SAN GIOVANNI IN LATERANO
Cintrée par le haut. — Fig. à mi-corps, petite nat.— C'est le seul fragment conservé d'une grande composition que Giotto avait peinte sous le portique de l'ancienne basilique. « Cette fresque, qui prouve que Giotto était encore à Rome en 1300, bien que très retouchée, et en mauvais état, révèle, quand on la regarde avec soin, le grand talent du maître dans les portraits, aussi bien dans la structure des corps que dans l'individualité des visages et l'harmonie des proportions » (Cn. et Cvv., lt., i, 258). — « On peut garantir la ressemblance, car elle est en exact rapport avec le portrait physique que nous retrace l'histoire et surtout avec l'âme qu'elle représente. Toute la personne respire la force, la santé, la domination et l'orgueil ; sur ses lèvres, court le sourire du triomphe et de l'ambition satisfaite » (Montégut, déjà cité, 394.)
Mosaïques de l'abside.
Torriti (Jacopo). — Florentin. Fin du xme siècle.
* Voûte de la tribune.
Dans la zone supérieure , au milieu, le Christ, en buste, grandeur colossale, vêtu d'une tunique et d'un manteau violet, au-dessous d'un Séraphin, entre deux groupes de quatre auges volants, en adoration. Dans la zone inférieure, au milieu, se dresse une grande croix d'orfèvrerie, vers laquelle descend la colombe mystique. Au pied de la croix, des cerfs et des brebis. A gauche, debout, la Vierge, une main posée sur la tête de Nicolas IV, très petite figure agenouillée derrière elle, saint Pierre (entre la Vierge et saint Pierre, saint François, déplus grande taille que le pape, mais de plus petite que les figures principales), saint Paul. A droite, saint Jean-Baptiste, ayant derrière lui saint Antoine de Padoue; de plus petites proportions, saint Jean l'Évangéliste, saint André. Au-dessous, le cours du Jourdain, avec la divinité du fleuve, appuyée, à l'antique, sur son urne, au milieu de barques, de poissons, de cygnes, de petits génies.
Signé, en bas, à gauche, dans l'angle : IACOBVS ÏORIT. PIC. OHOP. FECIT.
Torriti (Jacopo) et Fra Jacobus da Camerino. Fin duxmc siècle.
* Paroi circulaire inférieure.
Neuf figures de prophètes, dont trois, au milieu, séparés entre eux par les fenêtres, chacun debout entre des arbres, et deux groupes de trois à chaque extrémité. En bas, à droite, une petite figure de vieux moine franciscain, tenant à la main un compas et une équerre; et, à gauche, lui faisant face, un moine plus jeune, frappant de son marteau une plaque, sur laquelle on lit : FR. IACOB DE CAMERINO SOCI MAGRI OPIS RECMMENDAT SE MIAE PI ET (meri)TIS BEAT! JOHIS.
ROME
« 11 est certain que ce frère, plus jeune, a été l'aide et le collaborateur du plus vieux qui lui fait face, et qui, si l'on en juge par la ressemblance de cette mosaïque de la paroi inférieure avec la mosaïque du baptistère de Florence, pourrait bien être le même frère, ayant travaillé là aussi avec l'aide du frère de Camerino » (Cit. et Gav., St. délia PU. it., us). — « Ces mosaïques du xiu" siècle ont remplacé, selon toute apparence, les décorations primitives du ive et du v* siècle, tombant de vétusté, et que les nouveaux artistes ont pu, sans irrévérence et même à titre de respect et de fidélité, mêler à leurs propres idées, ou plutôt au programme que les progrès du temps et les changements de la liturgie devaient leur imposer, ces reproductions littérales du style et de la grâce antique. C'est par ce genre d'emprunt et de réminiscence que ces deux absides (celle de Saint-Jean de Latran et celle de Santa Maria Maggiore. Voir plus haut, p. 215) prennent un caractère de noblesse presque classique, et une élévation de style dont, au premier coup d'oeil, on a peine à se rendre compte» (Vitet, 11, 298).
« Cette mosaïque que le moine Torriti ne fit, peut-être, que restaurer, entre 1287 et 1295, est encore uniforme et d'une ordonnance éparse; mais l'expression de la prière et de la ferveur enthousiaste y a déjà un grand caractère » (Burck.. 508). — Suivant une habitude, assez commune à cette époque pour la disposition hiérarchique des personnages, les apôtres et la Vierge sont de taille colossale, tandis que les saints ont à peine la moitié de leur stature et que le pape est encore plus petit que les saints. On peut faire la même remarque dans la mosaïque de l'abside, à la basilique Santa Maria Maggiore. Cette belle œuvre a d'ailleurs beaucoup souffert; elle a même été renouvelée en quelques parties, lors de son transport de la vieille abside à la nouvelle abside construite par l'architecte Vespignani, lors de la dernière restauration de la basilique, sous Pie IX et Léon XIII. (Voir les articles de Gerspach et Pératé dans la Gazette des Beaux-Arts, 2e période, t. 35, p. 270-272.)
