ORATOIRE PRIMITIF
basilique s< (ilètement déblayée.
Clément, trouve dans
on vaste édifice terminé sur deul cAt^ par denx mars en grosses oiastei de tnf et qui remontent i l'époque républicaine, peut-Stre à celle des rois. Fautil voir W d'aucnna le disent, eamme l'hâtel des monnaies on le palais de Tarquin le Superbe*? Cette conjecture n'a pas grand fondement. Derrière ce mur massif, et exactement sous l'abside de la vieille basilique, on voit deux cbambrcs en brique mesurant eu tout 3 maires sur G et qui appartiennent à l'époque impériale. La première avail la voûte en stuc blanc avec des caissons
sur le gril , et saint Paul avec un livre ; de l'autre côté, saint PUrre et saint Clément; ce dernier armé d'une ancre, rappelant son martyre, a les pieds posés sur une barque. Un peu plus bas encore on voit d'un côté le prophète Isàie debout, et de l'autre, le prophète Jérémie, On remarquera encore les inscriptions : gloru in exgelsis deo sedenti syp thronvm et in
TERRA PAX HOMINIBVS BONE VOLVNTATIS. — VIDI DOMINUM SEDENTEM SUPER SOLIUM. — HIC EST DOMINUS NOSTER ET NON AESTIMABITUR ALIUS A6SQUE ILLO.
Description de la basilique inférieure (1). Un escalier large et facile, de construction récente, conduit de la sacristie à la basilique souterraine. Cette église offre le plan des anciennes basiliques; les trois nefs ont été bâties sur d'anciennes substructions, formées de grands blocs de tuf volcanique, et surmontées d'une énorme corniche en travertin sans sculpture ni ornement quelconque ; on en voit maintenant deux côtés formant un angle droit. Suivant M. de Rossi, ces énormes blocs de travertin remontent aux temps des rois de Rome et pourraient bien avoir été la maison de Tarquin-le-Superbe. D'autres ont voulu y voir des restes de la maison de Mécène ou de l'édifice de la Monnaie. Nous parcourrons successivement les deux nefs latérales , le narthex , la grande nef et l'abside.
Nef latérale droite. Près de l'entrée, on a trouvé, à droite et à gauche (2) Deux sarcophages anciens. Huit colonnes de marbres divers, dont une de vert antique et l'autre de breccia corallina, séparent cette nef du vaisseau principal. Ces colonnes ont servi de fondement au mur extérieur de la basilique supérieure. La paroi de la muraille offre plusieurs traces de peintures anciennes. La première peinture (3) représente toute l'histoire de sainte Catherine; celles qui suivent immédiatement sont trop détériorées pour qu'on puisse en déterminer le sujet d'une manière certaine. Vers l'extrémité de cette nef (4), il y a une grande image de Noire-Seigneur bénissant ; la tète en a été malheureusement
(4) Voir le plan cUjoiot.
détruite. Tout ce côté de l'aile paraît avoir été couvert de peintures, dont il est difficile de fixer l'époque avec quelque certitude. Quelques antiquaires les ont rapportés;: au VII« ou au VIII« siècle, date de la restauration de l'église pai^ Adrien I, d'autres au contraire, se fondant sur l'absence des nicibes, croient qu'elles appartiennent à une époque beaucoup plus reculée.
Nef latérale gauche. Le premier fragment de peintures que l'on rencontre (5) faisait sans- aucun doute partie du crucifiement de saint Pierre. Dans le fragment Voisin (6), on voit un prince, la main droite étendue, paraissant commander à deux personnages qui sont debout devant lui. A ses pieds est agenouillé un ecclésiastique en costume oriental, et ayant le nom de ciril écrit derrière le dos. Quoique les figures soient presque entièrement effacées, on reconnaît facilement que cette fresque représente saint Cyrille agenouillé devant l'empereur Michel. La peinture suivante (7) nous montre un évèque occupé à baptiser un jeune homme plongé dans l'eau ; il lui impose la main droite sur la tête; c'est probablement saint Cyrille conférant le baptême à un Slave. Près de là (8), est une autre fresque qui représente un pape, Léon IV, la tête ceinte d'un nimbe carré, tenant en main le livre des évangiles. Ces dernières peintures sont donc du IX"" siècle. Deux pas plus loin (9) est une tombe vide, en briques, que l'on croit avoir renfermé primitivement le corps de saint Cyrille.
