PONTS DU TIBRE
Huit ponts couvrent aujourd'hui le Tibre :
1. Le PONT Saint-Ange (PanU S, Angelo) qui joint la région del Ponte à celle du Bargo. Il fut bâti primitivement par l'empereur Adrien, ^Uti^ Adriantis, pour donner accès au magnifique mausolée que ce fils adoptif de Trajan s'était fait bfttir de son vivant de l'autre côté du Tibre ; de là le nom de Pons Adriani etjEliani qu'il conserva longtemps. Il était formé alors de cinq arches et avait ses parapets décorés de statues. La sixième arche qu'on y voit aujourd'hui a été ajoutée plus tard; de sorte, qu'à part cette dernière et les ornements que nous signalerons plus bas, nous avons encore devant nous l'œuvre d'Adrien. Au moyen Age on le nomma Pont de Samt-Pierre ^ parce qu'il conduisait à la basilique du prince des Apôtres. Au XV"" siècle, il fut le théâtre d'un bien triste événement. Lors du jubilé de l'année sainte 1450, la foule qui revenait de la basilique où l'on avait exposé le saint Suaire, était si considérable que les parapets se rompirent, et 172 personnes Hirent englouties dans les eaux. Nicolas V fit restaurer le pont, abattre les maisons qui obstruaient le passage et donna ainsi naissance à la place du pont Saint-Ange. En 1530, Clément VIII plaça à l'entrée la statue de saint Pierre par Lorenzetto et celle de saint Paul par Paul Romain. En 1668, Clément IX ordonna au Bernin d'entourer le pont d'une nouvelle balustrade en travertin garnie de grilles en fer, et d'ériger sur les contreforts dix statues en marbre qu'on y voit encore aujourd'hui. Elles représentent des anges qui portent dans leurs mains les emblèmes de la Passion du Sauveur : la colonne, les fouets, le saint suaire, la couronne d'épines , les clous , la tunique et les dés , la croix et le titre de la croix. La dernière statue seule est l'œuvre du Bernin ; les autres sont de ses élèves.
2. Le PoNs Triumphalis dont on aperçoit encore quelques traces à l'angle de la terre ferme qui fait face à l'hôpital du Saint-Esprit. Un peu plus bas est'
a PONTS DU TIBRE.
3. Le PONT SUSPENDU EN FER bâti par Pie IX et qui sert de communication aux habitants du Transtevère et de la Longara; il débouche près de S. Giovanni di Fiorentini et jouit d'un léger droit de péage. Vient ensuite
4. Le Ponte Sisto, anciennement PonsJanieulensis, à quatre arches, qui relie, comme les ponts suivants, la ville à la région transtévérine. Il fut bâti, en 1478, par Sixte IV à Toccasion du jubilé de cette année sainte.
5. Le Ponte de' Quattro Gapi, à trois arches, anciennement Pons FabriciuSy parce qu'il fut bâti par ce curateur des routes, l'an 708 de la fondation de Rome , a reçu son nom moderne de deux statues anciennes nommées Hermœy auxquelles on ne sculptait que la tête et qui servaient de montants aux barrières et aux parapets. .. s- .
6. Le Ponte di S. Bartolomeo à une seule arche, anciennement Pons Cestiusj est de l'autre côté de l'île de ce nom.
7. Le Ponte Rotto, anciennement le Potis jEmilius, d'Emile Lepidus qui le commença ; il s'écroula à différentes reprises à la suite des inondations du Tibre. En 1S98, deux arches furent enlevées, ce qui lui valut le nom de Ponte Rotto, pont rompu. En 1853, on l'a rattaché à la ville au moyen d'un pont suspendu.
8. Le dernier pont est le Pons Sublicius, c'est-à-dire pont de bois bâti sur pilotis. C'est ici, si l'on veut en croire Tite- Live , que se serait dévoué pour la liberté de sa patrie Horatius Coclès, en soutenant seul avec Laertius et Herminius l'attaque de l'armée de Porsenna, jusqu'à ce que les Romains eussent eu le temps de couper entièrement le pont. Quand on le reconstruisit quelque temps après, il fut bâti sans clous ni chevilles, afin qu'il fût aisé de replacer les poutres toutes les fois que les circonstances exigeraient que les communications fussent interrompues ou rétablies. Lorsque les eaux du Tibre sont assez basses, on voit, dit-on, les derniers vestiges du vieux pont Sublicius. Quelques auteurs néanmoins (1), croient que le pont Sublicius, renversé par une
(4) Dezobry, Rome au siècle d'Auguste, t. IV, p. 492,
inondation, fiit reconstruit non plus en bois mais en pierre, par Emile Lepidus, de qui il reçut le nom de Pons ^milius. Ce serait donc au pont Sublicius qu'appartiendrait la dénomination que nous avons attribuée plus haut au Ponte Rotto.