TROISIÈME ÉTAGE
PINACOTHÈQUE 1
La galerie de peintures, dite Pinacothèque, au troisième étage du palais, a été formée, sous le pontificat de Pie VII, par les soins du sculpteur Cauova et du cardinal Consalvi. Les tableaux, répartis en quatre salles, proviennent, pour une partie, des anciennes collections pontificales dans les palais du Vatican, du Ouirinal et du ('.apitoie, et, pour le plus grand nombre, des reprises faites, à Paris, en 1815, par les alliés, des œuvres d'art cédées à la France, en 1797, par le traité de Tolentiao. Quelques pièces seulement, par suite de dons, sont venues s»- joindre à ce premier fonds.
'Alunno (Niccolo di Liberatore ou Niccolo da Foligno, dit). — Ombrien. Vers I r>ih j 1492.
* Le Triptyque de Camerino (m).
Panneau central : le Christ en croix. Au milieu, la Madeleine, agenouillée, embrasse les pieds du Christ, dont déux anges recueillent le sang; dans les airs, deux autres anges; à droite, saint Jean; à gauche, la i ierge.
Volet droit : saint Jean, vêtu d'une peau de bête et d'un manteau rouge et saint Porfirio, en robe de moine et bonnet noir.
Volet gauche : saint Pierre, en robe blanche et dalmatique rouge à fleurs, coiffé de la tiare, portant les clés et une crosse et saint Venanzio en pourpoint grenat, bottes jaunes à revers rouges, bonnet rouge, tenant un étendard et un plan de Camerino.
1. Descrizione (telle Gallerie di Vil lu m net Pontificio Palatin Va/ira no, por II Cav. E.-G. Miissi, primo custode tlei Musei o dolle Gallerie Pontilicio, paleografo e professore di Kngue. ">* Edizione. In-8* Iloma. Tipo»xapliia Vaticana, 1896. — The Vatican Gallery by A. Venturl. Homa. La Socicta Lazialc. 18'.K).
ROME
Sur les pinacles : au milieu, la Résurrection; à droite, David; à gauche, haïe; autour, des Anges.
H., i,80; L., 3,30. B. — Fig. 1,40. — Le fond d'or est moderne. — Acheté par Pie IX à 1 église collégiale de Camerino.
Le Polyptyque de Montelpare (m).
Retable à plusieurs compartiments, de forme ogivale, séparés par des pilastres dorés.
Panneau central : Le Couronnement de la Vierge.
Dans le pinacle : Le Christ au tombeau. Vu à mi-corps, soutenu par deux anges en pleurs.
Dans les panneaux latéraux, dans douze compartiments, sur deux rangées, des Saints et des Saintes. En bas, à droite : les saints Jean-Baptiste, Paul, Sébastien ; a gauche : les saints Ambroise, Augustin. En haut, saint Pancrace; à gauche : la Vierge, sainte Catherine, sainte Agathe; à droite : saint Jean l'Évangéliste, sainte Madeleine, sainte Ursule.
Sur la prédella : en haut, les douze apôtres ; en bas, les vierges entre les saints Laurent, Emile, Etienne, etc. Quelques autres saints sur les montants du cadre et dans des lunettes, entre les clochetons de la partie supérieure. — Signé, dans le panneau central, surja contre-marche du trône : NICHOLAVS FVLGINAS MCCCCLXM1II.
H., 2,91 ; L., 2,80. T. — Fig. 1 m. — Acheté par Grégoire XVI, à l'église San Angelo di Montelpare, prés de Montalto. Autrefois au musée de Latran. Transporté au Vatican sous Pie IX.— Ces deux tableaux d'autel sont considérés comme des œuvres inférieures du peintre par Cr. et Cav. (It., m, iî9). Au temps de Ricci, qui le signale (i,aoi), cet ouvrage intéressant était suspendu à un mur humide et délabré de l'église ci-dessus désignée.
Amerighi. — Voir Michelangelo da Caravaggio. Barbieri. — Voir Guercino.
Barocci (Federico). — Le Baroche. — Romain. 1528; f 1612. * L'Extase de sainte Micheline (iv) .
Agenouillée sur le Golgotha, de trois quarts tournée à gauche, les yeux levés au ciel, où apparaissent, dans une lueur, deux chérubins, la sainte étend les bras. Robe grise, manteau jaune foncé, guimpe blanche ; à sa ceinture, des chapelets et une cordelière; à droite, son chapeau, sa besace et un bâton de pèlerin ; Jérusalem à l'horizon.