Dans la sacristie :
Raphaël Sanzio (Raffaello Santi dit). — Raphaël.
* La Vierge. VEnfant Jésus, le petit saint Jean.
Assise dans une prairie, contre un bloc de pierre, la Vierge s'interrompt dans la lecture d'un livre qu'elle tient de la main gauche et se tourne, à gauche, vers l'Enfant Jésus. Celui-ci, 'debout, appuyé contre sa mère, dont il entoure le cou du bras gauche, élève, de la main droite, la croix en roseau que lui présente le petit, saint Jean, agenouillé à ses pieds.
Carton pour la Vierge de la maison d'Albe (musée de Saint-Pétersbourg), en très mauvais état. Une copie ancienne de l'original se trouve dans la coll. Borghèse. (Voir Gruyer, les Vierges de Raphaël, m, p. 193 et sq.)
Venusti (Marcello). V Annonciation.
D'après un dessin de Michel-Ange.
MUSÉE DE SAINT-JEAN-DE-LATRAN
MUSÉE DE SAINT-JEAN-DE-LATRAN
Le palais de Saint-Jean-de-Latràn, qui s'élève sur la place, appuyé contre l'église, servit d'habitation aux souverains pontifes jusqu'en 1309, lorsque les papes émigrèrent à Avignon. Il fut, à cette époque, presque détruit par un incendie. Rebâti en 1586 sur les dessins de D. Fontana. il servit d'orphelinat jusqu'en 1845. A ce moment, Grégoire XVI y installa un musée d'antiquités et de peinture. Les tableaux sont réunis dans trois salles au premier étage :
Bartolomeo (Fra) di Paolo del Fattorino dit Baccio délia Porta. — Florentin. 1475; f 1517.
* Saint Pierre et saint Paul.
Les deux apôtres sont représentés debout, dans deux niches. Saint Pierre, le visage tourné de trois quarts vers la droite, porte les clés. Il est vêtu d'une robe bleue et d'un manteau jaune. Saint Paul, de trois quarU. tourné vers la gauche, en robe verte et manteau rouge, s'appuie, de la main droite, sur un glaive.
H., 2,50; L., 1,20. B. — Fig. gr. nat. — Gravés dans l'Ape Italiana. — Des études, pour ces deux ligures, sur papier teinté, aux Uffizi de Florence. L'académie des Beaux- Arts de cette ville possède les cartons pour ces deux tableaux (Voir Florence, parles mêmes auteurs, p. 218.) — Autrefois à l'église San Silvestro, puis transportés au Quirinal; depuis 1870, au Musée. — L'attribution de ces deux apôtres à Fra Bartolomeo a été donnée par Vasari (iv, 187). « Alors, il fit pour Fra Mariano Fetti, frère du plomb, à Montecavallo e San Silvestro, où il habitait, deux tableaux de saint Pierre et saint Paul ; mais, comme il n'arrivait pas à travailler aussi bien dans cette ville que dans la cité florentine, et comme, à force de voir tant d'oeuvres antiques et modernes, et de les copier, il perdait les qualités et l'excellence qu'il possédait auparavant, il se décida à partir, laissant à Baphaël d'Urbin, le soin de finir un de ces tableaux qui n'était pas terminé, celui de saint Pierre. » — C'est à l'occasion de ce travail que se serait passée la scène que relate Balthazak Castiglione dans son livre IlCortaggia.no (chap. m) : « Bernardo Bibiena raconte que deux cardinaux vinrent faire visite à Baphaël pendant qu'il achevait la figure du saint Pierre et critiquèrent la coloration de la tête qu'ils trouvaient trop rouge. Baphaël, voulant défendre son ami, répondit : « Ne vous étonnez pas, cette « couleur leur a été donnée après mûre réflexion ; car, il est à croire que les apôtres « rougissent autant au ciel que dans ces tableaux, en voyant l'église gouvernée par des
ROME
« gens tels que vous! » Mais, ainsi que le fait remarquer M. G. Gruykr (Frâ Bartolomeo et Mari otto Albertinelli, p. 64) ce propos ne doit pas être authentique : une pareille boutade qui ne surprendrait pas de la part de Michel-Ange, est en contradiction avec la courtoisie et l'aménité qui formaient le fond du caractère de Raphaël. En outre Vasari, dans la vie du Rosso, dément lui-même son récit cité ci-dessus, car il déclare que Bartolomeo quitta Rome « sans y avoir rien peint ». 11 est fort probable que l'artiste composa, dans la ville sainte, les cartons des deux apôtres, et qu'il exécuta les peintures à Florence. On ne s'expliquerait pas, d'ailleurs, pour quelle raison Bartolomeo les eût emportées avec lui dans sa ville natale, où le syndic du couvent de Saint-Marc les vit et les nota en ces termes. « Deux tableaux d une hauteur de quatre brasses environ, dont l'un représente saint Pierre et l'autre saint Paul; leur valeur approximative est de 50 ducats; mais, comme le saint Pierre est un peu imparfait, je ne l'évalue que 25 ducats; Us ont etc. donnés à San Siïvesiro. » Quoi qu'il en soit, ces deux apôtres ne doivent pas être comptés au nombre des meilleures œuvres du peintre. « Sans doute il y a de la majesté dans les figurés, et les draperies elles-mêmes participent de cette majesté ; mais on sent que l'auteur s'est trop souvenu de Michel Ange et ses qualités personnelles en ont souffert : on ne retrouve pas la simplicité qui donne tant de charme à la plupart de ses compositions précédentes » (Gkuyuh, /rf., 65). Burck., «51. Cr. et Cav., It., ni, 459.
