‹ Rome, notes d'histoire et d'artChapitre 31 sur 38 · LA CAMPAGNE ROMAINE · texte numérisé non relu

LA CAMPAGNE ROMAINE

ronces. Le dallage du chemin est encore tel qu'au temps où il résonnait sous le pas rythmé des légions en marche. Au loin, dans la plaine, les aqueducs rompus s'allongent lugubrement vers la Sabine, pareils à des Titans blessés qui feraient effort pour regagner leur montagne. De toute part, c'est le silence, la solitude et la ruine. Même dans l'éclat du jour, le paysage est morne. Il devient tragique aux approches du soir. L'incandescence des soleils couchants jette sur lui comme un linceul de pourpre : on croit assister à un désastre immense, à l'agonie d'un empire, à l'hécatombe d'un peuple. L'évanouissement de la lumière est d'une mélancolie désespérée qui touche au sublime. On ne s'attarde pas impunément à un tel spectacle. Un froid subtil vous pénètre le cœur; une tristesse infinie vous accable. Il semble que tout ce qu'on aime va mourir.

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