ni la maîtrise de Paolo ». Une autre Vision de sainte Hélène, provenant d'une chapelle particulière à Venise, a été achetée, en 1879, pour 3 350 guinées à la vente Novar, par la National Gallery. Paolo Veronese avait traité, vers 1574, ce sujet, en collaboration avec son frère Benedetto, pour la famille Contarini, à Padoue. (P. Caliari, Paolo Veronese, p. lis.)

Perugino (Pietro Vannucci dit II). — Le Pérugin. — Ombrien. 1446; f 1524.

* Saint [Benoît, saint Placide et sa sœur sainte Flavie (i). — Trois panneaux dans le même cadre.

A gauche, saint Benoit, les mains jointes, une palme contre l'épaule gauche; à droite, saint Placide, un faisceau dans la main droite, un livre dans la gauche ; au milieu, sainte Flavie, couronnée, en robe verte, manteau rouge, écharpe bleue.

Chaque panneau : H., 0,51 ; L., 0,26. B. — Fig. à mi-corps, pet. nat. — Fragment du célèbre tableau du maître autel de l'église Saint-Pierre à Pérouse, peint en 1495 et payé 500 ducats d'or. — Morcelé au xvm" siècle. — A Paris de 1797 à 1815. — Le panneau central, l'Ascension, au musée de Lyon; la lunette, dans l'église Saint-Gervais, à Paris; la prédella au musée de Bouen; cinq figures de saints ont seules été rendues à l'église de Pérouse : les saints Scolastique, Constant, Pierre abbé, Maur. Voir Vasari (m, p. 588, n. 2).

' Vierge et saints (m).

Sous un portique, assise sur un trône, la Vierge tient debout, sur son genou gauche, l'Enfant Jésus ; à leurs côtés, les quatre saints protecteurs de Pérouse; à droite, saint Laurent, lisant; au second plan, saint Louis de Toulouse; à gauche, saint Hercule, évêque ; derrière lui, saint Constant, mitré. — Signé, sur la contre-marche : HOC PETRVS. DE CHASTRO. PLEBIS. PINXIT.

H., 0,89 ;L., 1,65. B.— Fig. 1,30. — Peint en 1496 pour la chapelle du palais communal de Pérouse. Dès 1483, Pérugin en avait reçu la commande et un premier acompte. (Vas. ni, 6io).— Transporté à Paris de 1797 à 1*815. — La lunette (Pietà), rendue, en 1815, à Pérouse, est au musée de cette ville. — « Ici le coloris est vigoureux, d'une richesse de tons dans les chairs rappelant la teinte brunâtre et vermeille si attachante chez Antonello, Bellini et les premiers Giorgione; les draperies sont préparées et rendues avec une connaissance parfaite des lois des contrastes et une grande habileté dans la facture technique » (Cr. etCAV.,/f.,m, 201). — Cf. le tableau de Pérugin à Crémone (église San Agostino) peint en 1494.

* Résurrection du Christ (m).

Au ciel, dans une mandorla, entre deux anges en adoration, vêtus

PIN ^COTHEQUE

Perugino (Pietro Vannucci dit II)- Vierye et Saints,

— Le Peruginn

PINACOTHÈQUE

PINACOTH 1. QD E.

l'un en jaune, l'autre en vert, le Christ, la poitrine nue, les jambes drapées de rouge, s'élève, tenant le labarum. Sur la terre, au premier plan, autour du tombeau ouvert : à droite, deux gardes endormis, l'un jeune, en tunique jaune à manches rouges, avec brassard; l'autre, plus âgé, en chausses vertes, cuirasse, bonnet jaune et rouge, une lance contre son épaule ; à gauche, un troisième soldat dans la même attitude, cuirassé et casqué, en chausses rouges, manteau vert ; et, au second plan, un quatrième soldat, un sabre à la main, s'éloignant vers la gauche, les yeux levés vers le Christ. Paysage à l'horizon.

H., 2,27; L, 1,67. B. — Fig. pet. nat. — Gravé par Gualtani, pl. XI. — Peint en 1502 pour l'église des franciscains à Pérou se. — D'après la tradition, Raphaël y aurait travaillé. 11 se serait même représenté dans le jeune garde, coill'é d'un béret, qui dort adroite; l'autre soldat, à gauche, qui s'éloigne, serait Pérugin. « Si le corps grêle du Christ rappelle le type du Pérugin, avec quelque chose de la maigreur du Pinturicchio. les mains potelées avec des doigts courts aux ongles coupés ras, la simplicité du contour et la délicatesse du dessin dans les articulations sont bien caractéristiques de IlaphaëJ. L'inexpérience d'un jeune artiste se distingue dans la faiblesse des raccourcis, tandis que la douceur du coloris et du sentiment donne un avant-goût de la perfection que nous admirerons dans ses œuvres postérieures » (Lu. et Ctv., Ho/that'l, ir, imi). Passavant va plus loin. Il suppose que Pérugin abandonna complètement à son élève l'exécution de ce tableau, appuyant son opinion sur b-s deux étude- do mtiséi- d'Oxford, (autrefois dans la coll. de sir Th. Lawrence), représentant les quatre gardiens, de la main de Raphaël. M. Ykmtiii se refuse à admettre cette collaboration. « Le Sauveur est une des plus pauvres ligures qu'ait jamais peintes Pérugin; quant aux anges et aux soldats, le dessin incertain et le peu de poésie des détails ne montrent nulle pari le génie du maître d'Lrbin. C'est là une œuvre d'atelier » (Cat., 48). — Ce tableau, transporté à Paris de 1 7**7 à 1815, avait déjà subi de nombreuses restaurations, au xviu* siècle, de la main de Francesco Ilomero.

