VT PKHMEARKNT IN VIA
Si:CVRI AI) ARCES
nA:n reclvsit ignkas
monstrantic au alta sedk
<;.\i.i.i:m viucine
La coloiiiio de feu fil briller sa lumière devant les pas des hommes pieux dans la nuit, à travers un désert dangereux, pour qu'ils le traversassent en sûreté. Celle-ci les conduit au palais de feu, la Vierge leur montrant la route du haut de son siège sublime.
La façade de Sainte- Marie- Majeure se compose de deux porlitpies d'ordre ionique et d'ordre corinthien, placés l'un sur l'autre. Une belle mosaïque, représentant lo miracle des neiges, orne le fond du portique supérieur. Le jour de l'Assomption, le souverain pontife doime la bénédiction iirbi et orbi du balcon placé au milieu.
Je ne saurais vous dépeindre mon impression en pénétrant dans la basilique. Ces trente-six colonnes de marbre blanc, cette mosaïque de (leurs qui court sur toute la frise, ce plafond ruisselant d'or' et de peintures, ce pavé de marbre, tout cela compose un ensemble des plus riches, des plus élégants et des plus gracieux. Sainte-Marie-Majeure ne ressemble à aucune des églises de Rome. C'est l'architecture et la forme des anciennes basiliques de Rome païenne. Je l'ai visitée plusieurs fois, et toujours elle a produit sur moi le même sentiment d'admiration. Tout ici est pur, noble et gracieux comme la Vierge ({u'oii y vénère.
Pie IX vient encore d'enrichir cette basilique. Dt'jà elle possédait un trésor inappréciable, la crèche où le Fils de Dieu et de Marie a voulu reposer en venant au monde dans l'étable de Bethléhem. Précieuse relique apportée à Rome en G'i2, sous le pontificat de Théodore, au moment où le mahométisme allait «mivahir l'Orient, elle fut déposée dans l'église Sainle-Marie-Majeure, qu'on appela alors Sancla Maria ad prwcepe.
Le corps de saint Jérôme fut apporté avec elle, et il repose dans la même chapelle : l'Église ne voulut point séparer de la crèche celui qui pendant sa vie en avait été le fidèle gardien.
' Le plafond de Sainte-Marie-Mnjcurc fui Horc 8v<"<: !•' pnMnier or venu dWmtTÎquc et donné par la cour d'Lspagnc.
Pie IX vient de faire construire une confession à Sainte-Marie- Majeure pour recevoir la crèche du Sauveur; elle surpasse en éclat et en richesse la confession de Saint- Pierre. Le pontife a choisi ce lieu pour être celui de sa sépulture. Pie IX aime trop la gloire de Marie pour n'avoir pas songé à lui confier la garde de ses cendres.
Les générations futures trouveront un beau rapprochement dans cette tombe et ce berceau. Ce berceau a rendu Marie digne de Taniour des anges et des hommes; et cette tombe renfermera l'enveloppe mortelle de cette àme forte et virginale qui, au milieu de la tempête, a attaché au front de la Mère de Dieu la plus belle couronne que jamais main humaine lui ait offerte. Mais que Marie protège et laisse longtemps encore à l'amour et aux besoins de ses enfants son auguste serviteur.
Au-dessus de la confession s'élève, sur onze marches, le maître-autel, formé d'une riche table de marbre soutenue par quatre anges de bronze doré. Sous cette table est une belle urne de porphyre. Le baldaquin est porté par quatre colonnes de porphyre entourées de palmes de bronze doré, et surmontées de quatre anges qui soutiennent une couronne triomphale. Une riche mosaïque du xin^ siècle décore la tribune. Le grand arc qui sépare l'abside de la nef est orné d'une mosaïque plus ancienne, exécutée par l'ordre de Sixte III, pour perpétuer le souvenir de la condamnation de Nestorius au concile d'Éphèse.
De chaque côté du grand autel sont deux magnifiques chapelles , dans lesquelles je veux vous mener. A ma droite est celle du Saint- Sacrement, dont les murs et la coupole sont décorés de belles peintures. En face l'un de l'autre sont les tombeaux de deux grands papes, saint Pie V et Sixte V. Le corps de saint Pie V repose dans une urne de vert antique; sa tombe est enrichie de bas-reliefs dans lesquels le souvenir de Lépante n'est point oublié.
Saint Pie V dut à Marie cette victoire, et la catholicité dut à l'activité et au dévouement du pontife d'être délivrée des Turcs. Un jour qu'il s'occupait d'affaires avec ses prélats, il s'interrompt brusquement, ouvre la fenêtre, et demeure longtemps dans une attitude silencieuse et émue. « Ne parlons plus d'affaires, s'écrie-t-il , et rendons grâces à Dieu. » Il tombe agenouillé et baigné de larmes : laivictoire de Lépante venait d'être gagnée. C'était le 7 octobre 1571.