Cesare da Sesto. — Lombard. 1485; -f 1534. Le Baptême du Christ,
H., 2,50,; L., 1,50. B. — Fig., 1.20.
Cola dalF Amatrice (Nicola Filotesio, dit). — Napolitain. 1489; |1559.
L'Assomption.
Autour du sépulcre béant, sont réunis les apôtres; à gauche, saint Paul agenouillé, et, au second plan, saint Thomas auquel la Vierge, qui s'élève dans les airs, remet sa ceinture. Autour de la mère du Sauveur, des anges et des chérubins. Fond boisé et mamelonné. Signé sur le tombeau : COLA AMATRICIVS FACIEBAT. MDXV.
H., 2 m.; L., 1,53. B. — Fig., 1 m. — « Execution sèche et dure; opposition désagréable des lumières jaunes et noires » (Gr. et Cav., N, It,, «, ic-6).
Deux saints.
En avant, saint Laurent, en dalm^tique rouge, à larges bordures vertes, vu de dos, un gril à la main : au second plan, saint Benoit, en robe noire, portant une crosse. Fond de paysage; à droite, une route conduisant à la poterne d'une forteresse ; à gauche, un lac.
Deux saintes.
Au milieu» Marie-Madeleine, en robe rose à reflets jaunes, manteau
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Cliché Anderson. Typogravure Jean Malvaux.
Crivelli (Carlo).
La Vierge et l'Enfant Jésus.
MUSÉE DE S A I N T - J E A N - D E - L A T R A iS .
rouge, vue de l'ace, portant un vase de parfum ; à droite, sainte Agnès, en robe rouge, manteau vert foncé à doublure rose, de trois quarts tournée vers la gauche, un lis à la main. Fond de paysage; à gauche, une ville dans une plaine; à droite, des rochers.
H., 1,20; L., 0.80. B. — Fig., 0,80. — Panneaux se taisant pendant.
Crivelli (Carlo). — Vénitien. 1 430 (?) ; f 1495(7).
* La Vierge et l'Enfant Jésus.
Sur un trône en marbre, à dossier très élevé et ornementé, est assise la Vierge, vue de face, la tête inclinée vers la droite ; elle est vêtue d'une robe rouge et d'un manteau de brocart vert et or, brodé d'or; sur sa tête, un voile en tulle, une couronne enrichie de pierreries et un collier de perles fermé par une pierre précieuse ; elle soutient, de ses deux mains, l'Enfant Jésus debout sur son genou gauche, une pomme cà la main ; devant le dossier du trône, est tendue une draperie sur laquelle est attachée une guirlande de fruits; h gauche, en avant, est agenouillée une petite figure de moine, les mains jointes. Signé, sur la contre-marche : OPVS CAKOLI CRIVELLI VENETI, 1482.
H., 1,50; L., 0,65. — Fig. gr. nat. — « Dans ce tableau, on peut admirer le mieux la délicatesse qui rappelle l'art siennois sous Memmi ou celui des premiers peintres de Gubbio » (Ch. et Cav., N. It., i, 89). — « D'une grâce exquise » (Burck. 608).
Vierge et saints. — Tableau d'autel en cinq compartiments.