Pinturicchio (Bernardine- di Betto «lit Ht. — Ombrien. 1454; 1 1515.

* Couronnement de la Vierge (m).

Au ciel, dans une mamlorla rayonnante (les rayons en relief), la Vierge, agenouillée, tournée à droite, vers Jésus qui la couronne, entre deux anges musiciens. Sur la terre, les douze apôtres, debout, en deux groupes. En avant, agenouillés : au milieu, saint François «l'Assise portant une croix d'or; à droite, saint Louis de Toulouse, en dalmatique et saint Antoine de l'adoue, en robe de bure; à gauche, saint Bonaventnre, en habits sacerdotaux, et saint bernardin de Sienne, en moine; au premier plan, un chapeau de cardinal, une crosse d'évèqueet une mitre, sur le sol jonché de fleurs. Fond de paysage.

IL, :».'(> ; L.,2 m. IL — Fig. 1,50. — Fglise\les frères mineurs à La F rat ta, prés Pérouse. - Autrefois sous le nom du Pérugin.— Très restaure.- Peint \< i> l»<K>. \ »s. (,,,, n.

noML. 2

Pippi (Giulio) dit GiulioRomano. — Jules Romain. — 1492 ; f 1546 et Penni (Gian Francesco) dit II Fattore. — Romain. 1488; f vers 1528.

* Couronnement de la Vierge ou la Vierge de Monteluce (m).

En haut, à gauche, assise sur des nuages, la Vierge est tournée vers le Christ, qui tient le globe terrestre et unejcouronne. Au-dessus, le Saint- Esprit. De chaque côté, un chérubin et un ange, des fleurs dans les mains. En bas, les uns debout, les autres assis ou agenouillés, les apôtres, réunis autour du sépulcre d'où sortent des fleurs; au loin, dans la campagne, une ruine, au pied d'une cascade.

H., 3,54; L., 2 m. B. — Fig. gr. nat. — Gravé par le Maître au Dé et par J. Bossi (musée Napoléon). — Raphaël qui avait reçu la commande de ce tableau des religieuses de Monteluce, près Pérouse, d'abord en 1505, puis en 1516 (Voir le Contrat, musée du Louvre), n'eut pas le temps de tenir sa promesse; il ne lit que quelques dessins dont se servirent, quatre ans après sa mort, deux de ses élèves. Voir Gruyer (les Vierges, n, 570 et sq.). Jules Romain peignit la partie supérieure où certains traits rappellent la Vierge de François I" (Burck., 679, n i), la partie inférieure est de Francesco Penni, qui se serait fait aider par son gendre, Pierino del Vaga (Vasari, iv, 648). — A Paris, de 1797 à 1815. — La prédella, par Berto di Giovanni, est encore conservée au couvent de Monteluce. (Passavant, i, 234. E. Muntz, 622).

Poussin (Nicolas). — Français. 1594; f 1665. Martyre de saint Erasme (iv).

Sur une place, le saint évêque de Formio refusant d'adorer la statue d'Hercule que lui montre un prêtre, en manteau blanc, est étendu sur une table, les mains liées au-dessus de la tête, le ventre ouvert. Un bourreau tire l'intestin du martyr qu'un autre bourreau, à droite, enroule autour d'un treuil. Au second plan, à gauche, un soldat à cheval; au milieu, deux bourreaux, l'un, en tunique bleue; l'autre, en tunique orange. Au ciel, deux anges portant la couronne et les palmes. Au premier plan, à terre, la dalmatique rouge et la mitre blanche du saint. Signé à terre, à gauche : NICOLAS PUSIN FECIT.

H., 2,90;L. ,1,86. T.— F^ig. pl. gr. que nat.— Commandé par le cardinal Francesco Barberini, vers 1630. — Le seul tableau, d'après Félibien, sur lequel Poussin ait mis son nom. — Autrefois dans une des chapelles de Saint-Pierre — .A Paris de 1797 à 1815. — « L'œuvre de Poussin est, comme art, une des plus achevées du siècle. Il y avait, il y a quelques années, au palais Sciarra, une petite réplique originale d'un travail exquis» (Burck.,

Raphaël Sanzio (Raffaello Santi dit). — Raphaël. — Ombrien. 1483; f 1520.

PINACOTHÈQUE

Cliché Andersen. Typojgmvnw Jean Ualraiu

Pippi (Giulio) dil Giulio Romano. — Jules Romain et Penni (Gian Francesco) dit II Fattore.

Couronnement <lc la Vierge on In Vierge de Monteluce.

PINACOTHÈQUE

Trois scènes de la Passion. — Prédella (i).

* I" L'Annonciation. — Sous le vestibule d'un palais à colonnes corin- Ujiennes, est assise, à droite, la Vierge, de face, un livre dans la main gauche, la droite levée; à gauche, levant la main droite, s'avance l'archange. Sous la double arcade, à travers laquelle on aperçoit le paysage, dans une gloire, le Père Eternel et le Saint-Esprit, sous l'orme de colombe, descendant sur la terre.

« Péruginesque dans la composition et la facture, inférieure aux œuvres de Pérugin au point de vue technique, cette peinture n'est pas exempte de sécheresse et d'affectation ; niais toutes les imperfections sont compensées par tant d'autres qualités » (Cit. et ('.av., Raphai'l, l, 155). — « Raphaël est déjà la tout entier avec son incomparable sûreté de main, son goût exquis, sa force el sa vivacité » (K. Mi mi, Raphaël, 74).

* 2° L'Adoration des Mages et des Bergers. — A droite, devant l'étable, saint Joseph, debout, et la Vierge, assise, tenant sur ses genoux l'Enfant Jésus. Au milieu, les trois Rois : le plus Agé montrant, du doigt, le second qui porto un présent; le troisième, agenouillé, présente un brûleparfum. En avant, à droite, trois bergers, l'un s'inclinant, un second agenouillé, le troisième debout, un agneau dans les bras. A gauche, l'escorte des Rois, avec les deux soldats vus de dos et le chien, qu'on retrouve dans la Libreria de Sienne.

