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ROME ANCIENNE

Les monuments de Rome ancienne se partagent en trois classes : l"" les monuments bâtis sous les Rois ; 3^ ceux qui furent construits sous la République et enfin S"" ceux qui furent élevés sous les Empereurs,

CHAP. 1. MONUMENTS DE ROME BATIS SOUS LES ROIS. (753 — 640 AVANT iisi's- christ).

1. La Prison Mamertine, au bas duGapitole, se compose de deux parties bien distinctes : la partie haute et la partie basse. La première est une grande chambre quadrangulaire, toute en grosses pierres de taille grises, qui sont jointes sans ciment. Autrefois elle ne recevait de jour que par un grillage qui se trouvait au-dessus de la porte. Aujourd'hui elle est éclairée par un soupirail ouvert dans l'église de S. Pietro in carcere bâtie au-dessus. Les murs latéraux s'inclinent l'un vers l'autre , se courbent en segment de cercle allongé , se joignent par leur fatte et forment en l'air une paroi continue si forte, si solide , que même l'idée de la percer ne saurait être conçue. Cette prison doit son origine, d'après Tite-Live; au quatrième roi de Rome, Ancus Martius, qui la construisit

. (4 ) Nous divisons notre travail en deux grandes sections. La première comprendra la description de Rome ancienne, que nous ferons suivre d*un aperçu rapide sur les monuments du moyen âge qui ont été épargnés pa' la Rooaissance. La seconde section aura pour objet Rome chrétienne.

LA PRISON HAMBRTI.NB. 19

l'an 640 avant Jésus-Christ (1). La partie basse s'appelle Tûl- Uanum. Cette prison emprunte son nom au roi Servius Tullius qui, si Ton veut en croire Varron, l'aurait creusée vers Tan 578. Mais, comme le fait fort bien remarquer M. Ampère (2), on ne comprend pas comment on aurait construit cet étage après celui qui est au-dessus. Quoiqu'il en soit , le TuUianum , qu'on appelait aussi Robur^ est un souterrain de forme elliptique et plus petit que la prison Mamertine ; il est long de 8"*80 sur 2"90 de large , et haut de 2». Des murs en pierres de taille le munissent de toutes parts. Ils s'inclinent un peu vers le haut, pour supporter une voûte à peine cintrée qui le recouvre en plafond. Rien de plus horrible et de plus affreux que ce cachot souterrain qui n'a ni porte, ni fenêtre, ni jour quelconque. Anciennement on n'y pénétrait que par un trou circulaire percé au centre de la voûte et si étroit qu'il n'y a guère que le passage suffisant pour le corps d'un homme. De nos jours Mgr de Forbin-Janson, ancien évéque de Nancy, y a fait pratiquer à ses frais un escalier commode. Cest dans le Tullianum qu'on exécutait, à la lueur des torches , les criminels de lèse-majesté ; après , on les précipitait dans le Tibre.

Sous les Rois, la République et l'Empire, ce lieu désolé, ténébreux, infect et terrible, comme l'appelle Salluste, a reçu une foule de victimes : Jugurtha, roi de Numidie , y mourut de faim; Cicéron y fit étrangler les complices de Catilina : Lentulus, Céthegus, Statilius et Gabinius ; Aristobule II, roi de Judée, et Tigrane, roi d'Arménie, y furent tués après avoir servi au triomphe de Pompée ; César y fit mettre à mort son héroïque adversaire, le gaulois Vercingétorix; Tibère y fit subir le même sort à son ancien favori Séjan , ainsi qu'à une foule d'autres sénateurs et de matrones romaines. Ce qui rend incalculable le nombre des victimes égorgées dans cet affreux cachot, c'était l'usage reçu d'y tuer les prisonniers de marque, ou du moins les chefs étrangers qui avaient orné le

(4) Dezobry, oarrage cilé, t. II, p. 206.

'2] Ampère, VRisioirt romaine à Romt, t. II, 3t.

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