Panneau central. — Assise sur un trône dont le dossier est en forme de niche, la Vierge, vue de face, en robe bleue à doublure verte, corsage jaune, voile blanc, un diadème sur sa chevelure blonde, tient, dans ses Ijras, l'Enfant Jésus de trois quarts tourné vers la droite; celui-ci porte un miroir et un oiseau qu'il retient par un til; derrière la Vierge, est tendue une draperie; h gauche, en avant, est agenouillé un donateur — petite figure.
Panneaux latéraux. — A gauche : saint Grégoire et un saint ; à droite, saint Jean-Baptiste et un saint. Daté sur le cadre : 1481. DIE VLTIMA JULIY.
Pan. cent. II., 0,90; L., 0,50. Pan. lat. : H., 0,90; L., 0,25. B. — Ce tableau a été diversement jugé par les critiques. Alors que Morelli (i, 275) le considère comme une œuvre originale d'un dessin puissant, Crowe et Cavalcaselle (N. It., 1, 88), l'indiquent comme un tableau d'atelier d'un coloris dur et d'une facture laissant à désirer. — «Ces deux Madones ont permis à Crivelli de déployer toutes ses qualités dans le cadre limité qu'il s'entend si bien à remplir. Elles offrent un rare et exquis mélange de savoir, de distinction et de solennité. Avec des motifs frais et poétiques comme une idylle, alterne une ornementation éblouissante comme cbez les Byzantins » (Mùntz, L'Ar/e d'or, 77g).
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Francia (Francesco Raibolini, dit II). — Bolonais. 1450; fl517.
* lï Annonciation.
Au premier plan, à gauche, l'ange, en robe bleue, tunique jaune, manteau rouge, sa chevelure blonde tombant en boucles, vu de profil, est agenouillé, un lis à h main, devant la Yierge. Celle-ci s'avance, et s'incline, les bras croisés sur la poitrine ; à ses pieds, sur le sol dallé, un coussin vert à glands d'or; entre les deux figures, un pupitre en bois sculpté. La scène se passe devant une église dont la porte s'ouvre à droite et à laquelle est accoté un petit édifice octogonal, à coupole, orné de statues et de bas-reliefs. Au fond, à gauche, des personnages, sur une route qui mène à une ville construite au pied de rochers, sur le bord d'un lac que sillonnent des bateaux. Au ciel, dans une gloire, l'Eternel, bénissant de la main droite et tenant, de la gauche, le globe du monde; le Saint-Esprit vole vers la Yierge.
Cintré par le haut. — H., 2,50; L., 1,G0. B. — Fig. gr. nat.— L'ancienne attribution de cette peinture à Francia n'est pas maintenue par les critiques contemporains. Schmarzow (Melozzo da Forli, p. 283), la considère comme étant d'Antoniasso Romano dans l'atelier duquel Palmezzano aurait travaillé avec Melozzo et y trouve un exemple de la grande analogie entre Palmezzano et Antoniasso. — Consulter E. Calzini, Arch. Stor., 1894, p. 278.
Gozzoli (Benozzo). — Florentin. 1420; f 1498.
* Saint Thomas recevant la ceinture des mains de la Vierge.
Dans une gloire, entourée d'anges musiciens, la Yierge tourne son visage à gauche vers l'apôtre agenouillé, en robe jaune, manteau rose à doublure verte, les bras tendus vers elle et lui tend sa ceinture. Au milieu, le tombeau où des fleurs ont pris naissance ; à droite, un rocher sur lequel s'élève un arbre.
Sur les pilastres du cadre, de chaque côté :
Trois Saints debout.
Sur la Predella :
Six Éjïisodes de la Vierge (de dimensions différentes) :
La Naissance. — Le Mariage. — L Annonciation. — La Nativité de rEnfant Jésus. — La Circoncision. — La Mort de la Vierge.
E 1 m .; L., 1,50. B. — Peint a tempera. — Provient de l'église San Fortunato, près de Montefalco. — « Le dessin est assez défectueux, les corps sont raides et les draperies anguleuses. Les épisodes de la Predella sont meilleures. Elles semblent des réductions de Fra Angelico, auquel, d'ailleurs, l'œuvre a été, autrefois, attribuée » (Cr. et Cav., //., ii, 499). — « Dans ce tableau, apparaît encore l'esprit religieux et naïf du maitre de Gozzoli » (Burck., 555).— «Ici peuvent se reconnaître les différences qui existent dans les œuvres des deux maîtres. Chez Benozzo, les cheveux des vieillards sont gris fer, ceux
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Cliché Anderson Typogravurc J:an Malvaux
Fuancia (Francesco Raibolini dit II).
L'Annonciation.
MUSÉE DE S AIN T- J E AN - D E -L A T R A N
Lawrence (Sir Thomas).