« Ici Raphaël unit la pompe d'une procession royale, telle ipie la comprenaient les Ombriens, avec la vie, le mouvement et la variété de détails qui caractérisent les Florentins » (Ch. et ('-av., Raphaël, 1. 158). — • On admirera l'art consommé avec lequel le groupe de gauche est construit. Que nous voilà loin des tâtonnements de Pérugin! » (K. Mïntz, Raphaël, ïï).

* 5° La Présentation au temple. — Ihius le temple à trois nefs, soutenues par des colonnes ioniques, au milieu, devant l'autel, Siniéon quj tend l'Enfant Jésus à la Vierge. A gauche, saint Joseph, la main sur l'autel. Dans la nef de droite, trois femmes, l'une, en robe violette el manteau vert, l'autre, en robe rouge et manteau jaune, portant des tourterelles, la troisième, en robe bleue. Dans la nef de gauche, quatre assistants.

Ces trois compositions sont séparées par des petits grotesques de couleur rouge sur un fond noir.

II., 0,39; L., 1,90. Bois transporté sur toile. — Fig. 0,20. - Prédella du Couronnement de la Vierge (voir ci-dessous) ; très supérieur au motif principal. Raphaël -s'inspire ici du tableau peint par Pérugin pour l'église Santa Maria à Kano, en li'.iT. et dans lequel se retrouvent plusieurs personnages des fresques de la Sixtine et les mêmes détails d'architecture. « Ici Raphaël, s'il copie, ennoblit son sujet. Le mouvement de reniant s échappant des bras du grand -prêtre, i'expi ossion et la tendresse de liaphaël sont étrangères à son maître qui n'aurait jamais conçu, et encore moins rendu le sourire à peine esquissé de la Vierge et la tendresse émue de Siiuéon » (Cu. et C.w., Raphaël, 156).

ROME

Gravé au trait par Couché fils. —Le dessin original, à la plume et au crayon, de V Annonciation (Coll. Ottley, Lawrence et du roi de Hollande), est au Louvre (salle des Boites). Trois esquisses pour l'Adoration des Mages, l'une dans la coll. F. Donnini à Pérouse, la seconde, de la partie droite seulement, au musée de Stockholm (anciennement coll. Crozat), la troisième, la tête de l'un des bergers, à l'académie de Venise. Le carton original de la Présentation est cité par Passavant dans la coll. Hall à Londres. Un dessin du groupe principal à] l'Université d'Oxford (Muntz, 79). A Saint-Pierre de Pérouse, une copie de la prédella, plus grande que l'original, par Sassoferrato.

* Les Trois Vertus théologales (i).

En haut : La Foi, tenant un calice.

Au milieu : La Charité, portant trois enfants; deux autres se serrent contre elle.

En bas : V Espérance, en prière.

De chaque côté de ces figures, en grisaille, sur fond vert, un Génie, dans une niche.

Chacun des compartiments: H.. 0,16; L.,^0,24. B. — Gravé par Henry, Desnoyers, Châtaignier, Landon.— Prédella de la Déposition de Croix à la villa Borghèse. — Peint en 1507 pour Atalanta Baglioni; autrefois dans l'église San Francescoà Padoue. — A Paris, de 1797 à 1815. — Esquisse de la Charité à l'Albertina de Vienne. — « Les pauvres orphelins jetés dans le sein de la Charité, ce petit génie qui sème à terre des pièces d'or, cet autre dont les bras soulèvent un bassin d'où s'échappent des jets de flamme, sont la symbolique la plus attendrissante et la plus expressive de la vertu chrétienne par excellence » (Ch. Blanc, Histoire des Peintres). ^

* Couronnement de la Vierge (m).

En haut, la Vierge s'incline devant le Christ qui la bénit ; autour d'eux, des séraphins et quatre anges musiciens. En bas, sur la terre, les apôtres réunis autour du tombeau où montent des lis et des roses; au milieu, au second plan, saint Thomas, les yeux au ciel, tenant la ceinture de la Vierge ; à sa gauche, saint Pierre, saint Mathieu, dont on ne voit que la tète, saint André, la main droite tendue vers le sépulcre ; en avant, saint Simon et saint Jean, portant un livre; à droite, saint Paul, appuyé sur son épée, saint Jacques Majeur et, au premier plan, saint Thadée, en robe rose et manteau vert; contre le cadre, saint Jacques le Mineur, vêtu de noir, la main sur la poitrine. Fond de paysage mamelonné et boisé.

L., 2,10. Cintré par le haut. — Bois transporté sur toile. — Fig. 1,50. — Il existe de nombreuses études pour ce tableau. A Vienne, dans la coll. Esterhazy; au Louvre (les Douze apôtres)', à Oxford, au musée de Lille, au British Muséum. — Gravé par Stolzel, Graffanara, Couché fils, etc. — Cf. au musée de Pérouse, le tableau de Pérugin, même sujet, peint à la même époque. — Commandé par Maddalena Oddi. avant 1505. — Église San Francesco, puis couvent de San Pietro dei Cassinensi, à Pérouse. —A Paris, de 1797 à 1815. Nombreuses restaurations. — «L'œuvre qui caractérise le mieux, peut-être, lu première

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Cliché àfiderSOO TypOffrftVUn Jean .Malvaux.

Raphaël Sanzio (Raffaello Santi dit). — Raphaël. La Madone de Foligno.

