MOVRIR SVR CETTE TERRE ETRANGERE
F. A. DE CHATEAVBRIAND .k. ÉLEVÉ CE MOISVMENT A SA MÉMOIRE.
Un bas-relief en marbre blanc représente Pauline sur son lit de mort, montrant du doigt, au-dessus de sa tête, les cinq médaillons des membres chéris de sa fa* mille qu^elle pleure, avec ces mots autour :
QVIA NON SVNT.
La dalle sépulcrale de Pauline de Montmorin, comtesse de Beaumont, est plus bas, avec ces mots tirés de Job et choisis aussi par le génie mélancolique du père de René : Cvr miser is data est IvXy et his qvi svnt in amaritvdine cordis * ?
Au fond de l'église, à droite, l'ambassadeur de France a fait rétablir, en 1840, cette inscription en marbre noir qui rappelle les dons de Catherine de Médicis et les charges qu'elle imposa à Saint-Louis :
CATHARINA . REGINA . FRANCIS • HENRICi H VXOR .
FRANCISCI 11 . CAROLl IX . HENRICI 111 REGVM
OHRISTIANISS. MATER . HVIC . TEMPLO . EJVSQVE .
HOSPITALI . VICINAS . OMNES . AB . DEXTERA
DOMOS . AREAS . ET . OPFICINAS . QVJE . SVO . PALATIO .
ADJACENTES . INSVLAM . EFFICIVNT . DONAVIT .
TRIVU . MISSARVM . IN . PERPET . GELEBRANDARVM .
ONERE . RECTORIBVS . IMPOSITO . HOC . ORDlNE .
VT . ANNIVERSARIA . VNA . SOLEMNITER . FIAT .
VI . ID . QVINT . QVO . DIE . VIR . EJVS . HENRICVS . OBIERAT .
DEINDE . VT . QVOTIDIANiE . PRIVATIM .
DViE . VNA . PRO . SVA . ET . HENRICI . FILII . QVANDIV .
VIVERENT • AC . DEINCEPS . SVCCESSORVM
INCOLVMITATE . ALTERA . PRO . AN1M£ . SViE .
SALVTE . POST . EXCESSVM . E . CORPORE .
EAQ . DONATIO . EXTAT . IN . PVBLICIS . MONVMENTIS .
^ Les funérailles de Madame de Beaumont eussent été moins frau-
SAlNT-LOUIS-DES-FRAiNÇAlS. HW
Ces messes et ces obits sont encore exactement acquittés. La fille des Médicis survécut à trois de ses Gis et vit la couronne prête à échapper aux mains du quatrième. C'est une figure singulière, que celle de cette Florentine à la cour de France ; peut-être n'a-t-elle pas été jugée avec assez d'impartialité '. Rien de plus intéressant que l'histoire des guerres civiles de France, écrite en italien par Davila, filleul de Catherine et témoin contemporain.
Nous aimons Saint-Louis- des -Français comme un coin du sol natal, comme un morceau de la France qui a sa place dans la mosaïque de Rome. Là, nous sommes chez nous ; c'est le centre religieux de l'unité française, le point de ralliement de nos nationaux; nous y allons aux vêpres du dimanche; là, nous sommes tous français, en famille, au milieu de tombes nationales et de souvenirs glorieux, avec nos prêtres qui nous parlent notre langue, et nos soldats qui veillent sur Rome et sur nous, l'arme au bras.
Saint-Louis-des-Français , c'est l'histoire de France à Rome.
Eu y entrant, au-dessus des deux bénitiers en marbre jaune, j'ai lu et copié cette inscription répétée de chaque côté :
çaises à Paris qu'elles ne le furent ù Rome. Cette architecture religieuse qui porte dans ses ornements les armes et les inscriptions de notre ancienne patrie; ces tombeaux nationaux, cette église sous lu protection d'un grand saint, d'un grand roi et d'un grand homme ; tout cela ne consolait pas, mais honorait le malheur. (Mémoires d' Outre-Tombe,)
> Le vieux Régnier de la Planche en parle ainsi : « La roine mère, Ilalicune, Florentine, et de la race de Médicis, et, qui plus est, ayant depuis vingt-deux ans eu tout loisir de cousidcrer les humeurs et fa- (.oiis de toutes ces gens, regardoit ce jeu, ot sceut si bien empoigner l'occa:^iou, qu'elle gaigna finalement la partie, parles moyens que je diray. »
QVIOVMQVE ORAT PRO REGE FRANCIJÎ UABET DECEM DIES DE INDVLGENTIA