Portrait de Georges IV, roi d'Angleterre.
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des jeunes gens de la couleur du blé, ceux des hommes d'âge d'une tonalité rougeàtre comme un épi; l'iris de l'œil est sombre, et non plus clair et si doux, comme chez Beato Angelico ; les chairs ne sont pas comme de l'agate fine ou comme des feuilles de rose, mais ont une teinte de brique. Dans les ligures de Giovanni les traits sont toujours fins, les oreilles longues et minces, les mains grandes et noueuses, les draperies simples; chez Benozzo, les traits sont gfos, le pli supérieur de l'oreille charnu, les doigts des mains séparés » (Venturi, Arte, 1901, p. 23).
Lawrence (sir Thomas). — Anglais. 1769; fl850. * Portrait de Georges IV, roi d'Angleterre.
En costume d'apparat, sur lequel s'étalent les colliers de quatre ordres; au genou, l'ordre de la Jarretière; sur l'épaule gauche, est drapé un manteau noir. Il est vu de face, le visage de trois quarts tourné vers la gauche. La main droite est posée sur une table où sont placés la couronne royale et un bref au bas duquel pend le sceau du souverain pontife; la main gauche appuyée sur la hanche. Au fond, à gauche, une porte ouverte; à droite, échappée sur la campagne ; au milieu, une grande draperie rouge. Signé, à droite, sur la bordure: SIR. THO. LAWRENCE.
H., 3,50; L., 1 m. T. — Fig. pl. gr. que nat. — Gravé dans l'Histoire de la peinture anglaise, par A. Chesneau.
Lippi (Fra Filippo). — Florentin. 1406; f 1469. * Couronnement de la Vierge. — Triptyque.
Panneau central. — Sur un banc en pierre, surélevé de trois marches, devant un pan de muraille en marbre, dans lequel s'enfonce une niche soutenue par des pilastres corinthiens, à droite, le Christ, assis, de profil, tourné vers la gauche, pose une couronne sur la tête de la Vierge, agenouillée, les mains jointes, vêtue d'un manteau violet, à doublure marron.
Vanneaux latéraux. — A droite, un moine, âgé, debout, présente au groupe divin le donateur Carlo Marsuppini d'Arezzo. Celui-ci, agenouillé, les mains jointes, vu de profil, est revêtu d'un habit ecclésiastique; en avant, à droite, un second moine, plus jeune. Au fond, trois anges musiciens. — A gauche, un moine, en robe de bure, présente un cardinal, agenouillé, les mains jointes ; en avant, un prêtre, en manteau violet; au fond, trois anges musiciens.
H., 1,40; L., 1,90. B. — Fig. 1 m. — Peint a tempera. — Provient de la chapelle Saint- Bernard au couvent de Monte Oliveto. — Acheté, en 1785, lors de la suppression de ce couvent, par la famille Lippi d'Arezzo, puis, en 1841, par llgo Baldi. Acquis de Carlo Baldeschi par le pape Grégoire XVI. — « Ce tableau a gardé une telle fraîcheur, qu'il semble avoir été fait de la main de Fra Filippo à notre époque. Le seigneur Carlo Marsuppini, qui l'avait commandé, ayant fait observer à l'artiste que, pour beaucoup déraisons, les
ROME
mains étaient défectueuses, à l'avenir, pour éviter tout reproche, celui-ci cacha les mains de ses personnages ou avec des draperies, ou d'autres façons » (Vas., iv, 618). — « Chefd'œuvre du maître » (Burck., 553).
Palmezzano (Marco) ou Palmeggiani. — Lombard. Vers 4456; t après 1557.
* La Vierge, l'Enfant Jésus et six saints.
Dans une chapelle dont les arêtes de la voûte reposent sur des piliers, sur un trône à base octogonale, est assise, de face, la Vierge, en robe rouge et manteau bleu foncé, fichu blanc, le visage baissé vers l'Enfant Jésus assis sur son genou et qu'elle soutient de ses deux mains. Celui-ci, tourné vers la gauche, bénit. Sur les côtés, sont réunis : à droite, sain Antoine, vieillard qui s'appuie, de ses deux mains, sur une canne; à sa droite, saint Dominique, au visage juvénile et souriant, portant le modèle d'une église et un lis; en avant, saint Pierre, plongé dans la lecture d'un livre qu'il porte de la main droite, tandis que, de la gauche, il tient deux clés. A gauche, saint François, contemplant le groupe divin, vers lequel il dresse ses deux mains jointes stigmatisées. Saint Laurent, en riche dalmatique, tenant, dans les mains, un gril et une palme, et, devant eux, saint Jean-Baptiste, appuyé sur une croix autour de laquelle s'enroule une banderole. Du plafond, pend une lampe. Un ange jouant de la viole est assis au pied du trône ; sur un cartel fixé à la base, la signature : MARCHVS PALMEZANVS PICTOR FOROLIVIENSIS FACIEBAT. MGCCCCXXXV1I.