Voici celui de Sixte V, génie inflexible, mais d'une activité qui s'étendait à tout. Il orna et embellit Rome de larges et belles rues : la Longara, la StradaPia, StradaFelice, etc., et fit plusieurs belles fontaines; il administra avec économie les finances, et son énergie réprima un grand nombre d'abus. N'eût-il fait d'ailleurs que relever tous les obélisques qu'il a semés dans Rome pour publier le triomphe de la croix, que cela suffirait pour immortaliser sa mémoire. Sa statue, placée entre quatre colonnes de vert antique, est accompagnée des statues de saint François et de saint Antoine.
Au milieu de la chapelle est l'autel du saint Sacrement, dont le tabernacle, du plus beau marbre, est porté par quatre anges de bronze doré. Une petite chapelle a été construite sous l'autel même du saint Sacrement. Descendez les quelques marches qui vous y conduisent; on y conserve du foin qui fut dans la crèche du Sauveur, et une partie de ses langes.
Une nuit de Noël, saint Gaétan priait ici, et, pendant sa fervente prière, la Vierge Marie déposa dans ses bras son divin enfant. Un riche bas-relief et une magnifique statue du saint, en marbre blanc, rappellent le souvenir de ce miracle.
De la chapelle du Saint-Sacrement rendons-nous dans celle qui est vis-à-vis, et qui appartient à la famille Borghèse. Quatre colonnes de jaspe oriental , des piédestaux de bronze doré , une frise en agate, un magnifique bas-relief représentant le miracle des neiges, des .fresques inimitables du Guide : tels sont les ornements de l'autel et de la chapelle. La madone peinte par saint Luc, placée au-dessus du maître-autel sur un fond de lapislazuli, et soutenue par quatre anges de bronze doré, est son plus riche trésor. Chaque année, le 3 août, jour anniversaire du miracle des neiges, pendant tout le temps de l'office, on jette du sommet de la coupole sur le pavé des pétales de fleurs blanches.
Il faut donc quitter cette belle église Majeure de Marie, ma mère. Bien des fois depuis je m'y suis rendu par la pensée. Saint Charles Borromée, étant archiprêtre de Sainte-Marie -Majeure, l'affectionnait d'une manière toute particulière. Il s'arrachait la nuit aux honneurs et aux richesses de son palais, gravissait l'Esquilin, et venait prier devant cette église. Dans les besoins graves de l'Église et de la chrétienté, Clément VIll quittait dès l'aurore son palais , et il s'avançait pieds nus vers Sainte-Marie-
ROMK to:-.
MajtMiro poiii* y ("t'h'hiTi' la messe. Souvent à eette heure luatiiiale l'église était fermée, et Ton voyait le pieux ponlil'e, aL'Cnouillé sur le seuil de la basilifjue, alleudio j)alierMiMeiil (pie le uionient de l'ouvrir fût arrivé*.
En sortant par la jietile poi-te ouverlt; deirière l'abside, nous avons en face de nous la Ionique rue des Quatre- Fontaines, <pii s'clentl JMS(pi'à l'église de la Tiinilc-des-Monts, et dont les ondulations oIVrent un aspert assez pittoresque.
\n pied de la colline s'élève un gracieux obélisque. Autrefois il appartenait au tond)eau d'Auguste. Sixte V Ta placé ici, et lui a fait redii'e les louanges de la crèche.
Je ne puis résister à la tentation de vous envoyer ces belles inscriptions. Dans aucune ville du monde on ne trouve de plus gracieuses et de plus sublimes inscriptions qu'à Rome. Rome est par excellence la ville des contrastes et des oppositions : à chacpie instant l'on rencontre les débris du monde païen, sur lesquels s'élèvent, glorieux et triomphants, les souvenirs et les monuments du christianisme. C'est une bonne idée, n'est-il pas vrai, de faire proclamer par ces ruines elles-mêmes, encore riches et imposantes, le triomphe de la croix! C'est le vaincu qui chante les louanges du vainqueur; et ici, à Sainte- Marie- Majeure, la pensée est plus louchante qu'ailleurs. Cet obélisque, qui décorait !a tombe du monarque de l'univers entier, sert maintenant d'ornement au berceau du petit enfant qui a terrassé cet empereur et brisé son empire.
cuHisTi ni:i
IN .KTERNVM VIVKNTIS
CVNABVLA
L>ETISSIME COLO
QVI MORTVI
SEPVLCRO AVGVSTI
THISTIS
SERVn:UAM
J'adore avec une grande joi»? le berceau du Christ l)ieu, vivant ttornollt-nient, moi qui servais Irisle au tombeau d'Auguste mort.
« Je vis, dit Daniel, une jK^lite pierre se détacher, et nnder de la montagne; elle frappa le colosse au pied, et il tomba en
ruines. » Prophétie dont nos yeux peuvent à Rome, et presque à chaque pas, vérifier Taccomplissement. Et les papes ont une manière de dire ces choses dans leurs inscriptions, qui est presque aussi sublime que les choses elles-mêmes.
QVEM AVGVSTVS