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manière do Raphaël, sa manière péruginesque; mais si l'on compare à l'œuvre du maître celle de l'élève, la supériorité, quoique juvénile, du peintre d'Urbin est incontestable. Avec quelle pureté infiniment plus céleste, Raphaël exprime ici la piété suave, la beauté de la jeunesse, l'inspiration de la vieillesse. Les figures y sont plus linement caractérisées; les têtes ont déjà cette auréole de beauté dont lui seul eût le secret; le dessin très élégant est plus ample; le mouvement plus à l'aise; les draperies sont plus simples ». (Pass., i, S98 et Vas., iv, 318, n. 1. et (3urck., 6ftg). Voir E. MOntz {Raphaël, 63-7î) et Giu'ykr {Les Vierges, 11, 553-551). — «Encore à ce moment, où Raphaël Mi tellement imprégné des principes du Pérugin et du Pinturicchio, on retrouve les types de son père Santi, mélangés avec ceux de Melozzo et Fioren/o de Péroiise, par exemple, dans les délicieuses ligures des anges » (Ch. et Cav., Raphaël, 1, jô). — Une ancienne copie, avec variantes, est signalée par Passavant à Civitella Bernazzone, près Guhhio.

* La Madone de Foligno (ni.

En haut, dans une sphère lumineuse, assise sur des nuages, la Vierge penche la tête, à droite, vers le bambino, nu, debout, remuant, sur son genou gauche, qui se retient à son voile, en regardant en bas. Autour de la sphère, des chérubins priant et jouant. En bas, à droite, un lion; derrière lui, saint Jérôme, debout, en costume de cardinal, présente le donateur, Sigismond Conti (ami du peintre et secrétaire intime du pape Jules II), en costume de cubiculaire (manteau rouge, pèlerine d'hermine à manches noires), agenouillé, les mains jointes, de profil, la tête levée. A gauche, saint François, agenouillé, extasié, en robe de bure, tenant une petite croix; derrière lui, saint Jean-Baptiste debout, vêtu d'une peau de bête, montrant, de la main droite, le groupe céleste, et regardant vers le spectateur; au milieu, debout, un ange tout nu, tenant un cartel dont l'inscription est eft'acée. Au fond, dans le paysage, la ville de Foligno, avec la maison des (lonli, sur laquelle tombe une bombe enflammée, au milieu d'un arc-en-ciel.

H., 3,20; L., 1,91. — Bois transporté sur toile. — Commandé vers 1511 par Sigismond Conti, en souvenir du danger auquel échappa sa demeure lors du siège de Foligno. D'abord destiné par lui à l'église d'Aracœli et, sur la demande de sa nièce, abbesse du couvent de Sainte-Anne, à Foligno, donné à cette confrérie le •>'.> mai !*>♦>;>. Voir V\s. m, 34*, ni). —A Paris, de 17t>7 à 1815, où il fut transporté sur toile par M. llaquin ; restauré depuis par M. Ruser. Lorsqu'on eut enlevé- le bois du panneau, on retrouva le dessin au pinceau en bistre, et l'on s'aperçut que la main droite de saint Jérôme avait été «le>>inée de deux manières différentes.- Cravé par Desnoyers. Vuz/.i. Toselti, Itrisson, Pigeai, Bodmer, Candon, etc.; la Vierge et l'Enfant seuls, par Marc-Antoine; Scotto. Rrulliot. — Copie par Sassoferrato, autrefois au comte Mellerio, de Milan ; 1111 dessin de la Vierge et de l'Entant fit partie de la vente du roi de Hollande .1850). — « Stimulé par les prières d'un camérier du pape Jules, il peignit le panneau du maître autel de Aracœli, dans lequel il fit une Madone dans l'air, avec un très beau paysage, un saint Jean, un saint François et saint Jérôme. Cette Madone respire une humilité et une modestie comme doit en avoir une vraie mère du Christ; ou reconnaît, dans le corps de saint Jean, cette pénitence que fournit le jeûne, et, sur son visage, on retrouve une sincérité d'Âme comme en possèdent les gens qui, éloignés du monde, le dédaignent, baissent le men-

songe et disent la vérité. De même, le saint Jérôme, lève la tête et regarde la Madone, en contemplation; et, dans ses yeux, semble apparaître toute cette doctrine et cette sagesse qu'il montre dans ses écrits, offrant à la Vierge, des deux mains, le camérier pour le lui recommander; ce même camérier ici n'est pas moins vivant qu'on ne l'a peint» (Vas., iv, 541). — D'après Cr. et Cav. (Raphaël, h, m), le paysage, d'une coloration brillante, rappelle, par la facture et l'atmosphère humide, le genre ferrarais. Ces auteurs supposent donc que, dans cette partie du tableau, le maître se fit aider par un peintre de l'école des Costa, un des deux Dossi, par exemple. « Ce que Vasari ne dit pas, c'est que la Madone de Foligno se distingue par un coloris chaud et lumineux, qualités que l'on a attribuées, non sans raison, à l'influence de Sebastiano del Piombo, alors fraîchement débarqué à Rome, où sa manière excitait l'admiration universelle » (E. Muntz, Raphaël, 594). — Voir pour la restauration : Rapports sur la restauration du tableau de Raphaël connu sous le nom de « la Vierge de Fohyno », par les citoyens Guyon, Vincent, Tannay et Berthollet. Paris, pluviôse an X, in-4°. — Consulter Quatremère de Quincy. Histoire de la vie et des ouvrages de Raphaël.

La Transfiguration (u).