Cintré par le haut. — H., 5,50; L., 2 m. B. — Fig. gr. nat. — Provient du couvent del Carminé à Cesena. — « La figure de saint Jean rappelle Melozzo da Forli » (Çalzini, Arch. Stor., 1894, p. 462). — « Bien que les physionomies et les attitudes ne soient pas agréables, cette peinture montre qu'à cette époque, le peintre n'avait pas encore décliné » (Ca. etCAv., It., u, 976i. — Incomplètement décrit dans le catalogue des œuvres de Palmezzano dressé par Milanesi (Vas., vi, 340). Burck.; 577.
* La Vierge, V Enfant Jésus et deux saints.
Sous une arcade cintrée, soutenue par quatre piliers, la Vierge, de trois quarts tournée vers la gauche, regarde l'Enfant Jésus assis sur son genou droit et qui bénit; au premier plan, à droite, saint Jérôme, drapé dans un manteau rouge, lui laissant la poitrineetles jambes nues, se frappant avec une pierre, et appuyé, de la main gauche, sur une croix; à gauche, saint Jean-Baptiste, tenant à la main une croix autour de laquelle est enroulée une banderole avec les mots agnvs dei. Au pied du trône, un ange jouant de la viole. De la voûte, pend, derrière la Vierge, une draperie rouge. A droite et à gauche, échappée sur un paysage montagneux.
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Clichd Anderson. Typogravure Jean Malvaux.
Palmezzano (Marco).
La Vierge, l'Enfant Jésus et deux Saints.
MUSÉE DE SAINT-JEAN -DE- LATRAN
H., 3, 50; L., 2 m. B.— Fig. gr. nat. — Tableau ayant beaucoup souffert. — La signature inscrite sur un cartel au pied de l'ange a été etfacée. — Cité dans Crowe et Cavalcaselle, mais omis par Milanesi. — « Sans doute de la même époque que le tableau précédent » (Burck., 577).
Santi (Giovanni). — Ombrien. Vers 1435; yl494. Saint Jérôme.
Assis dans une niche, sur un trône en marbre, le saint, coiffé d'un chapeau de cardinal et vêtu d'un manteau violet, tient une plume à la main et un livre ouvert sur ses genoux; à ses pieds, à droite, est couché un lion; dans les airs, deux anges et deux chérubins; au fond, dans le paysage montagneux, le saint, agenouillé devant un crucifix, se frappe la poitrine avec une pierre. Signé, sur la marche du trône : IOHAMES SANT1S DE VRBINO, P.
II., 1,80; L., 1,75. T. — Fig. gr. nat. — Peint a tempera sur une toile préparée d'un ton rougeàtre. — Provient de l'église San Bartolo à Pesaro; n° u du catalogue dressé par Passavant. — « Ce tableau est un exemple topique de l'affinité entre Santi et Pérugin. Le corps et les draperies, bien que dessinés moins puissamment que chez Pérugin, ont beaucoup de sa manière. Les anges rivalisent de grâce avec ceux du grand Ombrien » (Cr. et Cav., It., n, 588. Burck., 578).
Sassof errât o (Giovanni Battista Salvi dit). — Romain. 1605 ; f 1685. Portrait du pape Sixte V.
Assis dans un fauteuil recouvert de velours rouge, sur les bras duquel il appuie ses mains, le souverain pontife, vêtu d'un surplis blanc, d'un camail et d'un bonnet en velours rouge, est tourné de trois quarts vers la gauche. Derrière lui, a droite, une draperie verte; à gauche, par une fenêtre, on aperçoit Saint-Jean-cle-Latran qu'il avait fait rebâtir.
H., 1,15; L., 1,65. T. - Fig. gr. nat.
Portrait du pape Sixte V.
H., 0,55; L., 0,47. T. — Fig. en buste, gr. nat.
Vivarini (Antonio) da Murano. — Vénitien. Travaillait de 1440 à 1470.
* Saint Antoine, abbé et d'autres saints. — Polyptyque.
Dans un cadre richement sculpté, terminé par des pinacles surmontés de statuettes, sont renfermés, sur deux rangées, dix panneaux. Rangée inférieure. — Au milieu, saint Antoine, abbé, assis, coiffé
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d'une mitre, bénissant de la main droite, et tenant, de la gauche, une crosse à laquelle est accrochée une sonnette; sur les panneaux latéraux : à gauche, saint Christophe debout, dans le Jourdain, appuyé sur une palme, et soutenant, sur son épaule, l'Enfant Jésus; saint Sébastien, tenant d'une main une flèche, et de l'autre une épée; à droite, saint Venanzio, portant un modèle d'église et une oriflamme ; saint Vito, s'appuyant d'une main sur son épée, un chien à ses pieds.