H., 2,52; L., 1,71. T. — Fig. gr. nat. — Église Saint-François à Pesaro. — A Paris, de 1797 à 1815. — Sainte Micheline de Pesaro, veuve, du tiers ordre de Saint-François, morte en 1356, soignait les malades dans les hôpitaux. Elle alla en Palestine pour visiter le Saint-Sépulcre ; c'est pourquoi elle est représentée en vêtement de pèlerine.
PINACUTIIÈQÏE.
' // AnnonciattQn (iv).
Dans une chambre, à gauche, la Vierge dépose son livre sur une table. L'ange, en robe blanche et manteau jaune, est agenouillé, à droite; au fond, nu rideau rouge relevé laisse voir, par la fenêtre ouverte, un donjon dans un vaste paysage; aux pieds de la Vierge, un chat endormi, dans une corbeille.
II . -2, M); I-, 1,60. T. — Fig. gr. nat. — Peint pour le duc Franccsco Maria d'Urbin, et autrefois dans la cathédrale de Loreto où le tableau a été remplacé par une copie eu mosaïque. A Paris, de I7'.»7a 1S|y. Le peintre lit île ce tableau une eau-forte, reproduite dans V Histoire de* Peintre*. ■< La plus admirable production d'un artiste qui, par la grdee et l'expression, tient à la fois de Itapbaël et du Corrège » (Ch. Ula.nc).
Beato Angelico da Fiesole (Fra Giovanni, dit). — Florentin. ir»N7; f 1455.
Miracles de saint Nicolas de liari. — Deux panneaux (i).
I. — A gauche, sous un portique, dans une chambre, où la mère du saint repose dans un lit à couverture bleue, au premier plan, l'enfant un. debout dans un baquet, devant lequel est accroupie une servante; au milieu, dans une rue, dont le sol est jonché de fleurs, l'évèque de Myrrha prêche devant des femmes assises à terre et quelques hommes debout, parmi lesquels saint Nicolas, en tunique rouge, auquel l'évèque annonce qu'il lui succédera; au fond, un bâtiment à coupole; à droite, dans une chambre, les trois tilles pauvres, couchées dans un lit à couverture rouge, près duquel se tient leur père; à droite, par une fenêtre, s;iinl .Nicolas jette les trois bourses qui serviront de dotaux jeunes tilles.
II. — Sur le bord de la mer, à gauche, saint Nicolas assiste au débarquement d'une cargaison de sacs de blé que des marins transportent dans la ville et qui vont se multiplier miraculeusement. A droite, saint Nicolas, au ciel, dans une gloire, sauvant du naufrage un bateau qui vogue à droite, et sur le pont duquel des marins sont agenouillés.
Chaque panneau : H..0,tr>; L. li.r.ô. 11. — Fig. 0.17. — Fragment de la prédella d'un tableau peint pour la chapelle de San ISiccoIo dei (iuidalotti à San Douicnico de Pérouse.
Le troisiè panneau de la prédella, le motif central et le cadre, orné de douze
ligures de saints, sont conservés au inusée municipal de Pérouse. — A Paris, de 17f7 à 181*». Gité par Mii.ank.si (Vus., u, r.ir,. n 21 et G11. et ('.av. [It., il, 5ir>. n. 0. Gravé dans Guattvxi (pl. vi et \u). D'après le père Timotk.o Bottomo, qui écrivit la chronique du couvent de Saint-Marc, ce tableau aurait été peint vers I IÔ7. alors qu'Angelico habitait Florence; Si imno, dans son récent ouvrage sur le maître de l'iesole ip. \c> et sq.) lui assume une date plus ancienne : .« Tout porte ii croire qu'Angelico y a travaillé pendant son séjour à Gortone ou à Foliguo. »
ROME
Vierge en gloire, saint Dominique et sainte Catherine (i).
Assise sur un trône, la Vierge, en robe rouge et manteau bleu à doublure jaune, un lis dans la main droite, porte, sur son bras gauche, l'Enfant Jésus. Au premier plan, à gauche, saint Dominique ; à droite, sainte Catherine, tous deux agenouillés au pied du trône, sur la marche duquel se tiennent en adoration quatre anges, en robes bleues et rouges à fleurs d'or. Fond d'or.
H., 0,22; L., 0,17. B. — Fig. pet. nat. — Coll. Bisenzio de Rome, et Lord Dudley. — Voir la note sur le Bonifazio, ci-dessous.
Bernardino di Betto. — Voir Pinturicchio.
Bonifazio II Veronese. — Véronais. 1494; f 1553.
* Sainte Famille et Saints (i).
