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SAINT-CLAUDE DES BOURGUIGNONS

(S. Claudio de' Borgognoni), dans la Via diS. Claudio

aboutissante au Corso.

Les Bourguignons rebâtirent, en 1662, cette église avec l'hospice qui y est joint, et la dédièrent à saint André, apôtre, et à saint Claude, évéque, dont on voit les statues à la façade. Le tableau du maître-autel est de Barberi ; ceux qui décorent les autels latéraux, représentent l'un, saint Charles par Costanzi, et l'autre, la Résurrection de Notre-Seigneur par Troy, ancien directeur de l'Académie de France à Rome.

SAINT-CLÉMENT (San Clémente), dans la rue de ce nom qui va du Colisée à la basilique de Latran.

Saint Clément, le collaborateur de saint Paul, et le quatrième pape, érigea un oratoire dans la maison de son père sur le mont Esquilin. Quand là paix eut été rendue à l'Église, cet oratoire prit probablement de plus larges proportions et fut transformé en une grande basilique. C'est de cette basilique que parle saint Jérôme quand il dit : « Que l'église construite à Rome conserve jusqu'aujourd'hui encore (392) la mémoire de saint Clément. » Hâtons-nous néanmoins de dire, que la basilique première n'a été découverte qu'en 1887, grâce au zèle aussi actif qu'intelligent du R. P. Mullooly, prieur des Dominicains irlandais desservant cette église. On avait toujours cru que l'édifice supérieur était la véritable basilique constantinienne, et Dieu sait combien de fois des

(4) Dom GttéraDger, Histoire de sainte Cécile»

archéologues consciencieux, Nibby par exemple, ont répété que Saint-Clément était la plus ancienne église de Rome. Aujourd'hui le doute n'est plus possible à cet égard, et Ton ne comprend point comment l'on ait pu si longtemps accepter et défendre une pareille assertion*. Comme si le mystère devait planer éternellement sur ce vieux monument chrétien, on ne sait pas même à quelle époque précise remontent les deux basiliques superposées. Tout ce que l'on sait, c'est que la basilique inférieure menaçait ruine au VIII* siècle, et fut restaurée par Adrien I (772). On suppose que, vers 880, Jean VIII ou Nicolas I y construisit le chœur en marbre, transféré plus tard dans l'église supérieure. L'église du VIII* siècle a probablement été détruite, lorsque, en 1084, Robert Guiscard livra aux flammes tous les édifices qu'il rencontra entre le palais de Latran et le Capitole. Quant à la basilique supérieure, elle ne date probablement que du XIP siècle, époque à laquelle on la trouve mentionnée comme ayant été rebâtie par Pascal II (1099-1118). Les plus anciens monuments qu'on y rencontre sont les mosaïques de l'abside. Elles appartiennent à la fin du XIII* siècle. ^ Description de la basilique supérieure (1). Cette église est précédée d'une cour carrée (atrium) entourée de portiques que soutiennent des colonnes de granit d'ordre ionique. On arrive à cet atrium dans la Via di S. Clémente par un petit porche à colonnes ioniques et corinthiennes. La porte et les jambages sont de style roman. Cette cour était réservée aux pénitents publics qui ne pouvaient assister à toutes les parties de l'office divin, et qui, obligés de rester en plein air, s'appelaient pour cette raison hiemantes. Le cantharns qui la décorait anciennement a disparu. L'intérieur est à trois nefs formées par 16 colonnes antiques, d'ordres et de marbres différents. Les deux nefs latérales sont d'inégale largeur, parcs que celle de droite n'a pas été élevée directement audessus'de la nef de Tégllse souterraine. Nef latérale droite : (2) Chapelle- dédiée à saint Do-

(4) Voir le plan ci-joint.

minlque, tabl. par Pomarancio. Â côté est la sacristie, où Ton doit s'adresser pour pouvoir visiter la basilique inférieure ; on y montre les copies des fresques découvertes dans ces dernières années. On peut, du reste, s'en procurer là d'excellentes photographies. (3) Crucifix, objet d'une grande vénération; un peu plus haut est le tombeau du cardinal Roverella. (4) Chapelle du Saint-Sacrement. On y remarque , à l'autel , l'image de saint Jean Baptiste , par Simone, frère du Donatello.