Rangée supérieure. — Au milieu, Pieta :. le Christ, vu à mi-corps, dans son tombeau, les mains stigmatisées croisées sur la poitrine, son flanc saignant. Sur les côtés, à gauche, saint Pierre, un livre et les clés à la main, saint Jérôme présentant un modèle d'église ; à droite, saint Paul, élevant une épée, et saint Benoît, en riches vêtements ecclésiastiques, appuyé sur une crosse. Fond doré. Signé : au-dessous du saint Antoine : 1464, ANTON! VS DE MVRAO PIXIT : au-dessous de la Pieta, sur un cartel, une inscription latine.
Pan. inf. : H., 1,10; L., 0,50. B — Fig. 1 m. — Pan. sup. : H., 0,50; L.5 0,30. B. — Fig. à mi-corps. — Provient de l'église San Antonio àPesaro. — Catalogué par Milanesi (Vas., ni, 669). — « Cet ouvrage est du coloris le plus Trais, et la beauté des formes le place au rang des meilleurs tableaux du maître de Murano » (Lanzî, m, 2). — « Les personnages sont extrêmement maigres et longs, les pieds et les mains sont mauvais, bien que le contour soit tracé avec soin, les têtes comme toujours ovales, et les plis des draperies sont anguleux. Les ombres sont peintes avec des bachures. C'est une des dernières œuvres d'Antonio, bien que dans certaines parties, la Pieta et le saint Paul, on trouve un air de famille avec les œuvres de Bartolomeo » (Cr. et Cav., N. It.,
I, 33. BUHCK. , 606).
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Cliché Anderson. Typogravure Jean Malvaux.
Vivarini (Antonio) da Murano.
Saint Antoine abbé et (Vautres Saints.
SANTA PRASSEDE.
SANTA PRASSEDE
( Saint e-Praxède. )
Au sud de la place Sainte-Marie-Majeure, dans la petite rue Santa Prassede. Église édifiée en l'an 160 en l'honneur d'une des filles de saint Pudent qui donna, à Rome, l'hospitalité à saint Pierre. Réédifiée en 822, restaurée par saint Charles Borromée, et de nos jours. A trois nefs.
Abside. — Voûte et arc triomphal.
* Mosaïques du ixe siècle.
Dans la voûte hémisphérique, au milieu, debout, un volume dans la main gauche, le Christ, colossal, levant la droite pour bénir. Au dessus de sa tête, la main de l'Éternel; sous ses pieds, le fleuve du Jourdain. A gauche, de plus petite taille, saint Paul, présentant au Christ sainte Praxède, en riches vêtements chargés d'or et de pierreries, une couronne à la main et le pape Pascal, portant un petit modèle de l'église. A droite, saint Pierre présentant, de la même façon, sainte Pudentienne et saint Zéhon, qui porte un livre. A chaque extrémité de la mosaïque, un palmier. Au-dessous, au milieu, l'Agneau, symbole du Christ, entre six brebis, de chaque côté, et, aux deux extrémités, Jérusalem et Bethléem. Sur l'arc, dans la partie supérieure, au milieu, l'Agneau, couché sur un autel, entre les sept candélabres ; à gauche, deux anges, l'Ange de saint Mathieu et le Lion de saint Marc ; à droite, deux anges, l'Aigle de saint Jean, et le Bœuf de saint Luc. Au-dessous, de chaque côté, sur trois rangs superposés, les douze vieillards de l'Apocalypse, drapés de blanc, s'avancent vers le Christ, en tendant des couronnes.