Narthex. Cette partie de la basilique Clémentine renferme plusieurs peintures du plus grand intérêt. La première (10) représente Notre Seigneur tenant deMa main gauche un livre, et bénissant de la main droite, à la manière grecque. De l'un et de l'autre côté, sont les archanges saint Michel, à gauche, et saint Gabriel , à droite ; ils présentent deux prêtres que l'on suppose être saint Cyrille et saint Méthodius. A côté de ces prêtres, on remarque saint Clément et saint André. L'inscription est entièrement détériorée. Cette fresque a été découverte en 1864. On y voit une foule de noms inscrits par les nombreux visiteurs des siècles précédents. La fresque
que Ton aperçoit un peu plus loin (11) n'offre plus que la tête d'un personnage.
Il en est de même de celle (12) qui se trouve presque visà-vis, à l'extérieur de la grande nef. Le voyageur doit remarquer (13) la fresque qui occupe le milieu du narthex. Elle représente le prodige qui, d'après la légende, accompagna le martyre de saint Clément. Ce saint, après avoir été précipité dans la mer, y fut enseveli dans un tombeau de marbre construit par les anges. Le compartiment supérieur du tableau est presque entièrement effacé. Celui du milieu nous montre d'abord la ville de Cherson, ensuite la mer au fond de laquelle se jouent des poissons de différentes espèces et enfin le temple bâti-par les esprits célestes. Le clergé et le peuple, précédés de leur évêque sortent de la ville pour aller vénérer les saintes reliques. La personne qui, la première a pénétré dans le sanctuaire est une pauvre veuve, dont le fils avait été englouti dans les flots douze mois auparavant. Elle le retrouve vivant; à demi agenouillée devant l'autel, elle approche de son sein l'enfant qui lui sourit, en lui tendant les bras. Sur la tête de la femme on lit mulier vidua (la femme veuve) et pver, sous le pied de l'enfant. L'épigraphe explique le fait : integer ecce jacet repetit qvem previa mater. « Voici qu'il est gisant sain et sauf; la mère le reçoit dans ses bras. » Le compartiment inférieur est séparé du précédent par une magnifique bande formée de feuilles, de fleurs, etc^ Du milieu de cette bande se détache un médaillon circulaire. Il représente la vénérable figure de saint Clément qui bénit de la main droite, et porte dans la gauche un livre fermé. A droite du médaillon, on voit Benon de Rapiza debout, un cierge à la main. A gauche est son épouse. Maria, et devant celle-ci, son petit enfant, nommé Clément, comme le porte la légende. Deux femmes apparaissent debout derrière Benon , probablement la fille de Benon, Altilia, et la gouvernante de celle-ci. Enfin la dernière fresque du narthex (14) représente la translation des reliques de saint Cyrille. On y aperçoit le convoi funèbre. Le saint revêtu de ses habits pontificaux est porté sur un brancard; le pape
saint Nicolas I suit le cortège ; derrière s'avance ixtie foule nombreuse composée de clergé et de peuple. Le convoi se dirige vers une petite chapelle où brûlent ça et là quelques lampes, et où Ton aperçoit le pontife à Tautel étendant les bras vers le peuple.
Grande nef. La première fresque à gauche (15) nous montre Notre-Seigneur assis sur un trône que quatre anges soutiennent dans les airs. Sa main droite est étendue, et sa main gauche porte un livre ouvert. Cette peinture est d'une exécution très-remarquable. Au-dessous, on voit la sainte Vierge qui s'élève vers le ciel. Enfin, tout en bas, les apôtres assistent à l'Assomption de Marie dont ils entourent le tombeau. Aux extrémités, on remarque saint Vitus et un pape, du nom de Léon, avec le nimbe carré autour de la tète, probablement Léon IV; cette fresque remonterait donc au IX"" siècle. A côté (16) se voit le crucifiement de Notre Seigneur avec la sainte Vierge et saint Jean l'Évangéliste ; cette fresque a été mise au jour en 1863. La première peinture que nous rencontrons ensuite, en montant vers l'abside (17), nous offre les deux Marie au tombeau du Sauveur, portant chacune un vase d'aromates ; une lampe est suspendue devant le tombeau et un ange montrant le sépulcre semble dire : « Il est ressuscité, il n'est plus ici, » Plus bas, Jésus- Christ descend dans les limbes pour en délivrer deux personnes, un homme et une femme, probablement Adam et Eve. Plus bas encore , un autre compartiment représente les noces de Gana. L'avant-dernière fresque de la grande nef (18) est répartie en trois tableaux. Le plus élevé renferme cinq grandes figures : Notre-Seigneur , les archanges Michel et Gabriel , saint Clément et saint Nicolas , pape. Au-dessous , apparaît l'histoire de saint Alexis divisée en trois scènes : dans la première , Euphémien à cheval accueille un pèlerin , et, lui montrant son palais , semble dire que là on lui accordera l'hospitalité; dans la seconde, Alexis, étendu sur un misérable grabat et entouré du pape et du clergé de Rome , rend le dernier soupir. Enfin, dans le dernier compartiment, Euphémien et son épouse reconnaissent leur fils. Ce môme
