‹ Rome & ses monumentsChapitre 9 sur 384 · LE TIBRE · texte numérisé non relu

LE TIBRE

vement qu'une vaste prairie où l'on élevait des chevaux, et dans laquelle la jeunesse romaine venait s'exercer au maniement des armes et aux rudes travaux de la guerre; c'est de là que lui est venu son nom. Bientôt cette plaine devint un magnifique quartier où Ton ne voyait que des édifices publics et point de maisons de patriciens (1). Plus loin à droite, nous rencontrons le pont Saint-Ange et la forteresse qui porte le même nom ; le nouveau pont suspendu, œuvre de Pie IX, et le Ponte SistOy pour nous arrêter à File de Saint-Barthélemi (Isola di S. Bartolomeo) anciennement Insula Tiberina.

Cette île, disait la vieille tradition de Rome païenne, n'existe que depuis l'expulsion des Rois. Lorsque Tarq\iin fut renversé du trône , le peuple ravagea un champ de blé que le tyran avait aux portes de Rome, et en jeta la moisson dans le Tibre, comme grain impur. Les gerbes s'arrêtèrent non loin de là, au milieu du fleuve, et devinrent le noyau d*atterrissements que le temps rendit assez considérables pour leur donner la consistance d'une fie. Deux siècles plus tard, cette île fut consacrée à Esculape, fils d'Apollon et dieu de la médecine. Esculape amené à Rome sous la forme d'un serpent, pour faire cesser la peste aflfreuse qui sévissait contre les Romains, avait choisi cette île pour son refuge (2); on lui avait bâti un temple sur les fondements duquel s'élevèrent plus tard l'église et le couvent de Saint-Barthélemi-enl'Ile. Aujourd'hui la communauté des Benfratelli, religieux qui se dévouent au soulagement des pauvres et des malades, a pris la place des prêtres d'Esculape. Cette île communique d'un côté avec Rome par le Potite de' Quattro Capi et de l'autre par le Ponte di S. Bartolomeo.

Après avoir passé sous le Ponte Rotto, et laissé à droite l'hospice et la prison de Saint-Michel ainsi que le Porto di Ripa grande, le Tibre continue son cours à quelque distance de la basilique de Saint-Paul-hors-des-murs, arrose encore quelque temps la campagne romaine et va se jeter dans la mer de Toscane, sous Ostie.

(4) bdzobry, honU du siècle d'Àugusté, 1. 1, p. îkl. {%) Dezobry, Rome au siècle d'Auguste, t. I, p. 33S.

PONTS DU TIBRE. ii

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