Au milieu, au pied d'un portique en ruine, la Vierge, assise, avec l'Enfant Jésus prenant des fleurs que lui présente sainte Elisabeth agenouillée, à gauche. Au premierplan, le petit saint Jean, chevauchant un agneau couché à terre, tend les bras vers le Sauveur ; à droite, conversant ensemble, saint Joseph, assis au second plan, et saint Zaccharie, tenant, des deux mains, une croix appuyée contre son épaule gauche. Aux pieds de la Vierge, un livre. Fond de paysage.
H., 1,82; L., 1,28. B. — Fig. pet. nat. — En très mauvais état; ce tableau ainsi que la Vierge en gloire, de Fra Angelico (voir ci-dessus), furent donnés par le comte Dudley, en 1872, en échange du Retour de l'enfant prodigue, par Murillo, qui avait été offert au pape Pie IX, en 1856, par la reine d'Espagne.
Bonvicino. — Voir Moretto.
Caliari (Paolo). — Voir Paolo Veronese.
Cossa (Francesco). — Ferrarais. Vers 1440; f vers 1480.
* Miracles de saint Hyacinthe, moine dominicain polonais (f 1257) (i). — Prédella à quatre compartiments.
1° Quittant sa maison, sur le seuil de laquelle se tient sa femme Elisabeth, en pleurs, Nicolas, bourgeois de Cracovie, en vêtements rouges, porte, sur le tombeau du saint, le cadavre de son enfant couché dans un bassin en or; au premier plan, l'enfant se dresse debout, dans le bassin posé sur l'autel. Autour de la chapelle, quelques assistants, les uns agenouillés, d'autres debout.
PINACOTHÈQt E.
2° Des habitants sont occupés à éteindre l'incendie qui dévore la maison de Stanislas Sosrna, à Clepartz. Sur le toit, un jeune homme agenouillé; dans une gloire, le sainl bénissant. Au premier plan, OU blessé vers lequel se précipite une femme.
3° Devant un temple à fronton et coupoles, précédé d'une colonnade, le saint exorcise une femme couchée à terre; sur les côtés, des assistants, en riches costumes, et une femme, les cheveux épars, qui s'élance vers la malade.
4° Dans une chambre, donnant sur un portique, trois servantes s'empressent autour du lit de Barbara Ferrak, femme de l'échanson du roi, guérie par les reliques du saint. Au premier plan : un chasseur, à cheval, le faucon sur le poing et deux gentilshommes, un troisième drapé dans un large manteau, etc....
tes scènes se déroulent dans un paysage avec ruines et montagnes escarpées; à l'horizon, une ville à coupoles et minarets.
II. ,0,27; L, 2,10. B. — Fig. 0,15. — Acquis par Ciboire XVI de la famille Aldovrandi. Attribut'- jadis à Benozio Cozzoli. l'eintnre (•■i i.ir.ii>.', d'après lu nck. (v.»7i. M. Fuizzom croit y reconnaître la prédella d'un retable de Cossa, autrefois dans la chapelle des C.i i l'on i, à San l'etronio de Bologne, dont on retrouverait d'autres fragments, un Saint Hyacinthe à la National Callery, un Saint Pierre et un Saint Jean-ltaptiste ;m nuitée Brera. Vasaiu a parlé île ce laldeau représentant, dit-il, les miracles île saint Vincent Forrier, qu'il attribue à Lorenzo Costa, et « dont la prédella serait de la main d'Errole de Ferra re » (m, m); Mohki.li accepte cette attribution. M. Vkmtihi tient pour Cossa (Cal., p. se), en rappelant les fresques du palais Sclulanoia, à Ferrare. <■ Si l'on compare le type des femmes qui soignent à gauche la malade avec celui des feu -s dans
la peinture du mois d'avril, on reconnaît, non pas une ressemblance, mai» une absolue Conformité. »
Crivelli (Carlo); — Vénitien. 1430 (?); f 1495(7).
Saint Bernardin de Sienne, f'raneisvain'î (} I lil) (n).
Debout, de profil tourné adroite, un livre ronge sons le bras gauche, la main droite levée. Derrière lui. une draperie de soie blanche brodée, au-dessus de laquelle sont suspendus des fruits. A droite, pend, à un cordon rouge, dans un médaillon, le monogramme du Christ, sur fond bleu. En bas, à droite, deux donateurs agenouillés, en prière.
On lit, à droite, en lettres d'or, sur le fond : BEATVS JACOBVS DEAS- CULO DELA MARCA; et, sur un cartel, sur la contre- marche : Ol'VS CAR0L1 CRIVELU VENETI, 1 '.77.
H. , 2, 20; L., 0,67. B. — Fig. pet. riat. — Bépliqne au musée du Louvre, n' 12»>8 '. l e monogramme du Christ qui ligure dan- le- représentations de saint Bernardin