pilastre est encore couvert d'une autre fresque. Le haut représente saint Gilles, abbé; dans le carré du milieu saint Biaise guérit un enfant auquel il retire de la bouche une épine ensanglantée lui traversant la gorge et le suffoquant. Le dernier tableau figure un loup qui rejette la tête en arrière, tient fièrement sur son dos et entre ses dents un petit porc , et s'enfuit en l'emportant. Le fait de la légendel auquel cette fresque fait allusion est le suivant : Une femme n'avait qu'un seul petit porc qui lui fut enlevé par un loup. Elle pria saint Biaise de lui restituer son porc : et le saint lui répondit en souriant :« Femme, ne vous mettez point en peine, votre porc vous sera rendu. »En effet, peu de temps après, le loup-voleur vint en personne et déposa sa proie aux pieds de la femme. Le dernier pilastre (19) est orné dans sa partie supérieure des figures des quatre premiers pontifes : Lin, saint Pierre, saint Clément et Clet. Le carré du milieu représente saint Clément célébrant le saint sacrifice. Il est revêtu d'habits pontificaux, selon la forme du XI* siècle. Auprès de lui, est la table de l'autel, couverte d'une nappe, avec le calice et la patène d'or et un livre ouvert. Deux évoques, que l'on distingue à leur bâton pastoral, se trouvent derrière lui, un peu sur le côté. On y remarque encore deux fidèles, un homme tenant d'une main un cierge allumé, et présentant de l'autre des offrandes au pontife ; ce sont Benon de Rapiza et son épouse Marie, donateurs de la fresque. La scène représentée par cette fresque est celle où le païen Sisinius, s'étant furtivement introduit dans le lieu de réunion des chrétiens pour épier sa femme nouvellement convertie, est subitement frappé de cécité. Dans le carré inférieur, on voit trois personnages occupés à soulever de terre une colonne, tandis que le quatrième, Sisinius, préside à leur ouvrage. Une seconde fresque a été découverte sur le même pilastre, en 1859. Elle se divise en trois compartiments : celui du haut représente saint Antonin en habits pontificaux; celui du milieu nous offre le prophète Daniel; et enfin dans le troisième on voit un groupe de cinq lions, dont quatre se lèvent sur leurs griffes et ouvrent leur gueule, s'élançant pour dévorer le saint.
En ce moment toute Téglise inférieure est déblayée. De Tabside on pénètre dans deux chambres de grandeur moyenne- La première a une voûte tout entière en stuc blanc avec des caissons ornés de rosaces et de tableaux représentant des sujets païens. Le style accuse le second siècle de notre ère ou la fin du premier. Ces chambres sont probablement un reste de la maison habitée par saint Clément, et c'est là que, selon toute apparence, il réunissait les premiers fidèles. Nous aurions donc ici le plus ancien dominkum de Rome chrétienne.
Nous terminons cette course à travers la double basilique de Saint-Clément. Il est évident qu'il y eut ici primitivement une église bâtie sur d'anciennes constructions païennes remontant probablement à l'époque des Rois. Un jour cette église aura été détruite, et alors on aura remblayé au moyen de décombres la nef, le harthex et l'abside ; sur ces fondements d'un nouveau genre, on a élevé l'église moderne, probablement sous Pascal II (1099-1H8) qui, avant son élévation au suprême pontificat, était cardinal titulaire de Saint- Clément. La basilique supérieure ressemble pour la forme à l'église inférieure , quoiqu'elle ait des dimensions moindres , surtout la largeur. Il est probable que, lors de la reconstruction au XII* siècle, on aura reculé devant la difficulté de bâtir une voûte assez large pour couvrir un vaisseau aussi spacieux, et qu'ainsi on se sera décidé à élever le mur d'enceinte de droite sur les colonnes de l'édifice construit sous l'Empire. C'est là ce qui explique comment la nef latérale droite est moins large que la nef latérale gauche. C'est probablement à cette même époque, qu'on aura replacé dans la nouvelle église le chœur en marbre de Jean VIII et de Nicolas I.
