‹ Rome: Le Vatican, les eglisesChapitre 98 sur 140 · Voir Florence, par les mêmes auteurs, p. 253 et · texte numérisé non relu

Voir Florence, par les mêmes auteurs, p. 253 et

ROME

A la voûte :

Raffaellino del Garbo. — Florentin. 1460; f 1524. Les Sibylles.

« Dans l'église de la Minerve, il peignit le ciel de ta voûte dans la chapelle où est enterré le cardinal Caraffa, si finement qu'on croirait que c'est l'œuvre d'un miniaturiste; et Filippo, son maître, le considéra en certains cas comme supérieur à lui-même, (Vas., iv, 235). — Ces fresques, citées par Bottari, sont en très mauvais état.

A gauche, contre la muraille, au-dessus du tombeau de l'évêque Guillaume Durant :

Cosmati (Johannes) xive siècle.

Vierge, Enfant et deux Saints.

La Vierge, assise sur un trône, tient, sur ses genoux, l'Enfant Jésus qui bénit; sur les côtés, un moine dominicain et un saint, en costumes épiscopaux. Signés, sur la base du tombeau : JOHS. FILIliS. MAGR1. COSMATI FEC. HOC. OPUS.

Mosaïque bien restaurée et repeinte. — « A remarquer la tête de la Vierge assez grosse sur un cou très mince, et l'expression de mélancolie dans les yeux à demi fermés. Il y a là une réminiscence des formes des anciens Romains aux xi" et xii" siècles. L'Enfant Jésus est bien proportionné et les saints plaisent par leur attitude naturelle et pleine d'humilité » (Cr. et Cw., St. lt., io3).

Chapelle du Rosaire :

École florentine.

Vierge et Enfant.

Cette peinture est faussement attribuée à Fra Angelico. Dans son commentaire, Milanesi (Vas., ;i, 532) fait justement remarquer qu'il n'existe plus, à Santa Maria délia Minerva, aucune des peintures de Fra Angelico : « Peut-être ont-eile été recouvertes par quelque pinceau horrible, soit pour cacher le travail précieux, à l'époque où les étrangers emportaient les plus célèbres œuvres d'art, soit parce que, ne se rendant pas compte de la valeur de cette Vierge, on a préféré une peinture plus moderne. »

SAN LUIGI DE' FRANCESI

SAN LUIGI DE' FRANCESI

( Saint-Louis-des-Français. )

Sur la place du même nom, vis-à-vis le Palais du Sénat (autrefois villa Madame). Construite, en 1589, par ordre du roi de France, Henri III. Desservie par des prêtres français; lieu de sépulture d'un grand nombre de nos concitoyens, parmi lesquels, le peintre Guérin et l'archéologue d'Agincourt; elle renferme, le monument élevé par Lemoine à Claude Lorrain. La façade est de Giacomo délia Porta. A trois nefs avec chapelles latérales.

Bas côté de droite.

Deuxième chapelle :

Domenichino (Domenico Zampieri dit II). — Le Domjmqujn.

Épisodes de la vie de sainte Cécile. — Fresques.

A droite.

Rangée inférieure :

Sainte Cécile distribuant des vêtements aux pauvres.

Sur une terrasse, à droite, la sainte, accompagnée de serviteurs qui portent des malles et des vêtements, tend une tunique rose aux pauvres, qui se pressent en foule. Au milieu, un malade, soutenu par un homme, s'approche; des malheureux, au premier plan, se partagent les aumônes; une femme et son enfant sont assis à terre et deux enfants se disputent un vêtement.

Rangée supérieure :

Sainte Cécile et son époux, saint Valérien.

Ils sont agenouillés tous deux et couronnés par un ange ; à gauche, sur une table, un orgue.

ROME

A gauche.

Rangée inférieure :

Martyre de sainte Cécile.

Dans un temple, au milieu, la sainte, vêtue de blanc, soutenue par une de ses compagnes, s'affaisse, la gorge saignante, contre la vasque remplie d'eau bouillante dans laquelle elle avait été plongée pendant quatre jours sans éprouver aucun mal. A droite, l'évêque Urbain qui la bénit; à gauche, un vieillard, une femme et deux enfants, les yeux tournés vers la sainte ; au premier plan, deux femmes, assises à terre, portant des aiguières; au second plan, un homme, une femme et un enfant. Vers la sainte, descend du ciel un ange, tenant dans les mains une couronne et une palme.

« Bon exemple d'une symétrie à la fois stricte et élégante » (Blrck , 800).

Rangée supérieure :

Sainte Cécile refusant de sacrifier aux faux dieux.

Dans le temple de Jupiter, sainte Cécile, en robe blanche, s'éloigne d'un trépied sur lequel brûle le feu du sacrifice ; un enfant, portant des oiseaux dans une cage, se tient à ses côtés; à droite, s'avancent deux sacrificateurs, amenant un bœuf et un bélier; le gouverneur Almaque est assis sur un trône, au pied duquel est debout nu vieillard. Au fond, une statue.

A la voûte :

Sainte Cécile portée au ciel.

Agenouillée sur une draperie, qu'étend sous ses pieds un ange, sainte Cécile, en corsage jaune et robe verte, les bras étendus, est enlevée au ciel par des anges; l'un porte un orgue, deux autrestiennent un glaive qu'ils tirent de son fourreau, d'autres ont à la main des palmes et des couronnes.

