‹ Rome; lettres d'un pèlerinChapitre 60 sur 82 · TITUS, BALBINE ET CAHAGALLA · texte numérisé non relu

TITUS, BALBINE ET CAHAGALLA

ensemble t pour nous faire examiner ces gracieuses peintures dont Raphaël , dit-on , s'est inspiré dans les arabesques des loges du Vatican. Le custode nous montre la niche où était le Laocoon, et nous fait remarquer que, dans ces salles , les fenêtres sont très-hautes et au* dessus des portes ; les anciens ne tenaient nullement à regarder par la fenêtre , et aimaient à murer leur vie intérieure. On retrouve ici des bassins et des jets d'eau, et tout autour des caisses en pierre pour mettre des fleurs y comme dans nos jardinières modernes.

Nous nous rappelons que c'est aujourd'hui la station à Saînte-Balbîne, et nous nous y rendons par le Colysée et la Via Gregoriana. Cette église est bâtie au-dessus des thermes de Caracalla , sur une colline séparée de l'A» ventin par une petite vallée solitaire , un vrai coupegorge, où les Romains, qui avaient forgé des dieux pour tous les métiers , avaient élevé le temple de Laverna , déesse des voleurs , qui avaient pris de leur patronne le nom de Lavemiones :

Pulchra Layerna, Da mîhi fallere, da justo sanctoque yideri, Noctem peccatis, et fraudibus objice nubeiu.

(Horace, Epist. i, t6.)

Je trouve une foule de pèlerins qui prenaient comme moi le chemin escarpé et encaissé de haies qui mène au mont de Sainte-Balbine; c'était aussi le rendez- vous de mendiants de tout âge et de tout sexe, aveugles agitant leurs sébiles de bois , épileptiques et paralytiques couchés sur leurs lits comme dans la scène de l'Évangile. Ces mendiants de Rome ont des façons de Bélisàire II 29

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