En haut, le Christ , dans une gloire, en tunique et manteau bleuâtres, les bras ouverts, s'élance vers le ciel, entre les deux prophètes Moïse et Elie, qui montent dans l'air, à ses côtés. Au-dessous, saint Pierre, saint Jacques et saint Jean, prosternés sur le sommet du mont Thabor, éblouis par la lumière céleste; à gauche, devant un bouquet d'arbres, deux diacres, en prière, et accompagnés de plusieurs assistants; sans doute les saints Julien et Laurent, patrons du père et de l'oncle du cardinal Jules de Médicis, qui avait commandé le tableau (?). En bas, à droite, un jeune démoniaque, en proie à un accès, soutenu par son père et sa mère. « Il se jette en arrière, en roulant des yeux hagards; ses muscles contractés, ses veines tendues, son souffle précipité, sa pâleur, tout annonce en lui la présence de l'esprit malin » (Vasari). Au milieu, agenouillée, vue de dos, le visage de profil, une jeune femme, en rose, l'épaule" nue, montre le possédé aux apôtres groupés sur la gauche; le premier assis, au bord d'un ruisseau, la main sur un gros livre, interrompt sa lecture ; les autres, en des attitudes diverses, conversent, soit en regardant le jeune malade, soit en se montrant, en haut, l'apparition. Fond de paysage ; une ville à droite, sur le bord d'un lac.

H., 4,5; L., 2,78. B. — Fig. pl. gr. quenat. — Nombreuses études dont Passavant (n, 204) donne la liste. Parmi les plus intéressantes : à l'Albertine, de Vienne, toute la composition avec quelques figures nues, saint André et les trois apôtres ; au Louvre, une étude à la sanguine ; une autre à l'Ambroisienne de Milan, attribuée par Morelli à F. Penni; deux têtes à Oxford, etc. Francesco Penni exécuta une copie du tableau sur la demande du pape Clément VII. On suppose que c'est celle que possède le musée de Madrid. — Gravé par un élève de Marc-Antoine, par un imitateur d'Agostino Veneziano, par C. Cort, Morelli Sadeler, J. Chereau junior, Dorigny, Tardieu, Morghen, Girardet (musée Napoléon), Queverdo (galerie Filhol},'Boucher, Desnoyers, etc. —Raphaël étant mort, avant d'avoir terminé son œuvre, Jules Romain fut chargé d'y mettre la dernière main, et reçut, en payement, 224 ducats qui restaient dus au maître, sur les 665 ducats, prix fixé. Le cardi-

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nal Juins de Médicis qui avait commandé ce tableau, on même temps qu'une Résurrection tir Lazare, à Sehastiano del l'iouibo, la destinait à l"»"«;lis«- il»- .Narbonne dont François 1" lui avait donné l'évêcbé, mais il n'y envoya que la toile du Vénitien (aujourd'hui à Londres, .National Gallery) et conserva la Transfiguration, dans son palais de la Cancelleria jusqu'en 1525; il en fit don alors à l'église de San Pietro in Montorio. — A Paris de 1 797 à 18J5. — « Dans ce tableau, Raphaël fit vraiment des figures et des têtes, outre leur beauté extraordinaire, si nouvelles, si belles et si variées, qu'il est reconnu parmi les artistes qu'il ne lit jamais d'œuvre qui soit plus célèbre, plus belle et plus divine; de manière que, qui veut connaître et montrer le Christ transfiguré en sa divinité doit le regarder dans cette œuvre; et il semble qu'il y mit un si grand talent pour montrer l'effort et la valeur de l'art dans la figure du Christ que, l'ayant terminé, comme s'il avait achevé sa dernière œuvre, il ne toucha plus à ses pinceaux étant déjà touché par la mort • (Vas., iv, 571). — Voir aussi, pour les jugements si divers, portés sur cet ouvrage célèbre : Blrckiiakdt (677), qui l'admire avec enthousiasme: Taine (i, 171), qui le critiqua avec violence; Charles Clément (p. Mb), qui le juge, selon nous, avec plus d'équité; K. Miktz (p. 56j), qui reproduit, en partie, le jugement de Charles Clément : « Dans certaines parties, Raphaël se montre aussi fort, aussi grand qu'il a jamais été.... Il serait injuste de méconnaître la disposition pittoresque des personnages, la beauté de quelques-uns d'entre eux, la justesse et l'éloquence des mouvements, une science du clair-obscur que Raphaël n'a montrée dans aucun de ses ouvrages, au même degré. Il est certain cependant que ce tableau laisse l'esprit irrésolu, troublé et mécontent, et je vois l'explication de ce fait, bien moins dans un affaissement «les facultés de l'irbinate que dans le système erroné qui a présidé à la composition de cet ouvrage.... On peut supposer que Raphaël courut la partie inférieure de »a composition d;ms de- données violentes, alin de lutter avec Sehastiano del Piomho qu'il savait protégé et aidé par Michel-Ange. De là viennent le disparate et le désaccord pénibles qui existent, dans la peinture elle-même et dans le mode de composition, entre les deux moitiés de l'œuvre.»

Reni (Guido). — Le Guidf. — Bolonais. 4576; j 1642. Martyre de saint Pierre (ix).

Le saint, In tète en bas, e>l lii-ssé sur une croix ; un bourreau, à droite, lui soutient la tète; un autre, à gauche, tire sur la corde; un troisième s'apprête à lui clouer les pieds.

H., 3,05; L.,1,73.T. — Fig.gr. nat. — Commandé par le cardinal ScipionBorghèse, sur la recommandation du chevalier d'Arpin, pour l'église délie Tre Fontane, hors de Rome. — A Paris, de 1797 à 1815.— Guido, à cette époque, imitait encore le Caravagc. — Voir Malvasia et Ventcri (Cat., p. r,x).

Vierge et Saints (ix).

Au ciel, dans une gloire, la Vierge portant l'Enfant Jésus. Sur terre, à gauche, saint Thomas; à droite, saint Jérôme.

H., 3,05; L., 2,10. T. — Fig. pl. gr. que nat.— ÉgHse de Pesaro.— A Paris, de 1797 à 1815.