« Ces fresques sont les seules où Dominiquin soit exempt de cette généralité de forme qui est le caractère de l'école bolonaise » (Burck., 786). — « La pensée de cet artiste qui souvent semble craindre de se laisser entrevoir, se manifeste clairement dans cette décoration, et avec une incontestable autorité. Plus de ces ménagement excessifs qui compromettent le sentiment et ôtent à l'œuvre son accent moral; plus de tergiversations, ni de scrupules exagérés. Quand il représente les enfants se disputant les aumônes de la Sainte, ou essayant, le rire sur les lèvres, des vêtements trop larges pour leurs petits corps, le Dominiquin ose nous faire part de ses impressions à propos des objets qu'il a entrepris de retracer. Il interprète, avec une originalité parfois saisissante, la nature, qu'il n'étudie ailleurs qu'à travers les enseignements de l'école et de regrettables préoccupations » (Ch. Blanc).

SAN LUIGI DE' FRANCESI

Au maître aulel :

Reni (Guido). — Le Guide.

Sainte Cécile.

Copie du célèbre tableau de Raphaël que possède le musée de Bologne. Quatrième chapelle, dite de Saint-Remy.

A droite :

Sicciolante (Girolamo) da Sermoneta.

L'armée de Clovis en marche.

A gauche, le roi des Francs, dont le coursier se cabre, entre deux officiers portant des étendards, l'un, jaune parsemé de fleurs de lis, l'autre, rose, avec ces mots : AVIU FLAMMA ; au fond, des cavaliers ; au milieu, des chasseurs poursuivant un cerf qui s'est jeté dans une rivière; à droite, le camp. A l'horizon, un paysage boisé et montagneux.

Au maître autel :

Conte (Jacopo del).— Florentin. 1502 ou 1510; f 4598. Serment de Clovis.

Dans l'église de Reims*, à gauche, le roi est agenouillé devant un crucifix, le bras droit levé, jurant de se convertir au christianisme s'il revient vainqueur. En avant, la reine sainte Clotilcle, les mains jointes, vue à mi-corps; à droite, saint Reiny, archevêque, et deux prêtres; au premier plan, des statues d'idoles brisées jonchent le sol.

« Cette fresque est d'un artiste plus habile que ses contemporains, également sincère et mesuré » (Burck., 778).

A gauche :

Tibaldi (Pellegrino di Tibaldo de' Pellegrini dit Pellegrino).

— Bolonais. 1527; f 1600.

Baptême de Clovis.

Dans l'église de Reims, au milieu de laquelle s'élève un crucifix, Clovis vu de profil, en costume romain, un genou en terre, est baptisé par saint Remy qu'entourent des prêtres et des soldats. A droite, la reine agenouillée et ses suivantes.

ROME

A la voûte :

Trois petites fresques représentant des Batailles.

Vasari (vu, 416) cite ces peintures qu'il déclare nullement inférieures à celles des deux autres artistes qui décorèrent la chapelle qu'il indique, à tort, comme consacrée à saint Denis. — « Si les trois petits' tableaux du plafond sont déjà maniérés, la grande peinture murale, par le bon style des figures, par la beauté de l'architecture et par les tons dorés du coloris, produit une bienfaisante impression » (Burck., 77s).

Chœur :

Au maître autel :

Bassano (Leandro et Francesco da Ponte, dits). — Vénitiens.

Assomption.

Tableau attribué par Burck. (767) à la collaboration des deux frères. — Très belle peinture qui a été admirée et étudiée par Bubens.

Bas côté de droite :

Cinquième chapelle, dite de Saint-Mathieu. Michelangelo Amerighi da Caravaggio.

Épisodes de la vie de saint Mathieu.

A gauche : le publicain, dans sa boutique, étend la main vers un groupe de cinq personnes qui comptent de l'argent sur une table.

Au maître autel : le saint, en tunique jaune , en train d'écrire, tourne la tête à gauche, où lui apparaît, dans une gloire, un ange.

A droite : le saint, agenouillé sur les marches d'un temple, est frappé d'un glaive, par ordre du roi Hyran. Sur les côtés, des assistants, et un enfant qui s'enfuit. Au ciel, un ange tend au martyr une palme.

« Le mauvais éclairage ne permet pas d'apprécier l'effet du coloris, lequel, d'ailleurs, a pu être fortement rembruni. Ce qu'il y a de certain pourtant, et les autres œuvres du maître concourent à le prouver, c'est qu'ici l'artiste a recherché, à dessein, les impressions sombres et pénibles et que l'absence de lumière réflexe était un moyen essentiel pour atteindre le but. Le martyre, où le peintre cherche à effrayer par l'imitation réaliste du sang versé est, en ce sens, presque ridicule » (Burck., 790 et soc).

Il ne nous a pas été possible de retrouver le tableau de Saints (saint Antoine, saint Jean-Baptiste, sainte Elisabeth adorant la Vierge qui s'enlève au ciel) que Karel van Mander (ii, 171) cite comme ayant été peint par Sprangher (Barthélémy), dans cette église et qu'il déclare très remarquable. Ce tableau a pourtant été gravé par Crispin de Passe. Il a sans doute été enlevé.

Page 1