Les excavations de Saint-Clément ont commencé en 18S9. Après avoir été interrompues quelque temps , elles ont été reprises avec une nouvelle ardeur par le R. P. Mullooly, dont l'obligeance est connue de tous les visiteurs. Au mois de septembre 1865, on avait déjà dépensé 40,000 francs. Aujourd'hui le déblayement est terminé. Le P. Mullooly a dé-
couvert sous le maître-autel Fume qui contient les reliques de saint Flavius Clemens , oncle de sainte Domitille. Cette urne est de plomb ; elle a 45 centimètres de long, 30 de large et 38 de haut. Elle porte Finscription suivante : flavii clemen-
nS M. EX-CONSVLIS.
Sa Sainteté Pie IX a déjà daigné visiter quatre fois ces fouilles si intéressantes ; le prince de Galles est descendu le même nombre' de fois dans la basilique inférieure, et la princesse de Prusse trois fois.
SAINTE-CONSTANCE (S. Costanza)
près de la basilique de Sainte-Agnès-hors-des-inurs, hors de la porte Pie, sur la voie Nomentane.
On a longtemps cru que cette église avait été primitivement un temple de Bacchus. C'est là une erreur dont M. Vitet a fait pleinement justice. Le monument que nous décrivons en ce moment, a été élevé par Constantin pour y baptiser les deux Constance, sa sœur et sa fille. Il est de forme circulaire ; 12 colonnes de granit, géminées, à chapiteaux en marbre, supportent la coupole. Les douze travées, correspondant aux douze colonnes, coupent la voûte circulaire à intervalles égaux. Elles sont ornées de mosaïques ; ici des scènes de vendange ; là de simples méandres, des ornements purement géométriques; plus loin des figures d*hommes ou d*animaux, encadrées une à une dans des séries d'enroulements; puis les vendanges reparaissent, puis les méandres et ainsi de suite. Ces peintures se détachent sur fond blanc, à l'exception d'une seule- travée revêtue d'ornements à fond d'or. Cette travée est la partie de l'édifice où fut trouvé le tombeau de Constance, grand sarcophage en porphyre rouge que l'on voit maintenant au Vatican, vis-à-vis du tombeau de l'impératrice Hélène. Les sculptures en relief qui décorent ce sarcophage ont le même caractère que les mosaïques des voûtes : ce sont aussi des pampres et des raisins, de jeunes garçons, des génies cueillant le fruit de la
S4t ÉGLISES DE SAINTE-CONSTANCE ET DE SAINT-COSMB.
vigne. Il serait peu exact de voir dans ces scènes des fétes consacrées à Bacchus ; car d*abord, la vigne et la vendange sont un symbole que les chrétiens adoptèrent dès les premiers siècles, comme on peut le voir dans une foule de fresques des catacombes. Ensuite il règne dans les mosaïques de Sainte- Constance une douceur, une placidité, un calme que Ton ne rencontre jamais dans les Bacchanales. Ce travail, suivant M. Vitet, date du IV® siècle. Deux autres compositions décorent la partie supérieure des niches cintrées qui sont pratiquées dans le mur d'enceinte. Dans l'une, Jésus-Christ tient un volume dans la main gauche et présente une clef à saint Pierre. Dans l'autre, Notre-Seigneur bénit de la main droite les apôtres Thomas et Philippe qui recueillent la parole du maître. Ces mosaïques appartiennent au VIII* siècle. En 1256, Alexandre IV convertit cet édifice en une église dédiée à sainte Constance, date à laquelle il retira les restes de cette sainte de l'urne de porphyre qui les renfermait, pour les placer sous le mattre-autel.
SAINT-COSME (San Cosimato)
nommé encore SS. Cosmo e Damiano in Trastevere, petite église située près de S. Calixte au Transtevère.
Elle a été construite par Sixte V en 1475. Le maltre-autel est surmonté d'une image miraculeuse de la sainte Vierge qui provient de l'antique basilique vaticane ; à gauche du maître-autel, on remarque des fresques attribuées au Pinturicchio et représentant la Mère de Dieu, ayant à ses côtés saint François et sainte Claire. Dans une chapelle à gauche, on trouve d'excellents bas-reliefs qui ont appartenu à la chapelle Cibo de Sainte-Marie-du-Peuple.