‹ Rome; lettres d'un pèlerinChapitre 36 sur 82 · QVI NATIONE GALLA GERMAM FRATRES · texte numérisé non relu

QVI NATIONE GALLA GERMAM FRATRES

ADALTI VNA DIE MORTVI ET PARITER TVMVLATI 8VNT.

« Epitaphe de Remus et d'Arcoutia, qui, Gaulois de nation et frères

DIOGÉNE LE FOSSOYEUR. «47

nait dans sa crypte comme son homonyme , le philosophe grec, dans son tonneau. « Retire*toi de mon soleil, » disait le Cynique à Alexandre, a Venez , disait aux martyrs le Diogène chrétien, je vous creuserai une tombe à la sueur de mon front, et je vous ensevelirai à la lueur de la lampe funéraire , qui remplace pour moi le soleil des vivants. » Plus heureux que le Diogène antique, le fossoyeur, avec sa lanterne, a rencontré plus d'un homme, plus d'un héros duquel il pouvait dire comme Shakspeare de César : Twas a man.

Vous vous rappelez les fossoyeurs d^Hamlet et leurs lugubres plaisanteries : « Allons, viens, ma pioche, il n'y a de gentilshommes de vieille race que les jardiniers , les terrassiers et les fossoyeurs; ils continuent la profession d'Adam... Quel est celui qui bâtit plus solidement que le maçon, le charpentier ou le constructeur de navires? C'est le fossoyeur; les maisons qu'il vous fait dureront jusqu'au jour du jugement. » Mais quelle différence entre les grave-makers du poète anglais , qui ne sont que d'ignobles matérialistes , et les sublimes fossores de Rome souterraine, qui travaillaient en vue de la résurrection glorieuse , et s'endormaient dans la paix en attendant l'aube du grand réveil , au fond de ces catacombes, que l'Église appelait des cimetières, c'est-àdire des dortoirs. <c Notre ami Lazare dort, » avait dit le Sauveur. La mort n'est qu'un sommeil. Hamiet luimême, le douteur Hamiet, disait : To die, to sleep.

Dignes successeurs de Tobie et de Joseph d'Arimathie, les fossoyeurs ne refusaient leur pieux travail à

germains adultes, moururent le même jour^ et furent ensevelis dans le même tombeau. »

aucun fidèle. Chez les païens , on jetait les corps dès esclaves et des pauvres dans les puticoli ou pourrissoirs publics; et parmi les riches il y avait séparation, isolement aristocratique. Chez les chrétiens, les cimetières étaient communs^ avec des places séparées pour chacun, pauvre ou riche. Le martyre était la seule distinction, simplement exprimée par un mot, une fiole de sang, ou une palme gravée sur la chaux fraîche. Là éclatait, jusque dans la mort , le sentiment nouveau de la fraternité et de l'égalité chrétiennes. Auprès d'un sénateur comme Punicus Pudens , d'un chrétien riche et noble comme Thrason , on trouve le tombeau d'un pauvre teinturier et de sa femme, Sebervs tinctor cvm Gdte; sva ou bien celui de Donatus, qui tissait le chanvre et le lin, et habitait le quartier de la Suburra, in Sebvra lintearivs. Le Père Marchi a publié l'épitaphe inédite de deux pauvres époux , Cucumion et Victoire , qui , de leur vivant , se préparèrent un tombeau dans les catacombes; Cucumion avait pour métier de garder les vêtements des nobles baigneurs qui entraient aux thermes d'Antonin :

OVCyMIO ET VICTORIA

SE vives FECERVNT

CAPSARARIVS DE ANTONUNAS.

Les maîtres de Fortunion donnent une tombe près de la leur à ce jeune serviteur, bien méritant, mort à seize ans.

XP. FORTVNIONI BENE MERENTI

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