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SAIS TA MARIA SOPRA MINERVA

agenouillé, les mains jointes, de profil tourné vers la gauche, à la Vierge, debout, dans une chambre, devant un pilier orné de délicats motifs ornementaux. Au seuil de la chambre s'incline, les mains jointes, l'ange Gabriel, au-dessus duquel, dans un rayon lumineux, vole la colombe. Au second plan, à droite, une chaise, des livres ouverts sur une table, et, contre la muraille, des livres, un encrier, un pot de fleurs posés sur un rayon que cache, en partie, une draperie relevée sur une tringle.

Les fresques de La chapelle Caraffa furent exécutées de 1487 à 14-93. — Par une lettre en date du 2 mai de cette année, Filippino s'excuse auprès du chef de la famille Strozzi de ne pouvoir s'occuper en ce moment de la décoration qui lui avait été conliée par ce seigneurà Santa Maria Novella de Florence, étant retenu par le service du cardinal Olivieri Caraffa, maitre aussi bon que possible, duquel il a reçu une commande dont il donne le détail (Voir Arch. Sto., 1889 p. 183). Ce'travajJ fut payé à Lippi 2000 ducats environ 100000 francs, non compris l'achat du bleu d'outremer, et le salaire de ses aides, somme énorme pour une époque où Signorelli devait se contenter de 580 ducats pour la décoration de la chapelle de la Vierge dans la cathédrale d'Orvieto et Michel- Ange de 3000 ducats pour ses fresques de la Sixtine. — « En quittant Spolète, Filippino vint à Rome, où il exécuta, dans l'église de la Minerve, pour le cardinal Caraffa, des épisodes de la vie de saint Thomas d'Aquin et quelques liguresallégoriques dont lui-même se montra satisfait. On y voit donc la Foi qui fait prisonnière l'Infidélité ainsi que les Hérétiques et les Infidèles. De même, sous l'Espérance est le Désespoir, et beaucoup d'autres Vertus sont accompagnées des Vices qui leur sont opposés *. Il y a une dispute de saint Thomas en chaire qui défend l'Église contre toute l'école des hérétiques, où sont réunis beaucoup de personnages bien habillés. Il y a aussi lorsque saint Thomas priant, le crucifix lui dit: Bene scripsisti de vie Thoma. Sur' un panneau, est ? Annonciation de la Vierge avec Gabriel, et un portrait fait d'après nature de Olivieri Caraffa, cardinal et évêque d'Ostie, qui fut enterré dans cette chapelle en 1511 et porté ensuite dans la Piscopia à Naples. Sur une face, est V Assomption au ciel avec les douze apôtres entourant le sépulcre. Toute cette œuvre a été et est considérée comme excellente et comme un travail à fresque parfaitement rendu » (Vas., ru, 468). — Consulter dans les archives des Médicis à Florence (rangée xlvi, a. c. 5S6) une lettre du cardinal, écrite le 2 septembre 1488 à Dom Gabriello abbé de Montescalari, qui renferme des détails intéressants sur la vie artistique de Filippino à cette époque. — « Dans ces fresques, éclatent, au plus haut degré, des qualités, jusqu'alors inconnues aux peintres italiens. Je veux dire une fluidité et une souplesse de lignes, un art de disposer les masses, une fougue dans les attitudes et l'ordonnance, en un mot un sentiment de la mise en scène qui a, il n'est pas permis d'en douter, préparé les voies à Raphaël, lorsque celui-ci aborda les fresques des Stances et les cartons des tapisseries. Quant aux figures prises isolément, quoique la plupart des têtes soient faites de chic, elles sont très habilement exécutées et très variées d'expression ; l'artiste y a mêlé des types de Primitifs à des types déjà plus libres et expressifs » (E. Muntz, L'Age d'or, 6Si)- — « Il y a une grande parenté entre les fresques de la Minerve et celles del Carminé à Florence2. Ici déjà, cependant, dans le triomphe du saint sur l'Hérésie, se remarque une composition tourmentée, un mouvement inquiet, une exécution superficielle qui, dans les fresques de la chapelle Strozzi à Santa Maria Novella (1502), deviendront de la manière et de la bizarrerie » (Burck., sco).

1. Tous ces sujets ont disparu pour faire place au monument de Paul IV.

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