Ribera José de) dit Lo Spagnoletto. — L'Espagkolbt. Espagnol. 1588; f 1656.

ROME

* Martyre de saint Laurent (m).

A droite, le saint, de trois quarts tourné vers la gauche, un genou à terre, ceint d'une draperie blanche, les yeux au ciel. Un bourreau le saisit par le poignet droit et l'entraîne vers le gril, dont un autre bourreau, en toque rouge, attise le feu. Au second plan, à gauche, deux hommes dont l'un prend les vêtements du martyr; à droite, un vieillard, peut-être le portrait du peintre.

H., 2,05; L., 1,60. T. — Fig. gr. nat.

Sacchi (Andréa). — Romain. 1600 ; | 1651 .

* Miracle de saint Grégoire (iv) .

Dans un temple, devant un autel, le pape, accompagné de deux diacres, perce, avec un couteau, le linge qui se couvre de sang; à gauche, un fidèle, en tunique rouge, agenouillé, et des soldats; d'en haut, vers le pape, descend une colombe. Sur l'autel, une tiare.

H. , 2,86 ; L., 2,11. T. — Fig. gr. nat. — Une mosaïque, d'après ce tableau, dans la chapelle Clémentine, à Saint-Pierre. « Il y a deux interprétations du sujet représenté dans ce tableau, si remarquable pour la délicatesse de l'art et pour la force du coloris. D'après les uns, et suivant une tradition antique, l'impératrice Constance ayant demandé àsaintGrégoire quelques reliques des saints Pierre et Paul, le saint pontife refusa, n'osant diviser de si précieuses reliques pour faire plaisir à une impératrice. Il lui envoya, à la place, un lambeau du linge dans lequel avait été enveloppé le corps de saint Jean l'Evangéliste. L'impératrice, non satisfaite, renvoya son présent au pontife. Celui-ci, pour la convaincre de son incrédulité, durant la célébration de la messe, tailla en deux le linge avec un couteau, et il en jaillit des gouttes de sang comme d'un corps vivant, qu'on voit, dans la peinture, recueillir dans un vase sacré par un diacre, en présence même de l'ambassadeur émerveillé. Suivant d'autres, le saint docteur convainct également quelques incrédules, en leur montrant le saint corporal taché de sang vif après la consécration de l'hostie, en perçant d'une aiguille, pour en faire jaillir des gouttes de sang, un morceau de linge déposé sur le sépulcre de saint Pierre, suivant la coutume des chrétiens primitifs, de placer des lambeaux de tissus sur les tombeaux des martyrs pour les conserver comme reliques. (Il Cav. E.-G. Massi, Descrizione délie Gallerie di Pittura nel Povtijicio Palazzo Vaticano, p. 245-246.)

* Vision de saint Romuald (iv).

Au pied d'un arbre, à droite, le fondateur de Tordre des Camaldules est assis, appuyé de la main gauche, sur un bâton, la main droite levée vers cinq moines réunis à gauche, auxquels il raconte sa vision représentée au fond : des religieux gravissant une échelle mystique.

H., 3,10; L.,!l,70. T. — Fig.gr. nat.— Provient de l'ancienne église des Camaldules, près San Marco . — « C'est un très beau tableau, comme dit Mariette. Il est grave, simple, sans

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IMNACOTIIÊQFE.

la moindre affectation; il est conçu et senti comme un Le Sueur, avec moins d'onction, peut-être, et moins de cœur. Pour rompre l'uniformité des robes blanches que portent les personnages du tableau, André Sacchi a tiré parti des ombres remuées que l'arbre projette sur les ligures. Les draperies sont naïvement étudiées ; le paysage est excellent et le tout est à la l'ois tranquille et pittoresque.... Mais un défaut qui frappe dans ce tableau, c'est l'absence de toute variété dans les tètes : il est évident que l'artiste s'est servi d'un seul et même modèle pour les six religieux qu'il avait à peindre, et cette monotonie, quoiqu'elle soit rendue un peu moins sensible par le jeu de l'ombre, est une erreur d'autant plus reproehable qu'elle était facile à éviter. Les commissaires français ne manquèrent pas, en 171*7, de s'emparer du Saint Homuatd que l'on considérait comme une de* quatre plus belles toiles de Home et de l'envoyer au Louvre. Là, il faut en convenir, le tableau parut surfait et l'école sévère de David attribua au goût dépravé de la décadence, l'admiration des llomains pour A. Sacchi. La victoire nous l'avait donné, la victoire nous l'a repris; et nos musées ne renferment plus aucune peinture d'un artiste qui a pourtant exercé une influence incontestable sur nos peintres français du xvu* siècle » (Ch. Bla.nc). — Gravé par Met/.ger (Musée français).

Sassoferrato (Giovanni-Battista Salvi dit), — Romain. 1605; ; L685. La Vierge en gloire et l'Enfant Jésus (ni). H., 1,34; L., 0,90. T. — Fig. pet. nat. — Acquis par Pie IX.

Sesto (Cesare da). — Milanais. (?);f l'>2'*. La Vierge dite à la Ceinture (iv).