Nef latérale droite. (5) Chapelle dédiée à Notre- Dame du Rosaire; tabl. par Conca. A côté, on remarque le tombeau du cardinal Venere, mort en 1479. (6) Chapelle de Sainte-Catherine ou de la Passion, ornée de magnifiques fresques dues au pinceau de Masaccio. Voici les principaux* sujets que cet artiste y a représentés. A l'extérieur, au-dessus de l'ogive, l'Annonciation, et dans l'arc même, les douze apôtres. Dans la voûte de la chapelle, on voit les quatre éY^ngélistes, ayant à leur côté un docteur de l'Église. Le mur du fond représente le Crucifiement. Le côté droit est enrichi de quatre sujets : Saint Clément au berceau ; — à côté, sujet incertain; — inondation de la ville d'Alexandrie pendant que la sainte est en prière ; — mort d'un saint. Le côté gauche renferme cinq sujets : Sainte Catherine préchant dans un temple païen; — instruisant l'impératrice dans sa prison; — défendant la foi de Jésus-Christ devant l'empereur contre les docteurs de l'École d'Atexandrie ; — sauvée miraculeusement ; — et enfin subissant le martyre.

Nef du milieu. Les peintures de la voûte sont de Chiari, et un don du pape Clément XL Au milieu de la nef est le chœur (7) qui provient, comme nous l'avons déjà dit, de la basilique inférieure. Il est entouré de balustrades en marbre; on y voit difflérents emblèmes et le monogramme du pape Jean VIII (872-882). A droite et à gauche sont les ambons de marbre; à côté de celui de gauche, destiné à la lecture de l*Évangile, est une colonne en spirale qui sert de candélabre pour le cierge pascal. Le presbyterium ou sanctuaire est se-' paré du chœur *par des macches et une clôture ajourée

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ââ4 MOSAÏQUES DE SAINT-GLÉMBNT.

{cancelli). Au milieu est l'autel (8) surmonté d*un cibarium; sous l'autel, on conserve les reliques de saint Clément et de saint Ignace, évéque d'Antioche. Au fond de Thémicyle, s'élève sur trois degrés le siège épiscopal (cathedra), où on lit le nom d'Anastase, titulaire de cette église en 1108.

Mosaïque de l'abside, de la fin du XIP siècle. Au sommet on voit d'abord la main divine. Au milieu, domine la croix à laquelle est attaché le divin Sauveur ; à ses côtés et debout, on aperçoit la Mère de Dieu et l'apôtre saint Jean. La croix est ornée de douze colombes blanches, symboles des douze apôtres ; elle semble sortir d'un buisson de feuillages, placé au sommet d'un monticule, d'où découlent les quatre fleuves du Paradis ; deux cerfs s'y désaltèrent. C'est une des belles mosaïques de Rome. Dans les magnifiques rinceaux qui se déroulent gracieusement aux deux côtés de la croix, on voit une foule de figures allégoriques, se rapportant, pour la plupart, à l'histoire de saint Clément. On y trouve aussi le miracle de Sisinius. Au-dessous sont les quatre docteurs de l'Église d'Occident, saint Augustin, saint Jérôme, saint Grégoire et saint Ambroise. Ils sont séparés par des groupes qui semblent ou les écouter ou se diriger vers eux. De chaque côté du tertre d'où s'échappent les fleuves du paradis, on voit des scènes de la vie champêtre dans lesquelles l'artiste semble s'être inspiré des peintures des catacombes ;• puis des paons et des oiseaux aquatiques. Dans la bande qui forme le sou-bassement de la voûte, sont figurés Jésus-Christ, sous la forme d'art agneau à nimbe crucifère, et douze apôtres représentés par deux groupes de six brebis^ sortant de Bethléem et de Hiervsalem. La bordure est composée de fleurs et de fruits et a pour clef le monogramme du Christ accompagné

des lettres A et û.

Mosaïque de l'arc triomphal. Dans la zone supérieure apparaît Jésus-Christ à nimbe crucifère en buste, bénissant et tenant un livre de la main gauche. Sur la même ligne, on voit les symboles des évangélistes, le lion avec un livre, Yange et Y aigle avec une couronne et le bosufaxec un livre. Plus bas on aperçoit, d'un côté de l'arc, saint Laurent, le pied appuyé

BASIUQI'E INFÉRIEURE DE SAINT - CLÉMENT, 'fîç.

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