« Ces mosaïques ne sont qu'une imitation de celles de l'église des saints Cosme et Damien (V. p. 290). Quoique rendues pires encore par de mauvaises restaurations, elles conservent pourtant quelque chose de monumental dans la distribution des figures, l'harmonie des parties et des masses, aussi bien que dans le mouvement des lignes; ce sont des réminiscences et des imitations de l'antiquité conservées par la tradition. Qu'on y ajoute la variété des accessoires et la richesse de l'ornementation, et l'on aura les causes de l'effet qu'elles produisent à première vue, malgré les imperfections et les défauts qu'elles ont en commun avec les autres ouvrages de cette époque » (Cr. et C.w.,
ROME
St. //., i, 75-70). — « Nulle part on ne juge, comme à Sainte-Praxède, du progrès de la décadence, nulle part on ne mesure aussi exactement l'espace qu'elle a franchi, notai» ment depuis le vie siècle, depuis le triomphe définitif et l'influence décisive des Barbares.... Ce n'est pas seulement une imitation libre, un souvenir, une réminiscence ; c'est une reproduction littérale, ou du moins, qui croit l'être. L'auteur de la mosaïque du ixe siècle a franchement pris pour modèle celle du vi* siècle, avec la ferme intention d'en répéter, traits pour traits, l'ensemble et les moindres détails.... Déjà bizarres, on s'en souvient, dans la composition originale, les personnages deviennent, dans la copie, tout à fait extraordinaires. C'est une maigreur, une rudesse, une exiguïté de formes, une configuration étroite et anguleuse, un air farouche, inculte, pétrifié, qui semblent constituer une espèce d'hommes à part; et quant aux brebis de la frise, déjà bien peu vivantes et pauvrement dessinées dans l'œuvre originale, elles perdent, dans l'œuvre imitée, tout caractère propre à la race ovine; on dirait des jouets d'enfants, de petits chevaux de bois grossièrement taillés. Vous touchez donc du doigt, en comparant ces deux absides, vous mesurez de l'œil, les progrès de la décadence » (L. ^itet, n
Bas côté de droite, chapelle Saint-Zenon : Mosaïques du ixe siècle.
A l'intérieur, autour de la porte, sur deux rangs, des ligures en bustes, dans des médaillons; dans la première zone, au milieu, la Vierge entre deux saints, et, de chaque côté, quatre autres saints; dans la seconde, le Christ bénissant, et, autour de lui, les Apôtres. — A l'intérieur, de face, sur la muraille, la Vierge entre les saintes Praxède et Pudentienne. Dans une lunette, au-dessus, le Christ et les Apôtres. De chaque côté de la fenêtre, la Vierge et saint Jean-Baptiste. Sur la paroi droite, les Apôtres saints Jacques, André, Jean, et, dans la lunette, le Christ entre deux saints, en buste. Sur la paroi gauche, les saintes Praxède, Pudentienne, Agnès, au-dessus de l'Agneau et d'un rocher d'où s'échappe une source dans laquelle boivent des animaux. Sur la quatrième paroi, saint Pierre et saint Paul ayant entre eux un trône vide. Dans la voûte, le Christ dans un médaillon que soutiennent quatre anges.
« La chapelle Saint-Zénon, construite par le pape Pascal (817-824), nous montre d'autres mosaïques dans les détails desquelles l'abus de l'or est poussé à l'extrême. C'est à cette profusion malentendue que cette chapelle doit sans doute son nom de Chapelle du Paradis, car certes elle ne peut le tenir de la beauté de l'art avec lequel elle a été exécutée et qui présente les mêmes caractères et les mêmes défauts » (Cr. et Cav., St. It., 73-76). Malgré la justesse de ces observations qui, d'ailleurs, s'appliquent surtout à l'incorrection des figures, cette petite chapelle reste un des ensembles décoratifs les plus complets et les plus saisissants laissés à Rome par le moyen âge carlovingien: et, comme l'a bien remarqué Vitet, on y trouve « particulièrement dans la voûte, à côté des plus tristes misères, quelques restes d'un sentiment décoratif assez achevé » (L. Vitet, It., 265).
Bas côté de gauche, chapelle Oligati.
Cesare d'Arpino (Giuseppe). — Le Chevalier d'Arpin. L'Ascension, les Apôtres, les Sibylles, les Prophètes.
SANTA PRASSEDE.
« Ces peintures à fresque passent pour les meilleures de l'artiste ; elles sont d'une couleur vigoureuse qui soutient les lumières et enlève les ligures. Joséphin y déploie un art, aujourd'hui perdu, l'art de plafonner, c'est-à-dire de dessiner les figures en l'air et en raccourci ; et il est juste d'ajouter que cet art exige un dessinateur expert et hardi, aussi habile à exprimer le vrai, qu'à rendre vraisemblable le mensonge des formes qui doivent tromper les yeux » (Ch. Blanc). — « Le Chevalier n'est pasun baroque, mais il est affligé d'une beauté ou plutôt d'une élégance banale et sans âme qui, en de rares occasions seulement, comme dans ces fresques, fait place à une plus noble chaleur » (Burck., 77ô).
Dans la sacristie :
Giulio Romano (Giulio Pippi dit). — Jules Romain. Le Christ à la colonne.
Autrefois au maître autel (Vas., v, 532). — « Sorte d'académie avec des carnations d'un rouge brique dont l'exécution, en dépit des morceaux de bravoure, est encore très soignée ■> (Burck., 698).
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