\s>ixe sur un Iront', lr> pieds po>éssurdes marches creusées d;ms le roc, la Vierge tient, sur ses genoux, l'Enfant Jétua. Celui-ci tend la ceinture de sa mère à saint Augustin, debout, à droite, roillé de la mitre; à gauche, saint Jean l'Kvangéliste qui porte un cartel avec la signature, considérée, par M. Vkmiio. comme apocryphe : l.ESAIIK I>\ SKSTO

Forme ronde. Diana., 1,56. T. — Autrefois dans une église près de Milan ; acquis par Grégoire XVI en 1HÔ-J. Cette attribution donnée par Itio, lit hcmi un>r, Boni w\ A pal acceptée par Morf.lli (T. i., p . iC5) : « C'est là, dit-il, une production entièrement pauvre de quelque peintre tardif lombardo-milanais. ainsi que peut le voir toute personne l'ami liarisée avec les écoles du nord de l'Italie. ■> — M. M ahcki. BbsMMB incline à croire, au contraire, que c'est une œuvre juvénile de Cesare: « La date primitive (retouchée) a bien pu être 1501 et non 1531, et ce serait alors une date vraisemblable. La Vierge du Vatican peut être rapprochée de l'Adoration des Maijes de la galerie Borromeo, à Milan.... Ces deux peintures sont charmantes de naïveté et de jeunesse » (tiaiette des Ueaux- Arts, 3* période, t. vu, sts).

Spagna (Giovanni di Pietro dit Lo). — Ombrien. (?); f 1529. L'Adoration des rois mages (ni).

Au milieu, couché sur le sol, rKufaut Jésus, la tête sur un coussin,

ROME

est adoré, à droite, par la Vierge, à gauche, par saint Joseph, et, au milieu, par deux anges; au second plan, à gauche, deux bergers, au pied d'une colline; au fond, l'annonciation aux bergers et la cavalcade des rois mages.

H., 2,22; L., 1,56. B. — Fig.pet. nat. — Attribution donnée par Cr. et Gav. (N. It., m, ôo6) et par M. Vexturi ; catalogué sous le nom du Pinturicchio, par Vermiglioli, du Pérugin par Orsini, et même de Raphaël. Voir Gruyer (Les Viennes, n, p. m). — Autrelois au couvent délia Spineta, près de Todi; peint vers 1507, payé 200 ducats d'or. — Cf. Musée du Louvre, n° 1539. — Au British Muséum, une étude à la pierre noire pour le Saint Joseph.

Tisi. — Voir Garofalo.

Valentin (Jean de Boulogne dit Le). — Français. 1591; f 1654. Martyre de saint Processus et de saint Martinien (iv).

Sur une planche, sont étendus les deux martyrs, tête-bêche, liés par des cordes enroulées à un cabestan que tournent deux bourreaux agenouillés; un troisième bourreau, debout, à droite, s'apprête a briser, avec une barre, les membres des patients. Au second plan, leur mère et leur frère, un chien à ses pieds. Au ciel, deux anges dont l'un porte une palme.

H., 5 m.; L.,1,90. T. — Fig. gr. nat. — Destiné d'abord à une chapelle de saint Pierre, il où fut remplacé par une mosaïque de Cristofari, puis au palais du Quirinal. — A Paris, de 1797 à 1815. — « Œuvre capitale du peintre, exécutée dans cette manière caravagesque, devenue la sienne, et où il eut l'occasion de déployer une incroyable énergie de pinceau » (Ch. Blanc).

Vannucci. — Voir Perugino.

Vecelli (Tiziano) dit II Tiziano. — Le Titien. — Vénitien. 1477; f 1576.

* Vierge et Saints dite la Madonna di san Niccolo de Frari

Au ciel, dans une gloire, la Vierge, assise sur des nuages, tenant l'Enfant Jésus, entre deux anges qui apportent des couronnes de fleurs. Sur terre, six saints debout, groupés devant une muraille. Au milieu, saint Nicolas; à gauche, sainte Catherine en jupe verte, corsage rose, voile blanc, une palme à la main ; à droite, saint Sébastien, lié à une colonne et percé de flèches; au second plan, au milieu, saint Pierre, saint François et saint Antoine de Padoue, portant, le premier une croix

PINACOTHÈQUE

Cliché taderson. Typograrure Jean .Malvaux.

Vecelli (Tiziano) <lil II Tiziano. — Le Titien. Les Six Saints oit la Vierge de San Niccolô de' Fran.

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rouge, le second un lis. Signé sur la muraille, dans un cartel, au-dessus de la tète de saint Antoine : TITIANUS FACIEBAT.

H., i m.; L., 2,65. T. — Fjg. pl. gr. quenat. — Peint en 1525 pour San Niccolo dei Frari, à Venise, où l'admira Rky.nolds; acheté par Clément XIV, et transporté au Quirinal. puis, sous Pio VII, au Vatican. — Gravé par Andréa Andreani etGuattani (les appartements Borgia) Lefèvre, Cunego, etc. — La partie supérieure, autrefois cintrée, a été agrandie et équarrie, pour faire pendant à la Transfiguration. La peinture a beaucoup souffert du temps et de la fumée; les glacis ont presque partout disparu; le pied de saint François et la jambe droite de saint Sébastien sont repeints* Il existe une réplique des saints au musée de llovigo. — « Il lit pour les Pères de San Niccolo dei Frari le tableau du grand autel, dans un style très renforcé (maniera mnlto rinforzala). Dans un édifice ruiné, saint Nicolas, évêque, porte la dalmatique et tient la crosse; il a près de lui saint Pierre, la glorieuse martyre sainte Catherine, d'une conception très suave, et les saints François et Antoine de Padoue. A l'autre coté, est saint Sébastien, qui semble respirer, et on ne saurait jamais rien voir qui soit plus pies de la nature, car Titien lit ce nu >i délicatement et avec si peu de saillies, qu'il semble de vraie chair; car, comme nous l'avons déjà dit, il ramena toujours ses figures à la vraisemblance, et leur rendit ainsi une certaine grâce qui satisfait l'œil de tout connaisseur » (Ridoi.fi, I, iss). — Vis un, «lan^ sa description (vu, iza) .avait déjà insisté sur la figure si vivante de saint Sébastien « peint sans aucun artifice ». — « En voyant ce tableau, Pordenone se serait écrié : • Ce « n'est pas lâ une peinture, mais de la chair et du sang! • Nous supposons que Pordenone ne s'est pas contenté d'admirer la chair, mais aussi les formes larges et majestueuses, l'action puissante et l'expression vivante, la clarté du ciel <-t des nuages, la gentillesse des auges, la pose gracieuse de la Vierge et de l'Infant, qui BOUS rappelle le Corrège ; par-dessus tout, il aurait envié l'exubérante richesse des tons, l'incomparable facilité du dessin, et son habileté à représenter le nu » (Cit. et Cav , Tizian, i, 291).

