SAN GIOVANNI IN LATERANO
(Saint-Jean-de-Lalran.)
Sur la place du même nom, à l'extrémité de la via Merulana. Bâtie sur l'emplacement du palais de Plaulius Laleranus, qui fut assassiné par ordre de Néron. « La véritable basilique du pouvoir catholique, née le même jour où le Christianisme célébrait sa victoire définitive sur le monde; car c'est Constantin qui en jeta les fondements dans son propre palais, et c'est là, qu'en souvenir de cette grande origine, chaque nouveau pape venait, avant 1870, prendre possession du trône pontifical. » (Montégut, Revue des Deux Mondes, 1870, t. n, p. 393 et sq.). Détruite par un tremblement de terre en 904, et, par deux incendies, en 1308 et en 1360, elle fut réédifiée sous Clément V, agrandie sous Urbain V, Grégoire XI, et les papes suivants, et complètement restaurée en 1650 et* en 1734. La façade principale, en travertin, avec entablement et fronton soutenus par quatre colonnes et six pilastres, est l'œuvre de Galilei. Au fond du portique, est la statue de l'empereur Constantin trouvée dans les Thermes. Cinq portes conduisent dans l'intérieur de la basilique qui est à cinq nefs, avec chapelles latérales.
Celte église, si riche en monuments funéraires et en statues ou groupes en marbre, ne renferme qu'une œuvre picturale digne d'être signalée. C'est un fragment de fresque, sur le premier pilier dans la nef de droite, derrière la statue de saint Mathieu :
Giotto di Bondone. — Florentin. 1276 (?); f 1337.
Le pape Boniface VIII proclamant le Jubilé de 1300.
Debout, sur une galerie soutenue par des colonnes, le pape, vêtu d'une dalmatique et coiffé de la tiare, la main droite sur la poitrine, est vu de face, regardant à droite. A ses côtés, deux cardinaux, l'un âgé et chauve, l'autre plus jeune et tenant une banderole avec ces mots : BONI- FACIVS EPISCOPVS. Au fond, à droite, un assistant tourné de profil à gauche. En avant, un balcon, sur la balustrade duquel est posée une draperie.