* Portrait d'un doge (m).

De profil, tourné vers la gauche. Shnarre rouge, manteau et corno doré à Heurs noires. La main droit»' en avant ; une bague à l'annulaire du doigt de la main gauche qui tient un papier plié.

H., 1,50; L., 0,89. T. — Fig. à mi-corps, gr. nat. — Acheté par Léon XII à la famille Aldobrandi, de Bologne. Ce portrait a pa>sé successivement pour être celui de Andréa Critti, de Niccolo Marcello, d'après Cr. et Cav. et de Giovanni Mocenigo, d'après A. Il iss, dans son ouvrage sur Les Médaillrurs. « Si jamais le nom de Titien doit être donné à une œuvre, c'est bien à celle-ci; malgré les repeints sur le fond et en d'autres endroits, la main droite, par exemple, c'est là un des spécimens les plus fondus et les plus facilement exécutés de cette époque de sa vie.... Jamais son modelé ne fut plus soigné, son dessin plus étudié, sa tonalité plus chaudement dorée. ■ (Ch. et Cav., Tisan, i, 113). « Ce portrait révèle avec évidence le don extraordinaire qu'a Titien d'exprimer les caractères avec une grandiose si 111 plie i té » (hunes., 73j).

Zampieri — Voir Domenichino.

École Bolonaise.

La Vierge, l'Enfant et saint Jérôme (1).

ROME

La Vierge, assise, porte, sur ses genoux, l'Enfant Jésus qui tient, dans ses mains, deux cerises. A droite, saint Jérôme. Fond de paysage.

H., 0,71 ; L., 0,60. B. — Fig. à mi-corps, pet. nat. — Très restauré. — Autrefois sous le nom de Francesco Francia. — Attribué par M. Ventubi (Arch. st., 1890, p. 293), à Boateri. — Acquis par Pie IX.

* Le Christ en gloire (iv).

Le Christ assis, de face, sur des nuages, les bras ouverts, les jambes couvertes d'un manteau blanc ; à ses pieds, quatre angelots et des chérubins.

H., 1,85; L., 1 m. T." — Fig. pet. nat. — Coll. Marescalchi de Bologne. — Attribué autrefois au Corrège. Par un élève du Carracclie, d'après Meyer et Burck. (714. n.), et par un faible bolonais de la décadence, d'après Morelli. — Copie d'un fragment du tableau, aujourd'hui perdu, de Corrège, autrefois dans l'hôpital de Santa Maria délia Misericordia, à Parme, et que don Siro d'Autriche, gouverneur de Correggio, acquit en 1013. (Venturi, Cat., 62.)

École Vénitienne.

* Pietà (1).

Le Christ mort, le haut du corps nu, est assis sur la pierre du tombeau, tourné vers la droite, soutenu par Nicodème, en vêtement jaune à col rouge; à droite, la Madeleine éplorée, échevelée, en robe violette, lui tient la main gauche. Au second plan, debout, Joseph d'Arimathie, avec une longue barbe noire, portant un vase de parfum.

H., 1 m.; L., 0,80.— Fig. à mi-corps, gr. nat.— A beaucoup souffert. Nombreux repeints. Ancienne coll. Aldobrandi, de Bologne. — Attribuée par Selvatico et Milanesi (Vas., in, in) à Andréa Mantegna. « Bien que cette peinture ne soit citée par aucun des contemporains d'Andréa, ni de ses biographes postérieurs, bien qu'il y manque son nom, cependant elle démontre tellement sa dernière manière, qu'elle ne peut laisser de doute sur son authenticité. Le Christ est dessiné de main de maître, et les demi-raccourcis de certains membres y sont rendus avec une incroyable habileté. » — Attribuée par Cr. et Cav. (i, 157) à Giovanni Bellini, entre 1470 et 1480. « La forme et la perfection aussi bien que la raideur de Joseph d'Arimathie, de Nicodème et de la Madeleine, à l'aspect masculin, sont rembranesques. Mais jamais Bellini, plus qu'à cette époque, ne sut donner à ses personnages une si grande force; c'est bien à lui qu'appartient ce contraste entre les figures des assistants et le visage amaigri du Sauveur, ces solides masses d'ombres et de lumières juxtaposées et, par-dessus tout, ce ton brun avec des glacis à demi opaques, artifice que dédaignait Mantegna. » — Burck. (613), sans donner de nom d'auteur, note que « cette Pietà offre, dans ses figures colossales et puissantes, dans son cri de profonde douleur, une violence et une expression de terreur qui étonneraient chez Bellini ». — Morelli (i, 272) et M. Frizzoni ont prononcé le nom de Giovanni Buonconsigli. — M. Venturi, plus récemment, rapprochant cette peinture de celle de l'esaro, attribuée à Bellini, où les traits de Nicodème se retrouvent dans ceux du saint Paul, suppose que cette Pietà est l'œuvre de Barlolomeo Montagna, dont la façon si particulière de peindre les ombres se remarque dans le manteau rouge de Nicodème. (Cat., u).

PINACOTHÈQUE

Cliché Andcrson. TjpogMVUK Jean Malvaux

École Vénitienne', Pietà.

LES CHAMBRES

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